
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-797916)
Les souris qui s’isolent, cessent de bouger, s’automutilent ou maigrissent jusqu’à la cachexie sont mises à mort. 192 souris porteuses de mutations liées à des maladies neurodégénératives et neuromusculaires humaines sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées à l’issue par une chirurgie terminale de quinze minutes sans réveil. Chacune passe huit sessions de tests entre 3 et 17 mois, une mesure de force musculaire répétée trois fois, un test d’agilité et d’endurance en trois essais de cinq minutes, trente minutes d’activité ambulatoire et un test d’équilibre et de motricité fine, avec l’apparition attendue d’ataxie, de tremblements et de faiblesse musculaire. Les pistes thérapeutiques annoncées restent au registre de l’espoir. La dégradation locomotrice, elle, fait partie du protocole.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est d’étudier le phénotype locomoteur et la force musculaire dans des souris modèles de maladies humaines neurodégénératives et neuromusculaires génétiques. Ces maladies sont dues à des anomalies de l’ADN qui entrainent une perturbation du fonctionnement des neurones et des muscles squelettiques des patients, conduisant à des altérations de leur locomotion et de leur mouvements (perte d’équilibre, tremblements, faiblesse musculaire, etc.). Nous souhaitons donc générer des modèles de souris pour ces maladies pour ainsi étudier leur phénotype locomoteur et leur force musculaire, via une batterie de tests non invasifs. La compréhension de l’effet de ces mutations sur le fonctionnement du cerveau et des muscles squelettiques nous permettra ainsi de mieux comprendre ce type de maladie chez l’homme et, ainsi, espérer découvrir des pistes thérapeutiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous avons besoin de modèles animaux pour reproduire et étudier des maladies humaines neurodégénératives et neuromusculaires génétiques. En effet, il n’existe pas de modèle in vitro ou de système cellulaire pour étudier la complexité et l’ensemble des symptômes neurodégénératifs, la faiblesse musculaire et les altérations de la locomotion typiques de ces pathologies et à l’échelle d’un organisme entier. De plus, des études précédentes ont démontré que la souris est un modèle animal de choix pour étudier ces maladies. Le développement et l’analyse de ces nouveaux modèles animaux nous permettront de mieux comprendre les mécanismes et de tester la pertinence de pistes thérapeutique pour ces maladies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1 – L’injection d’analgésique requiert moins d’une minute. Chaque animal sera injecté une première fois à l’âge de deux mois puis tous les deux mois pour l’analyse de la force musculaire. 2 – L’injection de produits anesthésiques requiert moins d’une minute. Chaque animal ne sera anesthésié qu’une seule fois (à l’âge de deux mois). 3 – Les injections de vecteurs viraux requièrent entre 30 secondes et 1 minute par animal. Chaque animal ne sera injecté qu’une seule fois (à l’âge de deux mois). 4 – Les tests locomoteurs sont organisés en sessions avec une mesure de la force musculaire (répétée trois fois, environ 8 minutes total par animal), un test d’agilité et d’endurance (3 essais de 5 minutes chacun), un test d’activité ambulatoire (30 minutes par animal) et un test d’équilibre et de motricité fine (3 essais de 5 min/ animal). Ces sessions seront répétées tous les deux mois et donc chaque souris sera testée 8 fois (la première session de tests à l’âge de 3 mois et la dernière à 17 mois). 5 – La mesure de la force musculaire est réalisée en 6 à 8 minutes sous anesthésie gazeuse. Cette mesure est répétée tous les deux mois et donc chaque souris sera testée 8 fois (de l’âge de 4 mois a 18 mois). 6 – La chirurgie terminale sous anesthésie profonde sans réveil dure 15 minutes et résulte en la mort de l’animal
