Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

340 rats vont être utilisés, tous tués pour prélever leur cerveau, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun subit une chirurgie de quarante-cinq minutes en moyenne pour l’implantation d’un dispositif d’auto-administration de cocaïne, puis entre vingt-cinq et quatre-vingt-une séances de trois heures, cent vingt d’entre eux étant en plus opérés du cerveau pendant environ une heure. Certaines séances sont associées à de brèves expériences aversives destinées à provoquer l’arrêt de la consommation, le porteur décrivant chez le rat un sevrage « extrêmement faible ». Il présente le choix du rat comme « une sorte de compromis », cette espèce étant selon lui assez proche de l’humain pour constituer un « modèle animal valide » et assez éloignée « par rapport à d’autres espèces plus sensibles » sur le plan éthique.

NTS-FR-477217v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Addiction, Cocaine, Rat, Auto-administration, Abstinence
Rats : 340

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Parmis les personnes développant une addiction à la cocaine, une partie significative parvient à atteindre l’abstinence. Notamment, des événements négatifs intenses (accidents, maladies) peuvent constituer des signaux clés qui font prendre conscience aux individus qu’ils sont « allés trop loin ». Cependant, l’abstinence met du temps à s’établire et la survenue d’événements négatifs est risquée. Aussi, trouver des thérapies efficaces est nécessaire. Les objectifs de ce projet sont de modéliser l’abstinence induite par des événements négatifs et d’en étudier les bases cérébrales. Nos travaux antérieurs montrent que des rats ayant une prise soutenue de cocaine arrêtent quasi-instantanément de prendre la drogue lorsqu’elle est associée à un événement négatif. Cependant, cette abstinence est de courte durée et beaucoup de rats rechutent lorsque les conséquences négatives disparaissent. Selon des témoignages et données issus de la littérature, l’apparition cyclique de conséquences négatives aurait un effet cumulatif qui pourrait conduire à l’abstinence. Aussi, notre protocole testera l’effet de l’exposition cyclique à des conséquences négatives (1 fois tous les 10 jours) sur l’abstinence volontaire. Nous prévoyons que la majorité des rats arrivera à une abstinence durable après un maximum de 5 cycles. Une certaine variabilité est cependant attendue avec des individus atteignant l’abstinence après 1, 2, 3, 4 ou 5 cycles. Aussi, nous prélèverons les cerveaux des rats dès qu’ils présenteront une abstinence durable. L’évaluation post mortem du cerveau permettra d’identifier les zones cérébrales associées à l’abstinence volontaire dans les différents sous-groupes de rats. Après avoir isolé les régions cérébrales associées à l’abstinence volontaire, nous les activerons ou désactiverons temporairement pour confirmer leur rôle causal dans ce comportement. Afin de mieux comprendre l’engagement/désengagement progressif de ces régions avec l’abstinence, les signaux cérébraux, dans ces régions, seront également mesurée en direct durant le comportement. Enfin, pour évaluer les spécificités biologiques associées à l’abstinence, les régions cérébrales clés seront prélevées chez les différentes populations de rats pour des études biologiques approfondies.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ces expériences fourniront des informations uniques sur les bases neuronales de l’abstinence de la cocaine. De plus, elles mettront en lumière les spécificités neuronales et moléculaires au moment précis où les individus développent une abstinence. A moyen terme, les résultats issus de ces expériences seront très important pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques de l’addiction. En effet, ces résultats permettront d’orienter de futures études d’imagerie cérébrale chez l’humain et permettront d’affiner la compréhension des mécanismes nécessaires à la mise en place de l’abstinence.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Etant basé sur la prise de cocaine, la totalité des animaux (n=340) sera soumise à une chirurgie permettant l’auto-administration de cocaine (45 minutes en moyenne). Les animaux seront sous anesthésie chimique et sous analgésie. De même, l’ensemble des rats sera soumis à des tests comportementaux comprenant des séances d’auto-administration de cocaine de 3 heures. Suivant les groupes et les phénotypes (rechute ou abstinence), les rats suivront entre 25 et 81 séances d’auto-administration. Certains animaux (n=120) seront égelement soumis à une chirurgie du cerveau (1 heure en moyenne). Les animaux sont sous anesthésie gazeuse et sous analgésie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Ces animaux sont soumis à différentes procédures successives dont le degré maximal de gravité ne dépasse pas le degré modéré. Les nuisances pouvant éventuellement être attendues sont principalement celles associées aux différentes chirurgies, c’est à dire : possible risque d’inflammation ou d’infection, apparition de plaies dues à un toilettage excessif de la zone opérée, perte des points de suture avant cicatrisation complète. Le cas échéant, les douleurs post opératoire seront minorés par des antalgiques durant quelques jours. Afin de mener à l’abstinence, certaines séances d’auto-administration seront associées à de brèves (0,5 sec) expériences aversives légèrement stressantes, mais non douloureuse, dont l’intensité ne dépassera pas le degré modéré. Avec l’abstinence, les animaux cesseront rapidement et durablement de consommer de la cocaine induisant un sevrage. Cependant, il est à noter que comme pour la majorité des psychostimulants, la cocaine entraine un sevrage extrêmement faible chez le rat.