
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-039605)
Jusqu’à quatre-vingt-seize jours par an en cage individuelle et quarante-huit jours de mise à jeun de vingt-quatre heures : 32 coqs adultes vont être utilisés pendant deux ans dans des procédures d’un niveau de souffrance léger. En dehors des semaines de bilan, ils vivent par groupes de quatre et ne subissent que deux pesées par an. Les essais mesurent la digestibilité de matières premières et de coproduits, jusqu’à vingt-quatre par coq et par an, pour fournir aux fabricants d’aliments et aux éleveurs des valeurs de référence utilisées dans leurs formulations. Au bout des deux ans, une partie des coqs est cédée à des particuliers connus de l’équipe, les autres sont tués.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Des essais de digestibilité sont mis en place sur coqs afin d’évaluer de la manière la plus précise possible la valeur nutritionnelle des matières premières, coproduits ou aliments destinés aux volailles. Les matières premières et coproduits ne cessent d’évoluer, par les changements des itinéraires techniques plus respectueux de l’environnement, l’apparition de nouvelles sources de protéines locales et l’optimisation des procédés qui génèrent des coproduits valorisables par les animaux. Les mesures de digestibilité permettent de faire le bilan entre les nutriments consommés par l’animal, ceux réellement absorbés et utilisés pour les fonctions physiologiques et de croissance, et ceux rejetés dans les déjections. Les résultats ainsi obtenus permettent aux fabricants d’aliments et aux éleveurs d’adapter au mieux la qualité nutritionnelle des aliments aux besoins des animaux. Cela contribue au maintien d’une flore digestive équilibrée (moins de fermentations indésirables) et à la bonne santé des animaux, mais aussi à réduire les rejets (azoté, phosphore, …) dans l’environnement. Dans ce type de protocole, l’utilisation de l’espèce d’élevage est indispensable, puisqu’il s’agit de la cible directe de la thématique. Le coq est utilisé en tant que référence pour les volailles, puisqu’il s’agit d’un animal adulte dont les besoins ne sont liés qu’à l’entretien et non pas à des fonctions physiologiques particulières comme la croissance, la ponte etc…
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de continuer l’acquisition de données de digestibilité fécale chez le coq nécessaires afin de formuler au mieux les aliments d’élevage pour limiter les désordres digestifs liés à un déséquilibre nutritionnel, mais aussi les rejets dans l’environnement, tout en développant les connaissances sur des matières premières notamment locales. Les essais de digestibilité permettent d’évaluer des hypothèses de manière fine et donner des valeurs de référence de la valeur nutritionnelle d’une matière première ou d’un aliment avec un nombre d’animaux très réduit. Les résultats contribuent à alimenter les bases de données disponibles pour la filière et à développer des équations de prédiction utilisées par les formulateurs. Les mesures in vivo (quelques équipes en France à les réaliser), permettent le maintien de la validité et l’adaptation continue de ces équations, et le développement d’autres pour des matières premières et coproduits qui ne cessent d’évoluer. Le coq est un modèle pour les volailles, les mesures sont rapides et plus facilement réalisables que sur poulets pour notamment évaluer de nouvelles matières premières.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les coqs ne sont pas soumis à des interventions autres que des pesées (2 fois/an). Pour le faire dans les conditions les moins stressantes, les animaux sont pris juste avant l’allumage et manipulés par des techniciens formés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La nuisance majeure sur le dispositif précédent était l’hébergement en cage individuelle pendant une période prolongée. Dans ce nouveau dispositif, les animaux sont hébergés en groupe la plupart du temps, avec une durée d’hébergement en cages individuelles réduite à seulement 4 jours consécutifs sur une semaine pendant les essais. Sur une année, cela représente moins de 30 % du temps (pour 24 MP évaluées par coq). La seule autre nuisance, mais dans une moindre mesure, est la mise à jeun de 24 h autour de la phase de bilan. Néanmoins, les coqs (souche légère) adultes ayant peu de dépenses énergétiques à ce stade, réagissent bien à ce stress de courte durée et aucune dégradation de leur état n’a jamais été observée. Aucun effet indésirable des aliments distribués, bien adaptés à leur état physiologique, n’est attendu. Le nombre de semaines d’essai maximum est fixé à 24 par an, avec au plus 3 semaines consécutives. Chaque semaine d’essai comporte 4 jours de placement en cage et 2 jours de mise à jeun. Soit un maximum de 48 jours de mise à jeun et de 96 jours en cages individuelles.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les coqs issus de la procédure d’hébergement individuel et de mise à jeun (après 2 ans) sont, soit cédés à des particuliers (connus de l’équipe), soit euthanasiés. Durant ces 2 ans, ils sont utilisés sur plusieurs essais, alternés avec de périodes hors essai. Lors d’un essai, ils sont en cage uniquement pendant les semaines de bilan. Les procédures s’appliquent uniquement pendant les bilans, qui sont étalés sur l’année et avec un maximum de 24 par an.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les matières premières, coproduits et additifs utilisés en alimentation animale ont une « valeur biologique » variable. Ils peuvent varier avec l’espèce végétale, la variété, le procédé appliqué, l’ajout d’additifs, etc. La modélisation et les équations de prédiction ne peuvent donner que des valeurs moyennes qui ne rendent pas compte de cette variabilité et surtout pas de la variabilité entre animaux eux-mêmes. Seule l’évaluation sur animaux permet de mesurer avec précision la valeur nutritionnelle et le niveau de rejets d’un aliment.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été optimisé de façon à obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement valides. Le dispositif prévu est donc de 16 coqs afin de tester deux aliments sur une semaine d’essai, ou plus d’aliments répartis en plusieurs séries.
3. Raffinement
Les animaux passent plus de 2/3 du temps en petits groupes de 4 animaux dans un environnement enrichi (deux niveaux de hauteur, deux types de surfaces (grillagée et litière), perchoirs, …) qui leur permet d’exprimer des comportements naturels (exploration, jeu entre congénères, battement des ailes, fuite si besoin). Le reste du temps, pour le besoin des bilans, ils sont en cage individuelle mais gardent une perception visuelle, auditive et olfactive des congénères (cages accolées et grillagées). La surveillance journalière, la manipulation des mangeoires et des abreuvoirs, permettent une habituation des animaux à la présence humaine. Le perchoir installé dans chaque cage, leur permet de se percher même pendant le temps de bilan. Ce projet est utilisé en parallèle pour générer des donnés permettant le développement de modèles de prédiction de la digestibilité par Spectrométrie dans le Proche Infrarouge. Avec ces modèles, la mise à jeun ne serait plus nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Seule l’évaluation sur animaux permet de mesurer avec précision la valeur nutritionnelle et le niveau de rejets d’un aliment. La mesure chez l’espèce d’intérêt agronomique, « poules », permet d’approcher au mieux les réponses en élevage. Le coq est un modèle utilisé classiquement. Les valeurs obtenues sur coqs permettent d’estimer la valeur nutritionnelle pour la poule pondeuse, ou chez les animaux en croissance de manière comparative. Ce sont des animaux adultes, donc en phase d’entretien (pas de croissance), ce qui facilite le bilan et donne des résultats très homogènes au sein du même traitement (forte puissance expérimentale).