
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-298784)
Une stimulation sonore de soixante secondes au maximum, appliquée une fois à chaque souris pour déclencher une crise convulsive qui peut la tuer : 3 168 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, les survivantes étant tuées à la fin pour prélever leurs organes. Certaines reçoivent une substance une seule fois, d’autres deux fois, et 576 jusqu’à vingt-huit fois, à raison de deux administrations par jour pendant quatorze jours. L’objet déclaré est de tester des traitements contre la mort subite inattendue en épilepsie, faute de traitement spécifique existant, en cherchant une dose efficace puis une éventuelle synergie entre deux molécules. Ces souris appartiennent à des souches sensibles aux crises audiogènes et sont testées vers le vingt-et-unième jour après la naissance, âge auquel le porteur indique que les crises létales sont les plus fréquentes, et jusque-là hébergées avec leur mère et leur portée.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La mort subite inattendue en épilepsie (SUDEP) est une cause de décès importante, dont l’incidence est évaluée autour de 1 cas pour 1000 patients épileptiques. Plusieurs hypothèses ont été émises sur les causes de cette mortalité : une anomalie du rythme cardiaque, secondaire à une crise généralisée, un arrêt respiratoire, ou encore une dépression générale des activités électriques cérébrales. Ce projet va permettre d’évaluer l’efficacité de traitements contre les crises épileptiques provoquant une SUDEP. Pour cela, nous allons utiliser un modèle animal de crises audiogènes où une crise tonique pouvant provoquer la mort est induite par un stimulus audio. Ce modèle est reconnu comme un modèle de SUDEP. Nous proposons ici de tester plusieurs types de traitements : traitement aigu d’une substance (afin de définir la dose efficace pour prévenir des crises et de la mortalité, ainsi que pour définir le temps d’activité de la molécule), traitement répété d’une substance (afin d’évaluer si une exposition prolongée à une substance permet une meilleure protection contre les crises létales), et enfin un traitement associant 2 molécules (afin de définir une possible synergie entre ces molécules).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra d’évaluer l’efficacité de différents traitements contre le SUDEP à l’aide d’un modèle murin validé par la littérature. Il n’existe pas de traitement spécifique au SUDEP, ces travaux permettront d’évaluer le potentiel des substances évaluées et de leur association contre cette mortalité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront administrés vigiles: une fois pour 1728 animaux, deux fois pour 864 animaux, et au maximum 28 fois (si 2 fois/jour pendant 14 jours) pour 576 animaux. Tous les animaux seront exposés une fois à une stimulation audio (max 60s) induisant des crises audiogènes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues sont la survenue de crises létales et non létales à la suite de la stimulation audio et un stress du aux administrations de substance.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin d’effectuer des prélèvements d’organes, pour compléter cette étude.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les méthodes expérimentales in vitro ne reproduisent pas l’ensemble des propriétés des crises d’épilepsie survenant dans un cerveau entier. De plus, la modélisation in silico nécessite des données expérimentales encore insuffisantes pour produire des données applicables chez l’humain.
2. Réduction
Nous ferons une planification rigoureuse des expériences, en réalisant d’abord des études sur chaque molécule administrée seule pour mieux les caractériser avant d’évaluer l’intérêt d’une administration répété ou de l’association de 2 molécules. De plus, selon les résultats des substances testés lors de la première partie du projet, nous ne retesterons que celles aux résultats positifs pour la 2ème partie. L’utilisation d’un modèle murin déjà validé comme modèle de SUDEP nous permet de ne pas passer par une procédure de validation du modèle. Le calcul du nombre d’animaux est fait selon une approche statistique, sur la base de la variabilité du comportement des souris modèles de SUDEP qui est décrite dans la littérature, nous estimons qu’il nous faut au minimum 12 animaux par groupe pour pouvoir évaluer leur phénotype épileptique. Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés, nous n’utiliserons pour chaque procédure que la moitié des animaux administrés par un contrôle véhicule.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés avec leur mère et leurs congénères de même portée jusqu’à l’expérimentation à P21 ou jusqu’à leur sevrage à P21. Ils seront ainsi hébergés dans des conditions environnementales répondant à leurs besoins, avec un enrichissement adapté (papier tork ou frisure de carton). Les animaux seront manipulés par du personnel expérimenté afin de réduire le stress global. La stimulation audio induisant les crises est limitée à une par animal et pendant 60s maximum.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce que nous avons choisie (souches de souris sensibles aux crises audiogènes) est le modèle animal décrit dans la littérature comme reproduisant au mieux le SUDEP. Les animaux seront principalement testés vers le jour postnatal 21, où les crises audiogènes létales sont les plus fréquentes selon la littérature et selon nos précédents travaux internes.