Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Toutes tuées pour prélèvement d’organes à la fin de chaque procédure, 1 160 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Chaque souris reçoit une injection de cellules de lymphome dans la veine de la queue, jusqu’à cinq injections intrapéritonéales, une administration transdermique ou intragastrique de tamoxifène, et pour certaines une chirurgie d’injection dans la rate. Le porteur indique que l’injection intraveineuse disperse les cellules tumorales dans tout l’organisme, ce qui peut faire pousser des tumeurs dans le foie ou le cerveau, ou paralyser la souris par atteinte de la moelle osseuse. La grille de score règle la suite, un score léger n’entraînant aucune mesure, ce que le porteur présente comme témoignant de l’absence de souffrance, un score modéré donnant lieu à de la nourriture gélifiée et à une surveillance accrue, un score sévère à la mise à mort.

NTS-FR-245260v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Cellules dendritiques, Cellules Natural Killer, Cancer, Dysfonctionnement
Souris : 1160

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le cancer est une maladie grave qui touche des millions de personnes chaque année dans le monde, et reste l’une des principales causes de décès. Ces dernières années, de nouveaux traitements appelés immunothérapies, qui utilisent les défenses naturelles de notre corps, ont permis de mieux soigner certains cancers et d’augmenter la durée de vie des patients. Ces progrès sont possibles grâce à une meilleure compréhension du système immunitaire, en particulier grâce à des études chez la souris dont le fonctionnement est proche de celui de l’humain. Parmi les cellules du système immunitaire, les cellules Natural Killer (ou cellules NK) sont très importantes : elles sont capables de reconnaître et de détruire les cellules cancéreuses. Malheureusement, dans beaucoup de cas, ces cellules deviennent moins efficaces au fil du temps, comme si elles s’épuisaient. Notre projet cherche à comprendre pourquoi les cellules NK perdent leur efficacité face au cancer. Dans un modèle de lymphome chez la souris que nous avons développé, les cellules NK réagissent d’abord bien aux tumeurs, mais finissent par devenir inactives. Nous pensons que certaines cellules du système immunitaire appelées cellules dendritiques (ou DCs), produisent des substances (les cytokines) qui aident à maintenir l’activité des cellules NK. Mais, quand la tumeur grandit, elle perturbe ce soutien, ce qui rend ces dernières moins efficaces. Pour vérifier cette hypothèse, nous allons utiliser des souris génétiquement modifiées pour étudier de plus près les échanges entre cellules NK et cellules dendritiques au cours du processus tumoral. Grâce à ces recherches, nous espérons mieux comprendre comment les cellules NK s’épuisent face à un cancer, quel rôle les cellules dendritiques jouent dans ce processus, et surtout, comment agir pour renforcer les cellules NK. Ces résultats pourraient ouvrir la voie à de nouvelles stratégies pour améliorer les traitements contre le cancer.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les immunothérapies ont révolutionné le traitement des cancers mais leur efficacité reste hétérogène et de nombreux patients meurent encore de cancers. Il est donc important d’améliorer l’efficacité et la compréhension des immunothérapies, afin d’en augmenter le taux de succès et donc d’allonger significativement l’espérance de vie des patients. Notre projet apportera des clés importantes pour comprendre à court terme le mécanisme d’épuisement des cellules NK en condition tumorale, le rôle des DCs dans ce processus, et ouvrira à plus long terme des nouvelles pistes d’amélioration des traitements basées sur nos résultats.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux recevront une injection unique de cellules tumorales dans la veine caudale, d’une durée de quelques secondes. La manipulation des souris lors des pesées ou de la contention entraînera un stress de courte durée. Les animaux inclus dans les différentes procédures recevront au maximum cinq injections intrapéritonéales de courte durée, ou une administration par voie transdermique ou intragastrique, également réalisée en quelques secondes. Ils pourront également subir une intervention chirurgicale unique, sous anesthésie de courte durée, permettant l’injection intrasplénique de cellules tumorales.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Un inconfort temporaire sera induit par l’injection de cellules tumorales dans une veine de la queue, effectuée sur des animaux éveillés, pouvant entraîner un léger stress ou une petite douleur passagère. Les manipulations nécessaires pour peser les animaux ou les maintenir immobiles provoquent un stress de courte durée. La technique d’administration de substance par voie intragastique peut être modérément douloureuse, le temps de l’intervention, si le geste n’est pas maitrisé. Les injections intrapéritonéales de certains produits peuvent générer un léger stress ou une petite douleur passagère. Le développement des tumeurs elles-mêmes peut entraîner des douleurs chez les animaux. En effet, l’injection par voie intraveineuse des cellules tumorales entraîne leur dissémination dans tout l’organisme, ce qui peut favoriser le développement tumoral dans des organes vitaux (foie, cerveau) ou entrainer une paralysie suite à l’atteinte de la moelle osseuse. D’autres effets indésirables peuvent être observés tels qu’une perte de poids ou une modification du comportement (prostration). Enfin, l’injection intrasplénique, nécessitant une chirurgie, peut entraîner une douleur post-opératoire, du stress, ainsi qu’un risque de saignement, d’infection et de complications liées à l’anesthésie, que nous limiterons par l’utilisation d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires, ainsi que par une surveillance accrue.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de chaque procédure, la totalité des animaux seront mis à mort pour prélèvement d’organes et analyse par divers protocoles.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet nécessite la comparaison de différents modèles murin pour réaliser des mesures de différents paramètres de la réponse immunitaire au cours du développement tumoral. De plus, dans ce projet, nous avons besoin de mesurer différentes réactions du système immunitaire pendant un développement de tumeur, directement dans un organisme vivant. Cela s’explique par la complexité du système immunitaire, qui repose sur de nombreuses interactions entre différents types de cellules. Ces échanges sont essentiels au bon développement des réponses immunitaires et à leur capacité de réagir face à une tumeur. C’est pourquoi nous avons besoin d’un modèle vivant complet, comme la souris, pour pouvoir observer ces mécanismes dans leur ensemble, dans des conditions proches de la réalité. Les modèles alternatifs dans l’état actuel des connaissances ne permettent pas d’étudier les interactions complexes entre cellules immunitaires dans le développement tumoral du lymphome

