
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-282378)
Les 150 mâles sont tués après stimulation hormonale pour qu’on leur prélève les testicules, les 48 femelles restant en vie et sollicitées à nouveau tous les quatre mois, soit 198 xénopes utilisés dans des procédures d’un niveau de souffrance léger. Femelles et mâles reçoivent une injection d’hormone sur animal vigile maintenu en contention de dix à trente secondes, les femelles étant ensuite isolées 48 heures pour finir de se vider de leurs ovocytes, faute de quoi leurs congénères les mordent pour manger les œufs. Le porteur indique que la ponte provoquée n’a pas d’impact négatif sur la santé des femelles et qu’elles peuvent être utilisées ainsi toute leur vie, soit une dizaine d’années en captivité. Cette structure ne mène pas de recherche propre, elle fournit ovocytes et embryons à d’autres équipes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La plateforme constitue une structure d’appui à la recherche qui a pour mission de fournir des ovocytes et des embryons à la communauté des chercheurs utilisant le modèle xénope dans les domaines de la biologie du développenent et des neurosciences. L’obtention d’oeufs fertilisés nécessiste des injections d’hormones chez la femelle et chez le mâle. Ces hormones stimulent la ponte (femelles) et la maturation des gamètes (mâles) afin d’obtenir des fertilisations in vitro de qualité et en quantité.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre structure d’appui à la recherche a pour mission de fournir des œufs fécondés ou non à la communauté de chercheurs utilisant les modèles xénopes. Les oeufs non fécondés pourront être utilisés pour des expérimentations de biochimie (quantification de protéines, expériences sur des extraits). Les oeufs fécondés, du fait de leur transparence et de leur facilité d’accès (développement externes) sont des outils puissants pour comprendre les mécanismes du développement embryonnaire. Par exemple, parmis les équipes qui bénéficieront de la production d’ovocytes, certaines utilisent actuellement le xénope pour développer un nouveau système modèle pertinent et robuste pour étudier et comprendre des maladies humaines liées au développement précoce du cerveau et à l’émergence des tumeurs pédiatriques. Une autre équipe étudie les mécanismes fondamentaux de la dépense énergétique dans le développement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Femelles : Les femelles seront soumises à une administration d’hormone sur animal vigile en contention afin de stimuler la ponte. Cet acte dure de 5 à 10 secondes. Après récolte de leurs œufs, les femelles sont ensuite maintenues en hébergement individuel durant 48h pour surveillance. Cette période permet à la femelle de se vider de ses ovocytes matures, ce qui évite que ses congénères ne la mordent en voulant manger les ovocytes. Les femelles retournent ensuite dans leur groupe d’origine. Mâles : Les mâles seront soumis à une administration d’hormone sur animal vigile en contention afin de stimuler la production de sperme de qualité. Cet acte dure de 5 à 10 secondes. Les mâles seront ensuite euthanasiés pour récupérer leurs testicules.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront hébergés individuellement, mais le stress social n’est pas applicable chez cette espèce. Le Xénope est en effet un animal poïkilotherme, à comportement solitaire en conditions normales d’élevage. Les nuisances attendues lors de la stimulation hormonale des femelles et des mâles vigiles sont principalement de type inconfort et stress, ainsi qu’une douleur légère et transitoire. Le stress et l’inconfort peuvent être liés : 1. à la capture de l’animal dans l’aquarium, 2. au maintien en contention, d’une durée brève (10 à 30 secondes), 3. à la manipulation nécessaire à la récolte des ovocytes chez les femelles. Une douleur légère et transitoire peut également survenir lors de la stimulation hormonale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Chez la femelle Xenopus, la ponte est déclenchée par une injection lorsqu’elle est adulte. En respectant un délai suffisant entre deux stimulations (environ 4 mois), cette procédure n’a pas d’impact négatif sur sa santé et peut être répétée plusieurs fois au cours de sa vie. Les femelles peuvent ainsi être utilisées tout au long de leur durée de vie. Les mâles, quant à eux, sont utilisés pour la production de spermatozoïdes nécessaires à la fécondation in vitro. Après stimulation hormonale, ils sont euthanasiés pour permettre le prélèvement des testicules et ne sont donc pas maintenus en vie après la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La production d’embryons permettra d’explorer les étapes précoces du développement chez les vertébrés. Nous intervenons sur les animaux adultes dans un seul but : stimulation hormonale de l’ovulation des femelles vivantes dans le but de récolter les ovocytes suite à leur ponte qui seront ensuite fécondés in vitro pour la production des embryons. Il n’y a pas de méthode de substitution possible. Les équipes utilisent au maximum des approches in silico et si possibles des approches dans des cellules mammifères en culture en complément de nos approches in vivo. De plus le vertébré tétrapode non mammifère Xenopus tropicalis répondent idéalement aux recommandations des 3R : Remplacer, Réduire et Raffiner. L’amphibien Xenopus tropicalis possède une longévité et une période de reproduction remarquables (10 ans) ce qui en fait un excellent modèle pérenne pour les études d’ordre génétique.
