
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-333990)
15 000 rattes gestantes vont être utilisées, chacune gavée quotidiennement pendant seize jours de gestation, avec jusqu’à six microprélèvements sanguins en 24 heures puis un prélèvement pouvant atteindre 15 % de son volume sanguin total. Les substances testées ne l’ont jamais été sur des animaux gestants, à des doses montant jusqu’à 1 000 mg/kg/jour, et le porteur prévient que les effets toxiques attendus sur les mères peuvent être sévères, avec convulsions, prostration, tremblements et pertes de poids. Sur ces 15 000 rattes, 800 relèvent d’un niveau de souffrance sévère, 800 d’un niveau modéré et 13 400 d’un niveau léger. Toutes sont tuées au vingt et unième jour de gestation pour prélèvement des organes et des fœtus, et les fœtus vivants sont tués aussi, le RNT indiquant qu’ils ne pourraient pas survivre sans leur mère.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de fournir les toutes premières informations in vivo sur le potentiel embryo-foeto-toxique d’une substance chimique au début de son développement, afin de : – Sélectionner au sein d’une famille chimique les molécules les moins risquées. – Identifier et abandonner rapidement les molécules à potentiel embryo-foeto-toxique pour éviter des tests inutiles à plus grande échelle. – Définir la dose maximale tolérée par la femelle gestante et sa progéniture afin de réaliser les études suivantes (études préliminaires et définitives) sans causer de souffrance excessive aux animaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet dont le design est basé sur les lignes directrices des études qui seront réalisées par la suite lors du développement du produit mais sont allégées et utilisent un nombre inférieur d’animaux par groupe, permet de sélectionner au sein d’une famille chimique une molécule d’intérêt et de déterminer la dose maximale tolérée par la ratte gestante. Cette étude très précoce permet de mettre en évidence avec une procédure allégée le profil embryo-foeto-toxique du produit afin de pouvoir arrêter le développement de molécules qui pourraient présenter des alertes importantes de toxicité sur la reproduction et le développement et ainsi éviter des études plus importantes avec plus d’animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les femelles gestantes vigiles seront gavées journalièrement à l’aide d’une sonde souple adaptée à leur taille et âge, pendant maximum 16 jours (généralement du jour 6 au jour 20 ou 21 de la gestation). Cette technique est réalisée en moins de 15 secondes. Durant la fin de la période de gestation (entre GD17 et GD21), des prélèvements sanguins, pourront être réalisés sur animaux vigiles et/ou animaux anesthésiés. Ce prélèvement peut être unique ou répété en respectant les durées de la récupération physiologique. Chaque femelle pourra faire l’objet d’un maximum de six micro-prélèvements sanguins (50 µL chacun) en 24h. Un prélèvement sanguin plus important, correspondant à un volume maximal de 15 % du volume sanguin total, pourra être réalisé au jour 20 ou 21 de la gestation. Tous ces prélèvements de sang seront réalisés sur une période d’une durée inférieure à 2 minutes. Pour les prélèvements d’organes et de fœtus, les femelles sont mises à mort (jour 21 de la gestation). Par la suite, les fœtus sont endormis puis à mort pour les examens ultérieurs.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Un stress léger peut se produire lors de la manipulation ou de la contention des femelles gestantes. Le gavage effectué à l’aide d’une sonde souple peut induire un léger inconfort et très rarement une irritation de l’œsophage. Plusieurs échantillons de sang peuvent être prélevés au cours d’une période de 24h sur animaux vigiles par ponction à la veine saphène. Des prélèvements peuvent aussi être faits en fin de gestation après anesthésie par ponction à la veine submentale ou à la veine sublinguale. Les prélèvements de sang peuvent induire une douleur légère et de légers hématomes au point de prélèvement. Les effets toxiques attendus sur les femelles gestantes peuvent être sévères car les molécules n’ont jamais été testées au préalable sur des animaux gestants et aux doses choisies (maximum requis par la législation 1000 mg/kg/jour). Les signes de toxicité pouvant apparaître en cours d’études incluent des pertes de poids, une diminution de la consommation de nourriture ou des signes cliniques de type augmentation de salivation, convulsion, prostration, augmentation ou diminution de la mobilité et de l’agressivité, tremblements ou impact sur la température corporelle.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En raison du but de l’étude qui est d’évaluer les effets sur la gestation et le développement des fœtus, toutes les femelles gestantes sont mises à mort pour prélèvements d’organes et de fœtus. Les fœtus vivants sont également mis à mort car même s’ils sont viables ils ne pourraient pas survivre sans leur mère.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant de réaliser cette étude sur le modèle animal, de nombreux essais in vitro (C. Elegans reprotox assay, Cell line compendium, devTox quick Predict assay, Reprotracker) ou in silico sont utilisés pour prédire le potentiel embryo-foeto-toxiques d’une substance, mais ils ne permettent pas de reproduire la complexité tissulaire ou la composition biologique complète d’un organisme entier, conduisant ou pas à l’induction d’effets embryo-foeto-toxiques, ni la gravité des effets induits par l’exposition au produit. Différents paramètres doivent donc être mesurés chez l’animal. L’étude décrite dans ce projet sert à préparer la réalisation de l’étude préliminaire de choix de doses et l’étude règlementaire de toxicologie du développement, indispensable à l’homologation de substances.
