
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/08/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-983804)
Les souris utilisées sont génétiquement modifiées pour des gènes impliqués dans la réparation du foie, et une partie reçoit trois injections de tamoxifène pour marquer des lignées cellulaires. 5 761 souris vont être utilisées, une partie dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, les autres opérées sous anesthésie et tuées avant tout réveil. Une fibrose du foie leur est provoquée par trois injections hebdomadaires pendant quatre, six ou huit semaines, ou par un régime alimentaire spécifique sur la même durée, certaines subissant en plus une chirurgie de vingt à trente minutes. Toutes finissent sous anesthésie profonde, le foie perfusé et les organes prélevés, et le porteur compte parmi ses mesures pour limiter les effectifs le fait d' »éviter la production d’animaux inutiles » en planifiant les croisements.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies du foie représentent un enjeu majeur de santé publique, notamment dans les contextes de maladies chroniques qui peuvent conduire à une altération progressive du fonctionnement hépatique. Le foie possède normalement une capacité remarquable de régénération après une atteinte. Cependant, dans certaines situations pathologiques, ce processus est perturbé, entraînant une désorganisation du tissu hépatique et l’apparition de fibrose. Le bon fonctionnement du foie repose sur l’organisation coordonnée de différents types cellulaires. Parmi eux, les cellules endothéliales sinusoïdales du foie (LSEC) jouent un rôle important dans le maintien de l’architecture du tissu et dans la régulation des échanges au sein de l’organe. Des altérations de ces cellules sont observées dans différentes maladies hépatiques et pourraient contribuer à une régénération inefficace. Ce projet vise à mieux comprendre le rôle des LSEC dans les processus de régénération du foie et à analyser les modifications de ces cellules au cours de la maladie et lors de la phase de récupération. Il permettra également d’identifier les mécanismes qui favorisent ou limitent une régénération efficace, ainsi que les interactions entre les LSEC et les autres cellules du foie impliquées dans ces processus. À cette fin, des modèles expérimentaux chez la souris seront utilisés afin de reproduire différentes situations de maladie et de régénération hépatique. Ces approches permettront d’étudier les modifications du tissu hépatique et les mécanismes impliqués dans sa réparation.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les maladies du foie sont fréquentes et peuvent évoluer vers des formes sévères en l’absence d’une régénération efficace du tissu hépatique. Pourtant, les mécanismes qui contrôlent la réparation du foie restent encore partiellement compris, en particulier le rôle des cellules endothéliales sinusoïdales (LSEC) dans ces processus. Ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la régénération du foie et les altérations observées au cours des maladies hépatiques chroniques. Il contribuera notamment à préciser le rôle des LSEC dans l’organisation du tissu hépatique et dans la coordination des processus de réparation après une atteinte. À plus long terme, ces travaux pourraient contribuer à identifier de nouvelles pistes de recherche visant à améliorer la réparation du foie ou à limiter la progression des maladies hépatiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à différentes interventions dans le cadre du projet. Dans les expériences de traçage de lignée, les animaux recevront trois injections intrapéritonéales de tamoxifène (une injection par jour pendant trois jours consécutifs, durée
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Certaines procédures peuvent engendrer des effets indésirables modérés : altération progressive de l’état du foie dans les modèles de maladie hépatique, pouvant s’accompagner d’une fatigue modérée ou d’une modification de l’état général (modéré) ; douleur post-opératoire de courte durée liée aux interventions chirurgicales, prise en charge par une anesthésie et une analgésie adaptées (modéré). Les animaux sont surveillés régulièrement et des critères sont définis afin de permettre leur retrait de l’étude si nécessaire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À l’issue des procédures expérimentales, les animaux seront mis à mort afin de permettre la réalisation des analyses histologiques et moléculaires nécessaires au projet. Ces analyses, sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la régénération et les maladies du foie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de ce projet est d’évaluer différents aspects de la régénération hépatique et du rôle des cellules endothéliales sinusoïdales du foie dans la physiopathologie des maladies hépatiques, dans un contexte de remodelage tissulaire et d’interactions cellulaires complexes. Pour répondre à cette problématique, il sera utilisé des modèles de souris génétiquement modifiés pour des gènes impliqués dans ces processus, mais également des procédures d’induction de lésions hépatiques et de régénération. L’utilisation d’animaux vivants revêt donc un caractère de stricte nécessité avec le développement d’approches de physiologie intégrée. Le laboratoire est néanmoins conscient de l’aspect nécessaire de recourir à des méthodes alternatives quand cela est possible. Ainsi pour un certain nombre d’études cellulaires et moléculaires ne nécessitant pas de modèles animaux, nous utiliserons différents modèles cellulaires, notamment des cellules hépatiques primaires et des systèmes de culture en 3D, afin d’étudier les interactions intercellulaires impliquées dans la régénération du foie.
