
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-462335)
8 994 animaux, 8 928 souris et 66 rats, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour étudier l’infertilité humaine. Les femelles sont stimulées par des injections hormonales puis inséminées, afin de récupérer ovocytes et embryons. Le porteur affirme qu’aucun système de culture ne permet d’obtenir des gamètes matures et qu’il est donc impossible de remplacer l’animal vivant. Les souris femelles sont tuées pour prélever les ovocytes, les 66 rattes proposées ensuite à d’autres équipes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’infertilité touche près de 15% des couples en âge de concevoir. Les techniques de reproduction assistée actuelles consistent en (1) l’insémination intra-utérine de sperme si les spermatozoides du partenaire montrent une bonne mobilité, (2) la fécondation in vitro des ovocytes et (3) l’injection intracytoplasmique de sperme dans le cas contraire. Les ovocytes fécondés vont ensuite continuer leur développement avant d’être réimplantés dans l’utérus au stade embryonnaire. Ces techniques sont lourdes, notamment pour les patientes : stimulations hormonales pour récupérer les ovocytes, suivis échographiques, ponction ovocytaire sous anesthésie. Une amélioration du rendement de ces techniques est donc indispensable pour améliorer la prise en charge des patientes. Ce programme de recherche permettra d’évaluer l’impact d’un agent de contraste sur l’amélioration de l’infertilité féminine, d’évaluer l’impact de mutations génétiques sur la qualité spermatique et ovocytaire, de déterminer l’effet de molécules sur l’amélioration de la capacité fécondante du sperme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La finalité de ce projet aura un impact direct sur la santé humaine. Les bénéfices attendus sont doubles avec (i) la réduction du nombre de Fécondation In Vitro permettant l’obtention des embryons à partir d’une seule stimulation ovarienne et (ii) si des molécules améliorent la survie et la mobilité spermatique, de proposer directement aux patientes une insémination intra-utérine de spermatozoïdes traités, la fécondation et le développment embryonnaire se faisant alors in vivo favorisant les chances de grossesse.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris femelles et les rattes seront stimulées hormonalement, cela nécessite deux injections à 48h d’intervalle. La stimulation hormonale (injection) des souris et des rattes nécessitera de les maintenir (30 secondes). Dans une des étapes où il sera nécessaire de tester un agent de contraste, les souris seront stimulées pour faciliter l’ouverture du col utérin et à J1 post-stimulation, l’agent de contraste sera injecté, une seule fois (30 secondes). L’insémination de sperme dans le vagin des femelles nécessitera de les maintenir (une à deux minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La génération de souris génétiquement modifiée (externalisation ou gestes décrits dans d’autres projets autorisés par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Espace) et celui de rats génétiquement modifiés (externalisation) demande le génotypage adéquat qui sera effectué à partir d’un prélèvement tissulaire de l’oreille sur animal vigile lors de l’identifiation de l’animal (gestes décrits dans d’autres projets autorisés par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Espace). Le maintien des souris et rattes pour les injections peuvent entrainer un stress léger. L’injection en elle-même peut causer une douleur légère. L’insémination de sperme dans le vagin des souris peut entrainer un inconfort et un stress légers. Les femelles traitées avec l’agent de contraste pourraient faire une réaction allergique (difficulté respiratoire, rougeur) due à la présence d’iode dans le produit de contraste.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La récupération des ovocytes ou autres tissus à analyser nécessite la mise à mort des souris femelles. Après la mise bas et le sevrage des ratons, les rattes seront proposées aux autres utlisateurs. Elles ne peuvent pas être réutilisées dans ce projet car les expéreinces sont uniquement réalisées sur des femelles n’ayant jamais eu de portée.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude de la fertilité nécessite l’utilisation d’animaux reproduisant les phénotypes observés chez l’homme. Il est donc compliqué de les remplacer. Il n’existe aucun système de culture in vitro permettant d’obtenir des gamètes matures et fécondables (femelle) ou fécondantes (male). Il n’existe pas de système mimant le tractus génital femelle (sécrétion, interaction) permettant de faire des tests d’insémination artificielle in vitro.
2. Réduction
Le nombre minimal d’animaux sera utilisé dans chaque procédure tout en garantissant une étude statistique correcte. Le nombre d’animaux nécessaire a été évalué pour avoir une différence de 20% entre les groupes et une puissance statistique de 80%. Les résultats seront ensuite analysés avec des tests de Fisher ou des Anova selon le nombre de paramètres étudiés. Lorsque les gamètes sont utilisées en fécondation in vitro, la stimulation hormonale des souris permet de récupérer un grand nombre d’ovocytes, cela permet de réduire le nombre de souris femelles.
3. Raffinement
Des points limites ont été définis pour limiter toute souffrance, angoisse ou stress chez les animaux. En cas d’atteinte des points définis, des mesures correctives seront mises en place, en accord éventuellement avec le vétérinaire référent ou la SBEA. La mise à mort des animaux sera effectuée dans une pièce différente de celle de l’hébergement. Suite aux inséminations, les femelles seront placées individuellement avec un male vasectomisé pendant 24h puis rassemblées à raison de 2 souris/rattes par cage. Les injections et inséminations seront réalisées sous anesthésie/analgésie chez les rattes pour limiter leur stress et leur inconfort. Les rattes pourront être réutilisées dans d’autres projets à la suite de l’expérimentation car elles ne seront pas mises à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’étude des mécanismes de fécondation nécessite l’utilisation d’animaux car 1/ nous ne pouvons pas utiliser des ovocytes humains permettant d’étudier la fécondation par des spermatozoides humains. 2/ Il n’existe pas de système de culture cellulaire permettant d’obtenir des gamètes viables. 3/ La fécondation nécessite l’obtention de gamètes matures, qui ne peuvent être obtenus que sur des animaux. Il nous est donc impossible de remplacer l’animal vivant par un modèle cellulaire ou de simulation informatique. En effet, aucun modèle alternatif ne permet encore de reproduire en globalité, la complexité de la gamétogenèse et les impacts sur la fertilité en général et la fécondation en particulier. Notre étude s’intéresse à la fécondation des mammifères. Les processus moléculaires sont très similaires entre l’homme et les rongeurs. Les souris et rattes femelles seront utilisées dès 5 semaines et pas au delà de 12 semaines pour la récupération d’ovocytes. En effet, après 12 semaines, les femelles répondent moins bien à la stimuation hormonale et le nombre d’ovocytes récoltés décroit.