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection de produit analgésique peut induire une légère douleur passagère au moment de l’administration et un léger stress lié à la contention de l’animal. De même, l’injection de produits anesthésiques, bien que réalisée sous analgésie, peut induire un léger stress lié à la contention de l’animal. La mesure de la force musculaire se fait sous anesthésie et analgésie. La chirurgie terminale sous anesthésie profonde sans réveil induit un stress et une douleur de courte durée au moment de l’anesthésie, ainsi qu’une hypothermie et une dépression cardiorespiratoire. Les tests locomoteurs que nous utiliserons pour évaluer l’activité locomotrice de ces animaux sont classiques, non invasifs et sans douleur, mais peuvent induire un léger stress causé par la manipulation des animaux. Enfin, nous souhaitons étudier des maladies neurodégénératives et neuromusculaires touchant les adultes, et ceci en modèle animal, nous nous attendons donc à l’éventuelle apparition d’altérations locomotrices, de faiblesse musculaire et/ ou de signes neurodégénératifs (ataxie, tremblements, etc.) chez ces souris.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des souris seront mises à mort à l’issue de la procédure afin d’étudier leurs tissus (muscle, cerveaux, etc.) pour des analyses histopathologiques et moléculaires.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Cette étude a pour but l’étude de maladies neuromusculaires et/ou neurodégénératives causées par des mutations génétiques. Nous souhaitons comprendre les mécanismes biologiques qui découlent de ces mutations et notamment leurs effets sur la locomotion, la force musculaire et l’apparition de troubles neurodégénératifs (ataxie, tremblements, etc.). Pour ce faire, il est indispensable de disposer d’un modèle animal pour identifier l’effet de ces mutations à l’échelle de l’organisme entier ; des modèles cellulaires ou in vitro ne peuvent pas reproduire ces troubles de la locomotion et de la force musculaire et apporter un même niveau d’information. De plus, nous avons établi précédemment que le modèle souris est un bon modèle animal d’étude de ces maladies.
2. Réduction
L’objectif est de réduire au maximum le nombre de souris pour l’étude tout en s’assurant d’une analyse statistique fiable et reproductible. Des travaux précédents nous ont permis d’établir les temps et méthodes d’analyses et que l’étude de groupes de 12 animaux chacun permettait d’obtenir des résultats statistiquement significatifs. Le facteur de comparaison sera la présence de la mutation (comparaison des souris exprimant la mutation génétique versus des souris contrôles). Compte tenu de notre projet d’analyser les conséquences de mutations responsables de plusieurs maladies à inclusions intranucléaires à la fois sur les muscles squelettiques et les neurones du système nerveux central, nous estimons que l’étude de 192 animaux sur 5 ans est nécessaire.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans les meilleures conditions possibles dans un environnement contrôlé permettant une réduction du stress. Afin de prévenir toute douleur, la procédure expérimentale se fait sous anesthésie et analgésie. De plus, afin de limiter d’éventuelles douleur induite par l’apparition de symptômes locomoteurs, nous n’étudierons que les premières étapes de l’apparition de ces symptômes et les animaux seront mis à mort avant que la phase terminale de la maladie n’apparaisse. A ce titre, de la nourriture gélifiée sera mise à disposition de l’animal dans la cage dès les premiers signes de problème moteur pour palier tout risque de réduction de prise de nourriture. De même, des points limites ont été définis, et si des signes de douleur apparaissaient (réduction de l’appétit, diminution de la mobilité et du comportement exploratoire, tendance à l’isolement, poil terne et hérissé, dos voûté, etc.), nous ferons alors un traitement analgésique et anti-inflammatoire. Toutefois, en cas de douleur forte et de dépassement des points limites (isolement, immobilité, automutilation, cachexie, etc.), les animaux seront mis à mort rapidement pour éviter toute souffrance et l’expérience sera stoppée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’animal de choix pour l’études de mutations génétiques responsables de pathologies à l’échelle de l’organisme entier. Notre objectif est d’étudier des mutations responsables de maladies neuromusculaires et/ou neurodégénératives génétiques, et plus précisément leur rôle sur l’apparition d’altérations locomotrices et/ou d’une faiblesse musculaire. Aucun modèle d’expérimentation in vitro ou cellulaire ne peut mimer ou refléter toute la complexité de ces mécanismes biologiques. Nous allons étudier le comportement locomoteur et la force musculaire chez des souris sevrées et adultes (>2mois), car les mutations que nous étudions conduisent à des maladies de l’adulte (>40 ans). Enfin, nous suivrons le comportement locomoteur et la force musculaire de ces animaux sur une période de 18 mois. Ce protocole a été choisi d’après l’étude de la littérature et afin de reproduire l’aspect progressif des maladies que nous étudions.