Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les souris utilisées sont immunodéficientes, choisies pour ne pas rejeter les fragments de tumeurs humaines greffés sous leur peau. 1 200 d’entre elles sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue, pour tester des virus oncolytiques sur quinze types de cancers. Chaque animal peut subir une greffe, plusieurs injections de traitement et jusqu’à six prélèvements sanguins. Les souris qui ne développent pas de tumeur malgré la greffe sont elles aussi tuées, le porteur invoquant les nuisances déjà subies.

NTS-FR-809698v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Efficacité antitumorale, PDX, Modèles précliniques, virus oncolytiques, Thérapies ciblées innovantes
Souris : 1200

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le but de ce projet est de tester l’efficacité antitumorale de nouvelles thérapies ciblées, tels que des virus oncolytiques sur des modèles de tumeurs humaines implantées chez la souris. Les virus oncolytiques de seconde génération sont des virus modifiés qui ciblent spécifiquement les cellules cancéreuses pour y exprimer des gènes qui tuent les cellules. Ces virus modifiés ne s’attaquent pas aux cellules saines. Les modèles de tumeurs, appelés xénogreffes dérivées de patients (PDX), permettent de reproduire au mieux les caractéristiques des tumeurs humaines, comme leur morphologie, leurs mutations et leur comportement biologique. Grâce à cela, ils offrent un moyen fiable d’évaluer l’action de nouvelles thérapies comme la virothérapie avant qu’ils ne soient testés chez l’Homme. Notre collection de modèles PDX couvre la majorité des cancers solides (par exemple : sein, poumon, côlon, foie, rein, peau, pancréas, ovaire, vessie, cerveau ou prostate) et reflète la diversité des patients. Chaque modèle est soigneusement étudié afin de mieux comprendre ses particularités et de relier ces informations à la réponse observée aux différents traitements anticancéreux. Les 15 études prévues dans ce projet sont réalisées à un stade avancé du développement des thérapies ciblées, elles permettent d’obtenir des résultats fiables sur les traitements les plus prometteurs pour un type de tumeur ou mutation donnée. Elles peuvent également permettre d’étudier les mécanismes d’action des médicaments dans l’organisme. Elles sont nécessaires pour constituer un dossier d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) des médicaments.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Chaque année, dans le monde, près de 20 millions de personnes sont diagnostiquées atteintes d’un cancer (tous types confondus) dont plus de 400 000 en France, et on recense plus de 10 millions de décès (1/6) dont plus de 150 000 en France. Le nombre de personnes atteintes d’un cancer est en constante évolution, mais les progrès en terme de développement de traitements depuis 25 ans ont permis d’observer une diminution de la mortalité. La recherche de nouvelles solutions thérapeutiques est essentielle pour espérer diminuer la mortalité due au cancer, ainsi que limiter les effets indésirables pour les cancers avec des taux de guérison les plus élevés. Dans ce contexte, ce projet vise à identifier de nouvelles thérapies efficaces, via des constructions virales (présélectionnées lors d’analyses préalables : modélisations informatiques et in vitro), précises et capables de cibler et détruire spécifiquement les cellules cancéreuses de différents types. Les doses et associations thérapeutiques les plus adaptées aux patients seront testées. Grâce à la diversité et à la caractérisation approfondie de notre collection de tumeurs humaines implantées chez la souris (modèles de PDX), nous pourrons également mieux comprendre pourquoi certaines thérapies fonctionnent mieux sur certaines tumeurs ou chez certains patients. À terme, ces travaux devraient permettre de proposer de nouvelles options thérapeutiques aux patients pour lesquels les traitements actuels sont inefficaces ou inexistants, améliorer l’efficacité des thérapies disponibles et réduire les effets secondaires associés aux thérapies anticancéreuses actuelles. Ainsi, ce projet participera à réduire la mortalité due aux cancers.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Greffe : implantation d’un fragment ou de cellules tumoral(es) sous la peau. Le temps de chirurgie n’excèdera pas 10 minutes. Surveillance des animaux : observation quotidienne du comportement par déplacement et/ou ouverture des cages d’hébergement. Administration de thérapies : préhension des animaux à une fréquence dépendant du schéma de traitement : 1 injection qui pourra être renouvelée en fonction des résultats obtenus en cours d’étude. La durée de préhension n’excèdera pas 1 minute. Prélèvement de sang : préhension des animaux à une fréquence dépendant des besoins en prélèvements, 6 prélèvements seront effectués maximum par animal. La durée de préhension n’excèdera pas 2 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Stress dû à l’administration de molécules: nuisance transitoire (plusieurs minutes) de classe légère jusqu’à 4 fois par jour selon le schéma de traitement ; Douleurs post-opératoires: nuisance transitoire (plusieurs heures) de classe modérée; Risque d’infection: nuisance transitoire (plusieurs jours) de classe modérée; Perte de poids: nuisance transitoire (plusieurs jours) de classe modérée; Diarrhée: nuisance transitoire (plusieurs jours) de classe modérée ; Contention en tube pour prélèvement sanguin : nuisance transitoire (plusieurs minutes) de classe légère. -Démangeaisons cutanées : nuisance transitoire de classe légère