2. Réduction
Pour limiter au maximum le nombre d’animaux utilisés, nous nous appuyons sur le fait qu’un petit nombre d’adultes permet d’obtenir un grand nombre d’embryons par fécondation in vitro. Les expériences sont organisées de manière à optimiser l’utilisation de ces embryons, en coordonnant le travail de plusieurs expérimentateurs et en regroupant les essais. Nous adaptons en permanence nos pratiques grâce à une veille scientifique régulière et nous ne réalisons des expériences sur les animaux que lorsqu’elles sont indispensables. Les résultats obtenus sont analysés afin d’ajuster au plus juste le nombre d’animaux nécessaires. En pratique, une à deux fécondations sont réalisées par semaine, en utilisant 3 à 4 femelles, avec généralement un seul mâle suffisant pour chaque série. Les mâles reçoivent également une injection hormonale et sont donc inclus dans le nombre total d’animaux. Les femelles peuvent être sollicitées plusieurs fois, en respectant un intervalle de repos de 4 mois, afin de limiter leur stress et de réduire le nombre total d’individus utilisés. Lorsque cela est possible, des femelles issues de projets précédents sont réutilisées. Au total, sur toute la durée du projet, le nombre maximal d’animaux adultes utilisés est estimé à 48 femelles et 150 mâles, soit 198 animaux. Cette estimation prend en compte la réutilisation raisonnée des animaux, le respect de périodes de repos et l’optimisation des procédures expérimentales.
3. Raffinement
Les animaux sont maintenus dans des aquariums ayant une capacité de 10 litre par aquarium, contenant de l’eau déchlorée, filtrée et oxygénée, à 20 degrés . Des sondes surveillent en temps réel la température, le pH et la conductivité. Les aquariums sont enrichis par des tubes en plastique où certains animaux peuvent se cacher, ainsi que par des aménagements intérieurs (plantes artificielles et petites billes), bien que le comportement majoritaire consiste à rester allongé sur le fond de l’aquarium. La nourriture non consommée et les fèces sont éliminées quotidiennement. Un nettoyage des parois des aquariums est effectué tous les 15 jours. Six à huit animaux sont regroupés par aquarium. Aucun stress n’est observé lorsque le groupe est réduit ou lorsque l’individu est hébergé seul, cette espèce présentant un comportement solitaire. Lors de la réception, les animaux sont placés dans des bacs individuels et observés pendant deux semaines avant leur introduction dans le circuit fermé. Ils sont ensuite acclimatés pendant deux semaines avant d’être intégrés à un protocole expérimental. Les xénopes adultes sont nourris deux fois par semaine à satiété avec des granulés de poisson et des vers de vase et/ou du cœur de bœuf. Les animaux sont prélevés à la main ou à l’aide d’une épuisette, en évitant tout mouvement brusque afin de limiter le stress. Une grille de score est réalisée à intervalles réguliers, avec des points limites définis afin d’assurer le suivi et l’évaluation des paramètres observés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le xénope est un organisme modèle de choix pour l’étude des processus biologiques. Il a par exemple contribué de manière déterminante à la compréhension des mécanismes qui sous-tendent le développement embryonnaire. Il fait partie d’une sélection de modèles pour lesquels les approches de génomique fonctionnelle sont réalisables. Outre ces caractéristiques, il est facile à élever et à maintenir en laboratoire et des pontes peuvent être obtenues à demande. Les embryons sont nombreux et robustes. Le développement externe permet des analyses non invasives dès la fécondation et à tous les stades. Pour pouvoir obtenir des pontes les animaux utilisés sont des animaux matures sexuellement âgés de 1 an environ pour X. tropicalis, jusqu’à leur mort (environ 10 ans en captivité).