2. Réduction
Ce projet est réalisé dans le respect des 3Rs avec un nombre minimal d’animaux basé sur l’expérience du laboratoire: 4 femelles accouplées par groupe, en comparaison 8 femelles gestantes par groupe sont utilisées dans les études préliminaires de choix de doses. Plusieurs substances sont testées au sein d’une même étude afin de n’avoir qu’un seul groupe témoin et donc de réduire le nombre d’animaux utilisés. L’objectif reste également de ne tester chez l’animal que des molécules sélectionnées comme non dangereuses par des méthodes alternatives et donc de réduire le nombre d’animaux utilisés dans le processus de recherche et développement. Cette étude n’est réalisée que sur certains types de molécules, en fonction des effets embryo-foeto toxiques connus ou suspectés de la famille chimique. Si la substance testée montre une capacité à induire de la mortalité intra utérine et/ou des malformations chez le fœtus, le développement de la substance est immédiatement suspendu afin de ne pas réaliser les études préliminaires de choix de doses et les études réglementaires réalisées avec plus de 20 femelles gestantes par groupe.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement enrichies et adaptées aux femelles rattes gestantes (matériel de nidifcation), le personnel formé ainsi que l’utilisation d’une manipulation douce des animaux permettent de réduire le stress pré-procédural au strict minimum. Les femelles gestantes sont observées quotidiennement y compris les week-ends, avec une attention plus particulière le 1er jour de traitement (au moins 4 observations dans la journée). Elles sont pesées à intervalles réguliers pendant la gestation pour vérifier leur croissance et leur bien-être. La consommation de nourriture est également mesurée à intervalle régulier. Des points limites suffisamment prédictifs et adaptés aux femelles gestantes seront appliqués. Des micro-prélèvements sanguins seront privilégiés. Lors des prises de sang, l’usage d’un tapis chauffant pourra être utilisé pour maintenir la température corporelle des animaux sous anesthésie. Le jour précédent leur mise à mort les femelles gestantes sont déplacées dans une salle proche de la salle de nécropsie pour éviter le stress du transfert le jour même. Les prélèvements de sang sont réalisés dans une salle séparée et différente de celle utilisée pour la mise à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rat est le modèle expérimental choisi en raison de sa courte durée de gestation, de son utilisation fréquente dans les études de toxicologie du développement et de la disponibilité de souche suffisamment caractérisée. Les modèles rongeurs et notamment le rat sont recommandés par la communauté scientifique et les instances réglementaires. Des données historiques issues des études précédemment conduites sont disponibles dans le laboratoire avec l’espèce et la souche choisies (Rat Wistar). Ces caractéristiques permettent d’obtenir une grande quantité d’informations sur la physiologie et la pathologie de ces animaux. Des jeunes rattes accouplées (âgées de 8-12 semaines au début de l’étude) seront utilisées dans ce projet comme dans les futures études de toxicologie du développement conformément aux recommandations des guidelines internationales (OECD 414). Ces études visent à étudier le potentiel toxique d’une substance sur le développement et seront réalisées pendant la gestation puisque l’objet de l’étude porte sur le développement de l’embryon et du fœtus lors d’une exposition in utero.