
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-08-17 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-986684)
Mises à mort selon la présence d’un bouchon vaginal après accouplement, 75 des 90 souris femelles de ce projet servent à collecter des embryons aux premiers stades du développement, les 15 autres retournant à l’élevage pour maintenir la lignée. Elles reçoivent deux injections d’hormones espacées de 48 heures pour augmenter le nombre d’ovocytes produits, dans des procédures d’un niveau de souffrance léger. Le projet cherche à comprendre comment un ARN régulateur contrôle l’organisation de l’ADN entre la fécondation et l’implantation. Sur le remplacement, le porteur indique suivre les publications sur les embryoïdes et les blastoïdes, tout en affirmant que ces structures doivent être comparées à de « vrais embryons obtenus chez l’animal » pour être validées.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet consiste en la superovulation de souris femelles pour l’obtention après accouplement d’embryons. L’objectif scientifique est l’étude du rôle d’une enzyme au cours du développement embryonnaire précoce (entre la fécondation et l’implantation). La procédure de superovulation consiste en l’injection d’hormones et permet d’augmenter le nombre d’embryons obtenus par femelle. Nous cherchons à comprendre comment une molécule particulière d’ARN, qui ne sert pas à fabriquer une protéine mais joue un rôle de régulation, contrôle l’activité d’un gène qui intervient dans l’organisation de l’ADN à l’intérieur des cellules. Or, la façon dont l’ADN est organisé influence les gènes qui sont utilisés ou non-utilisés au cours du développement de l’embryon. Pour étudier ce phénomène, nous utiliserons des souris génétiquement modifiées qui ne possèdent plus cette molécule d’ARN régulatrice. En comparant ces souris à des souris normales, nous pourrons déterminer quel est le rôle de cet ARN dans le contrôle de l’expression du gène étudié. Nous analyserons notamment comment l’absence de cet ARN modifie l’organisation de l’ADN dans le noyau des cellules et l’activité des gènes lors des premières étapes du développement embryonnaire. Ces travaux permettront de mieux comprendre les mécanismes qui contrôlent l’expression des gènes au début de la vie et la manière dont les cellules acquièrent leur identité et leurs fonctions.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A court terme, la procédure de superovulation permet d’obtenir des embryons pour réaliser le projet scientifique Ce projet scientifique permettra d’améliorer de manière significative la compréhension des mécanismes fondamentaux du développement embryonnaire précoce, en particulier les processus qui contrôlent l’activité des gènes après la fécondation. Les connaissances générées contribueront à mieux comprendre comment l’activité des gènes est régulée au tout début du développement, notamment le rôle des modifications chimiques de l’ADN et de son organisation. À plus long terme, ces résultats pourront avoir des retombées dans le domaine des biotechnologies de la reproduction. Notamment, ils pourraient permettre l’amélioration des techniques de procréation médicalement assistée (PMA) grâce à une meilleure compréhension des premières étapes du développement embryonnaire. Enfin, ce projet participe à l’avancée des connaissances fondamentales en biologie du développement, constituant une base essentielle pour de futures applications biomédicales.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront deux injections de quelques secondes espacées de 48 heures afin de stimuler la production d’ovocytes. Cette procédure est couramment utilisée et entraîne une gêne et une douleur légères et transitoires.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les femelles subissent deux injections pour stimuler l’ovulation, induisant une gêne et d’une douleur très légère.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’euthanasie des femelles est nécessaire pour permettre la collecte des embryons à des stades précoces du développement. Seules les femelles avec un bouchon vaginal seront mises à mort. Les femelles sans bouchon vaginal après accouplement seront replacées dans l’élevage pour le maintien de la lignée.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Notre modèle biologique est l’embryon de souris, et il n’existe pas actuellement d’alternative équivalente en culture cellulaire. Des recherches sont en cours pour utiliser des cellules souches afin d’obtenir de structures ressemblant à des embryons (appelées « embryoïdes » ou « blastoïdes ») et nous suivons de près les publications de la littérature sur ce sujet. Cependant, ces modèles doivent être comparés à de vrais embryons obtenus chez l’animal pour être validés. D’autre part, ces modèles ressemblent à des embryons aux stades tardifs du développement, mais pas aux premiers stades plus précoces. Donc cela rend nécessaire l’utilisation d’embryons pour étudier ces étapes précoces.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été calculé pour être le plus faible possible tout en restant compatible avec : 1- la réalisation des différentes analyses cellulaires 2- l’utilisation de méthodes statistiques adaptées, permettant d’interpréter les résultats. Les femelles sont traitées pour augmenter le nombre d’embryons produits, ce qui permet de réduire le nombre total d’animaux nécessaires. Nous nous engageons également à améliorer en continu les techniques utilisées, en tenant compte des progrès technologiques, afin de réduire le nombre d’embryons nécessaires et donc le nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Les protocoles expérimentaux ont été conçus pour limiter au maximum le stress et prévenir toute souffrance chez les animaux : •les manipulations (notamment les injections) sont réalisées par du personnel formé, en utilisant des techniques adaptées pour réduire le stress (manipulation douce, rapide et maîtrisée). Le nombre de manipulations est limité au strict nécessaire ; •un suivi quotidien est assuré afin de détecter rapidement tout signe de douleur ou d’altération de l’état général. Ceci pourrait être due à une infection au point d’injection. Or, depuis 15 ans d’étude nécessitant des stimulations hormonales, ce cas ne s’est jamais présenté. Des points limites (modification du comportement, de l’activité ou de l’état général) sont définis pour permettre une intervention rapide. En cas de souffrance persistante ou importante, l’animal est retiré de l’étude et mis à mort sans délai ; •enfin, une attention particulière est portée à l’amélioration continue des pratiques afin de réduire encore l’impact des procédures sur les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle de référence pour l’étude du développement embryonnaire. La souris est un modèle d’étude particulièrement adapté car de nombreux mécanismes biologiques impliqués dans le développement de l’embryon sont très similaires chez tous les mammifères. Son développement embryonnaire est également très bien connu des scientifiques, ce qui permet de suivre avec précision les différentes étapes de la formation de l’embryon et de mieux comprendre les résultats obtenus. De plus, il existe des souris spécialement modifiées pour la recherche, ce qui permet d’étudier le rôle de gènes ou de molécules spécifiques dans des conditions contrôlées. À l’heure actuelle, ces recherches ne peuvent pas être réalisées de façon aussi complète avec des méthodes alternatives en laboratoire, car elles nécessitent d’observer les interactions complexes qui se produisent au sein d’un organisme vivant pendant les premières étapes du développement. Les animaux utilisés pour obtenir des embryons, et donc accouplés, sont des adultes (à partir de 6 semaines, âge auquel les femelles peuvent se reproduire). La période de fertilité optimale et de sensibilité à la stimulation hormonale est entre 6 et 12 semaines pour les souris. Nous nous placerons donc dans cette période afin d’optimiser le nombre de femelles utilisées par rapport au nombre d’embryons récoltés.