2. Réduction
Le nombre total d’animaux concernant l’ensemble des procédures du projet sur les 5 ans à venir est estimé à 5761. Cette utilisation permet de maximiser les données obtenues à partir de chaque animal, ce qui limite le recours à des animaux supplémentaires, sans compromettre le bien-être animal. La réduction du nombre d’animaux utilisés repose sur trois moyens principaux : 1. Optimisation des élevages : éviter la production d’animaux inutiles en planifiant les croisements génétiques de manière ciblée afin d’obtenir uniquement les génotypes nécessaires. 2. Optimisation des groupes expérimentaux : le nombre d’animaux par groupe est déterminé sur la base de l’expérience de l’équipe et de données disponibles, afin d’obtenir des résultats statistiquement robustes tout en respectant le principe des 3R. 3. Formation adéquate : assurer une bonne formation des personnes manipulant les animaux afin de maîtriser les gestes techniques, minimiser le stress des animaux et réduire la variabilité expérimentale. La maîtrise technique permet ainsi de limiter le nombre d’animaux nécessaires pour mettre en évidence un effet biologique. De plus, lorsque cela est possible, plusieurs analyses sont réalisées à partir d’un même animal, ce qui permet de limiter encore davantage le nombre total d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des conditions favorables à leur bien-être, incluant une température régulée à 22°C ± 2°C, 2 à 6 souris par cage, et une alternance lumière/obscurité de 12h/12h. Les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum, sauf dans les procédures impliquant un régime alimentaire expérimental. Le milieu est enrichi à l’aide d’abris et de matériaux de nidification permettant la confection de nids. Les animaux sont vérifiés quotidiennement et un suivi du bien-être animal est assuré par le personnel de l’animalerie. Lors de la mise sous régime alimentaire spécifique, une vigilance accrue est portée à l’état général des animaux ainsi qu’à la consommation alimentaire. L’utilisation de techniques adaptées, d’anesthésiques et d’analgésiques appropriés, ainsi que l’expérience du personnel manipulant les animaux, contribuent à réduire le stress et l’inconfort des animaux durant l’expérimentation. La définition précise de points limites précoces associés à chaque procédure, ainsi qu’une surveillance régulière pendant toute la durée du protocole, permettent de limiter l’apparition d’une souffrance ou d’une altération de l’état général des animaux. En cas d’atteinte de ces points limites, les animaux sont retirés de l’étude et mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris (Mus musculus) a été choisie comme espèce animale car elle constitue un modèle de référence largement utilisé en recherche biomédicale, avec une littérature scientifique abondante décrivant le fonctionnement du foie et de ses différents types cellulaires. Les cellules endothéliales sinusoïdales hépatiques (LSECs) de la souris présentent des caractéristiques morphologiques et fonctionnelles très proches de celles observées chez l’Homme, ce qui rend ce modèle particulièrement pertinent pour l’étude de ces cellules. À ce jour, il n’existe pas de modèles alternatifs permettant d’obtenir des LSECs fonctionnelles sans recourir à l’animal. Les souris seront utilisées à l’âge adulte (environ 8 semaines), âge auquel le foie est pleinement mature et présente une meilleure homogénéité physiologique. Cela permet d’obtenir des cellules primaires de qualité et de limiter la variabilité des résultats, contribuant ainsi à réduire le nombre d’animaux nécessaires.