
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-512617)
Gavées chaque jour pendant deux semaines, puis recevant une injection destinée à provoquer une lésion de l’intestin, 480 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées en fin de protocole pour analyse des tissus. Les dommages intestinaux entraînent diarrhées, inflammation, douleurs, déshydratation et perte de poids pendant cinq jours au plus, et le porteur signale qu’un mauvais positionnement de la sonde de gavage peut provoquer une détresse respiratoire imposant une mise à mort immédiate. L’objectif est d’observer la capacité de régénération de l’intestin chez des souris porteuses d’une hypercalcémie d’origine génétique, et de voir si une molécule en développement l’améliore. Ni la substance qui provoque la lésion ni celle administrée par voie orale ne sont nommées, et aucun seuil de mise à mort n’est chiffré pour un projet classé sévère.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le maintien de l’équilibre du calcium dans l’organisme repose sur une régulation hormonale finement contrôlée principalement par le calcitriol, la forme active de la vitamine D. Une augmentation anormale des niveaux de calcitriol dans le sang peut conduire à des pathologies rares, chez l’enfant comme chez l’adulte, caractérisées par une accumulation excessive de calcium et de calcitriol dans l’organisme, communément nommée hypercalcémie liée à des excès de vitamine D. L’une des causes génétiques identifiées dans ces hypercalcémies est la perte de fonction du gène qui code une enzyme indispensable à la dégradation du calcitriol. En l’absence de cette dégradation, le calcitriol s’accumule, induisant une absorption excessive du calcium. Des études préliminaires conduites dans notre laboratoire ont montré que les souris génétiquement modifiées permettant l’inactivation sélective de cette enzyme, reproduisent fidèlement le phénotype des patients comportant une hypercalcémie marquée. Nous avons identifié que ces souris présentent également des anomalies au niveau des cellules souches intestinales, essentielles au renouvellement régulier du tissu. En cas de lésion intestinale sévère, ces cellules entrent dans un programme de régénération qui va permettre de réparer le tissu. Pour étudier les mécanismes de réparation tissulaire dans un contexte pathologique lié à des excès de calcitriol et de calcium, nous utiliserons une substance permettant d’induire une lésion transitoire dans l’intestin, afin d’observer la capacité de régénération du tissu chez ces souris. En parallèle, une partie des souris seront injectée préalablement avec une molécule thérapeutique qui améliore grandement la pathologie, actuellement en cours de développement, pour déterminer si le processus de régénération de l’intestin est amélioré grâce à cette molécule.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ces études permettront d’étudier le potentiel des cellules souches intestinales dans un contexte d’hypercalcémie liée à des excès de vitamine D, et de comprendre des activités encore peu connues de la vitamine D. De plus, à terme, ce projet pourrait contribuer à l’identification d’un potentiel traitement pour les maladies liées à des excès de calcitriol.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pendant deux semaines, les animaux recevront chaque jour une petite quantité d’une substance, administrée par la bouche. Cette substance a pour but d’améliorer l’hypercalcémie liée à des excès de vitamine D. Ces administrations sont courtes et généralement bien supportées par les animaux. À l’issue de ces 2 semaines, une injection sera réalisée afin d’induire une liaison intestinale. Sur l’ensemble du projet, 480 souris seront nécessaires. Toutes les manipulations seront effectuées par du personnel formé et expérimenté, dans le respect du bien-être animal. Si, malgré ces précautions, un animal présentait des complications ou des signes de souffrance (ce qui reste exceptionnel), il serait immédiatement retiré de l’étude et pris en charge de manière appropriée afin d’éviter toute souffrance inutile.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’induction des dommages intestinaux peuvent conduire à des diarrhées, de l’inflammation des douleurs, une déshydratation et une perte de poids de l’animal. Ce traitement durera un maximum de 5 jours. Les injections peuvent exceptionnellement causer des infections au niveau du site d’injection. L’administration par la bouche peut rarement conduire à une irritation. Le gavage peut amener à des erreurs de manipulation due à un mauvais positionnement de la sonde qui peut mener à une détresse respiratoire nécessitant une euthanasie immédiate. Les différentes administrations de traitement pourront éventuellement générer un stress chez l’animal ainsi qu’une douleur au niveau du site d’administration. Ces gestes sont effectués par un personnel compétent et formé mais dans de rares cas peuvent conduire à une infection de la zone d’administration.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure pour analyses des tissus (histologiques, analyses de l’expression des gènes et des protéines).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour étudier comment l’intestin se répare dans certaines maladies liées à un excès de vitamine D et de calcium, il est nécessaire d’observer l’ensemble de l’organisme. En effet, plusieurs organes (comme les reins, le système immunitaire ou les os) interagissent entre eux et influencent ce processus. Ces interactions complexes ne peuvent pas être reproduites de manière fiable en laboratoire à partir de cellules isolées. L’utilisation d’un animal vivant est donc indispensable pour comprendre ces mécanismes dans des conditions proches de la réalité. La souris est un modèle de référence en recherche, car son fonctionnement biologique et la structure de son intestin sont très proches de ceux de l’être humain.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés est strictement limité au minimum nécessaire pour obtenir des résultats fiables. Les méthodes employées sont bien maîtrisées par l’équipe, ce qui permet de mener des expériences de qualité sans multiplier les animaux. Chaque souris sera utilisée pour plusieurs analyses, afin d’éviter toute utilisation inutile. Les résultats étant comparables chez les mâles et les femelles, les données pourront être regroupées. Les groupes seront toutefois composés à parts égales de mâles et de femelles afin de garantir un bon équilibre. Ainsi, seuls les animaux indispensables à la validité scientifique de l’étude seront inclus.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées en groupe, dans des cages adaptées et enrichies pour favoriser leur bien-être. Elles seront surveillées régulièrement, notamment par l’observation de leur comportement et le suivi de leur poids. Si un animal présente des signes de déshydratation ou de malaise, des soins adaptés seront immédiatement mis en place. Les manipulations (administration des traitements) seront réalisées par du personnel formé et expérimenté, avec des techniques conçues pour réduire au maximum l’inconfort et le stress. Si un animal montre des signes clairs de souffrance, il sera retiré de l’étude et pris en charge sans délai afin d’éviter toute douleur inutile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La régulation du calcium et de la vitamine D fait intervenir plusieurs organes et différents types de cellules. De même, la réparation de l’intestin est un mécanisme complexe qui ne peut pas être étudié correctement avec des cellules isolées. La souris est particulièrement adaptée à ce type de recherche, car elle réagit aux traitements de manière comparable à l’être humain. Elle permet également l’utilisation de techniques génétiques avancées, indispensables pour comprendre le rôle de certains gènes. L’étude porte sur des animaux adultes. Les souris recevront un traitement à partir de l’âge de 8 semaines, puis une injection unique à 10 semaines afin de déclencher un phénomène contrôlé de régénération intestinale, qui sera ensuite analysé.