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux pour lesquels les tumeurs se seront développées seront euthanasiés pour réaliser les analyses associées (biologiques, histologiques). Les animaux n’ayant pas développé de tumeur malgré la greffe d’un fragment tumoral seront euthanasiés compte tenu des nuisances occasionnées.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le développement de nouveaux traitements permettant de lutter contre le cancer nécessite la réalisation de tests précliniques afin de valider leur efficacité sur la croissance tumorale, avant une application chez l’Homme. Il existe des méthodes alternatives et préalables à la réalisation de tests sur les animaux (prédictions informatiques, in vitro …), permettant de tester rapidement un grand nombre de molécules, et de sélectionner celles qui semblent le plus efficace. Cependant, ces méthodes réalisées en dehors du cadre d’un organisme vivant n’offrent pas la possibilité de lier les effets des traitements avec la complexité de l’organisme, par exemple elles ne prennent pas en compte l’effet de la circulation sanguine ou le rôle du foie dans la transformation et la distribution des médicaments. Cela limite la possibilité de prévoir comment un traitement agira réellement dans le corps d’un patient. C’est pourquoi, une fois les tests préliminaires terminés, et les molécules les plus prometteuses identifiées, il est nécessaire de poursuivre leur évaluation chez l’animal. Ces études sont réalisées sur un nombre d’animaux permettant d’obtenir des résultats fiables sur l’effet antitumoral des molécules testées. C’est une étape nécessaire pour constituer un dossier d’Autorisation de Mise sur le Marché des médicaments.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ce projet utilise le nombre d’animaux nécessaire pour obtenir des résultats fiables lors des étapes avancées d’évaluation des thérapies. Les expériences sont réalisées sur des groupes de souris suffisants pour réaliser les tests statistiques adéquats et valider l’effet des thérapies testées avant des essais cliniques chez l’Homme. La croissance des tumeurs est mesurée de manière standardisée pour savoir si le traitement fonctionne : s’il stabilise ou diminue le volume de la tumeur.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour prévenir l’hypothermie durant l’acte chirurgical, les animaux seront placés sur un tapis chauffant. Pour la prévention de la douleur et la souffrance lors de l’acte chirurgical et lors des prélèvements terminaux, les animaux recevront une anesthésie générale. Les produits d’anesthésie générale proposés sont suffisants pour obtenir un effet anti-douleur en plus de l’effet anesthésique profond pour le temps et le type d’intervention réalisée. Si une perte de poids est observée, un supplément nutritionnel sera proposé à l’animal. Pour les soins, si une lésion ou une sécheresse sont observées au niveau de la sphère oculaire, une solution nettoyante et/ou protectrice sera appliquée. Si une lésion cutanée est observée, une solution antiseptique sera appliquée. En cas d’infection, des analyses bactériologiques et/ou virologiques pourront être effectuées pour instaurer un traitement adéquat et l’animal pourra être isolé pour lui permettre de se rétablir sans la présence de ses congénères. Dans ce cas, divers matériaux ajoutés pour atténuer l’effet d’isolement et permettre la création d’un cocon. Après l’administration de molécules (thérapies ciblées et/ou traitement de référence), l’animal sera observé pour détecter tout comportement inattendu. Aussi, un point de compression sera réalisé au site d’injection intraveineux pour stopper le saignement. Si ces points de raffinement ne sont pas suffisants, les mesures associées aux points limites de ce projet seront appliquées.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous utilisons des souches murines immunodéficientes qui sont classiquement utilisées pour des greffes de fragments tumoraux issus de tumeurs humaines et dans le cadre d’évaluations pharmacologiques. Les souris présentant un système immunitaire résiduel qui se développe avec l’âge et qui peut réduire le taux de prise de greffe, nous utiliserons des animaux en fin de période d’acclimatation, âgés entre 5 et 13 semaines afin d’homogénéiser les conditions de croissance entre les différentes études.