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issu de chacune des procédure, les animaux seront mis à mort et leur cerveau sera prélevé pour des études post mortem.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet recourt exclusivement à l’utilisation du rat de laboratoire (jeunes adultes, mâles et femelles). Ce recours à l’animal se justifie pour plusieurs raisons éthiques : 1) l’éthique actuelle interdit l’utilisation d’approches neurobiologique invasives chez l’homme, rendant ainsi inaccessible l’étude directe de certains processus cérébraux dans notre espèce (sauf, bien sûr, lorsque ceux-ci sont non-invasifs) ; 2) il n’existe pas encore de modèles mathématique ou informatiques valides et réalistes permettant d’étudier les processus cérébraux avec un niveau de complexité suffisant ; 3) contrairement à la dépendance physique, l’addiction est un trouble du comportement et, en tant que telle, ne peut pas être récapitulée sur des lignées cellulaires (humaine ou animale) ; 4) Les espèces invertébrées peuvent être utilisées pour élucider des mécanismes neuronaux ou génétiques de certains effets comportementaux de la cocaïne mais l’organisation nerveuse et comportementale de ces espèces est beaucoup trop éloignée de celle de l’homme pour constituer des modèles animaux valides dans le domaine des addictions.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ce projet s’intéresse à la présence de deux sous groupe d’animaux : ceux qui s’abstiennent et ceux qui rechutent. Etant donné que tous les animaux ne montreront pas une prise stable de drogue, il faut démarrer l’expérience avec un groupe de 10 rats. En effet, pour que nos expériences soient concluantes sur le plan statistique, il faut obtenir un effectif final minimum de 6 individus dans chacun des sous groupes (abstinence et rechute). Par ailleurs, et si nécessaire, certains animaux qui ne montreront pas une prise stable de drogue mais qui montrent tous les signes de bonne santé, pourront être utilisés pour des tests chirurgicaux (optiminsation de certains paramètres). Dans ce cas, la procédure de chirurgie sera similaire en tous points à celle décrite dans ce projet. Ceci permettra, de réduire le nombre d’animaux utilisés pour ce projet.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les chirurgies sont réalisées sous analgésie et anesthésie chimique ou gazeuse, sont effectuées en conditions aseptiques, sur couverture chauffante. En fin de chirurgie, l’animal reçoit une injection de solution saline pour favoriser la réhydratation. Pendant une période de récupération de 7 jours les animaux sont surveillés quotidiennement pour détecter rapidement d’éventuels signes d’inconfort, de stress ou de douleur et d’y remédier rapidement. Suivant un arbre décisionnel établi, la décision de soins conservatoires sera appliquée en fonction du type et de l’intesité de l’inconfort et/ou de la douleur. Si la prise en charge ne fonctionne pas après 5 jours de traitement ou si une aggravation rapide est observée, la décision de mise à mort sera prise rapidement par le porteur du projet. Avant le début des expériences, les rats sont manipulés tous les jours et habitués aux cages expérimentales afin de limiter le stress et l’anxiété. Plusieurs critères sont pris en compte pour quantifier le niveau de souffrance de l’animal et décider de l’arrêt de la procédure/du test. Ces critères sont listés dans une grille d’observation ayant plusieurs niveau d’intervention selon le niveau de douleur (de léger à sévère). Ces manifestations éventuelles sont suivies quotidiennement par des méthodes non invasives.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le choix du rat de laboratoire constitue une sorte de compromis dans la musure où cette espèce est suffisamment proche de l’homme du point de vue de son évolution (mammifère, divergence de leur ancêtre commun il y a environ 100 millions d’années) pour servir de modèle animal valide des phénomènes d’addiction par rapport à d’autres espèces moins sensibles éthiquement (e.g., invertébrés) et en même temps suffisamment éloignée par rapport à d’autres espèces plus sensibles. Les espèces invertébrées peuvent être utilisées pour élucider les mécanismes neuronaux ou génétiques de certains effets comportementaux de la cocaïne mais l’organisation nerveuse et comportementale de ces espèces est beaucoup trop éloignée de celle de l’homme pour constituer des modèles animaux valides dans le domaine des addictions. Les animaux utilisés sont tous de jeunes adultes en fin d’adolescence en début d’expérience (âge moyen 2 mois et demi). Cette période du développement correspond à la période de plus grande vulnérabilité face à l’addiction.