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous ferons tout pour utiliser le moins d’animaux possible dans ce projet, tout en garantissant la qualité des résultats. Pour cela, nous travaillerons avec une souche de souris, qui a l’avantage de donner des résultats plus homogènes entre les individus. Cela nous permet de limiter le nombre de souris à 3 ou 10 par groupe, selon les expériences. Le nombre d’animaux a été déterminé à partir d’une approche statistique garantissant la fiabilité des résultats obtenu. Chaque expérience sera reproduite plusieurs fois (jusqu’à 2 fois), car la croissance des tumeurs peut varier d’une souris à l’autre. La stratégie expérimentale a été conçue afin de minimiser le nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la robustesse des résultats. Une approche progressive est mise en place, avec des phases d’optimisation en amont (procédures 1 à 4) permettant de définir précisément les conditions expérimentales (modalités de déplétion, doses, cinétiques), afin d’éviter la répétition d’expériences in vivo inutiles. De plus, si lors des expériences principales aucune différence n’est observée entre les groupes traités et les groupes témoins, nous pourrons réduire le nombre de répétitions pour ces derniers, ce qui contribuera encore à limiter l’utilisation d’animaux dans l’ensemble du projet. Enfin, la procédure 7 permettra d’évaluer une méthode alternative d’injection des cellules RMA-KR, visant à limiter la variabilité interindividuelle et à éviter les décès liés à la dissémination dans les organes vitaux observée avec l’injection intraveineuse, ce qui contribuerait à réduire le nombre de souris nécessaires pour de futurs expériences.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour limiter le stress des animaux, ils seront gardés tant que possible en groupes sociaux stables formés d’individus compatibles. Ils disposeront de matériel pour confectionner des nids et des dômes protecteurs. Pour les animaux provenant de fournisseurs, une période d’acclimatation de 10 jours minimum sera observée avant leur inclusion dans les procédures. Le poids, l’apparence et l’activité de l’animal seront observés quotidiennement. Des points limites définis et spécifiques ont été mis en place selon une grille de score. Si le score cumulé est considéré comme léger, aucune mesure ne sera prise témoignant de l’absence de souffrance. Si le score cumulé est considéré comme modéré alors des mesures correctives seront prises et seront adaptées à la situation (introduction d’enrichissement, surveillance accrue, mise à disposition de nourriture humidifiée ou gélifiée). Enfin, si le score cumulé est considéré comme sévère alors les animaux seront mis à mort. Pour l’administration du tamoxifène, nous privilégierons des méthodes douces, notamment l’administration transdermique. En cas d’échec, une administration par voie intragastrique sera effectuée par du personnel formé, dans le but de minimiser le stress pour les animaux. De même pour les injections intrapéritonéales, dans la veine caudale et l’injection intrasplénique.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est l’animal le plus adapté pour ce type d’étude, car elle se reproduit rapidement, sa taille est pratique pour la recherche, et son patrimoine génétique est bien connu. Cela nous permet de réaliser des manipulations précises, y compris avec des souris génétiquement modifiées, indispensables pour nos expériences. Le fonctionnement de l’organisme de la souris est assez proche de celui de l’humain, en particulier pour ce qui concerne le système immunitaire. Étudier la souris nous aide donc à mieux comprendre les mécanismes immunitaires chez l’homme. Nous utiliserons des souris des 2 sexes âgées de 7 à 30 semaines, car, à cet âge, leur système immunitaire est arrivé à maturité. Pour éviter les différences liées à l’âge au sein d’un même groupe, nous veillerons à ce que les souris d’un même groupe aient au maximum 2 semaines d’écart, ce qui garantit une meilleure fiabilité des résultats.