
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-08-26 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-038712)
Pour caractériser la génétique d’un troupeau laitier croisé et suivre un isotope de l’azote depuis l’alimentation jusqu’aux sols, 128 bovins sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les prises de sang à la veine caudale concernent au maximum 70 génisses sur cinq ans, et jusqu’à 114 vaches subissent un prélèvement de fèces par mois, dix mois par an, réalisé par fouille rectale quand elles ne défèquent pas spontanément, chaque contention durant cinq minutes au plus. Des prélèvements de poils par rasage de la queue et des collectes d’urine par massage de la zone entre la vulve et le pis complètent le dispositif. Le résumé indique que les bovins restent dans le troupeau après chaque procédure, alors que les données structurées de la déclaration ne comptent que 100 réutilisations sur 128 et rangent les 28 bovins restants parmi ceux qui sont mis à mort.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet vise à caractériser d’une part la génétique des vaches d’un système laitier agroécologique, et d’autre part d’étudier le potentiel d’un isotope naturel de l’azote à caractériser le cycle de l’azote dans ce système. Les objectifs généraux du système d’élevage sur lequel s’appuie ce projet sont de permettre aux éleveurs de vivre de leur système laitier dans un contexte de changement climatique, en économisant l’eau et l’énergie fossile, tout en contribuant à une agriculture durable, sur les plans économique, social et environnemental, et en favorisant le bien-être animal. La stratégie d’élevage a pour objectif de valoriser par le pâturage, les ressources fourragères diversifiées. Ainsi 2 périodes de vêlage, centrées sur les périodes de pousse de l’herbe (printemps et automne), ont été mises en place. La génétique des animaux a été diversifiée afin de produire du lait riche en matière utile, avec des vaches ayant de bonnes capacités de reproduction, moins sensibles aux maladies et bien adaptées au pâturage de ressources diversifiées. Pour cela, un croisement a été engagé entre 3 races aux complémentaires, la Holstein (bonne productrice), la Rouge Scandinave (fertile) et la Jersiaise (fertile, produisant un lait riche en matière utile et résistante à la chaleur). Par ailleurs, les lactations ont été allongées à 16 mois, avec un vêlage tous les 18 mois, alternativement au printemps et à l’automne pour chaque cohorte de naissance, afin d’allonger la carrière et la durée de vie productive des vaches. Les génisses vêlent à 2 ans pour limiter les périodes improductives. La caractérisation des animaux vise à mieux comprendre les liens entre leur génétique et leurs performances zootechniques ou leur santé, au sein d’un système agroécologique original et soumis à des canicules estivales de par sa localisation. Le second objectif du projet est d’évaluer l’utilisation d’une forme particulière de l’azote (un isotope) comme traceur pour suivre le devenir de cet élément dans le système d’élevage : depuis l’alimentation des vaches jusqu’aux déjections, aux effluents, au sol et aux plantes, afin de mieux comprendre la circulation et le recyclage de l’azote au sein de l’exploitation. Un meilleur recyclage de l’azote traduit une meilleure utilisation de cet élément au sein du système et permet de limiter les pertes vers l’environnement. Au niveau de l’animal, le suivi de ce traceur sera réalisé à partir d’échantillons de lait, de poils, d’urine et de fèces.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices globaux attendus du projet sont d’aider à accélérer et accompagner la transition agroécologique des élevages bovins laitiers soumis au changement climatique. La caractérisation de la génétique des animaux, associée aux données zootechniques, d’alimentation et sanitaires recueillies dans le cadre du suivi du troupeau, permettra d’étudier l’intérêt du croisement de race, du pâturage diversifié et des lactations allongées pour la santé des animaux, et leur capacité à produire du lait de qualité face aux aléas climatiques. Les résultats obtenus fourniront des recommandations concrètes (croisement de races, plan de vêlage, diversification de l’alimentation) pour accompagner la transition agroécologique des élevages bovins laitiers du principal bassin laitier français qui est situé au nord ouest de la France (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire) et subira des conditions climatiques similaires à celles du site d’étude d’ici une dizaine d’années. Dans le cadre du projet sur l’azote, les résultats serviront à mieux comprendre le devenir de l’azote dans les systèmes de polyculture-élevage et à déterminer les systèmes limitant les pertes d’azote vers l’environnement. Les résultats permettront de déterminer l’intérêt de doser l’isotope d’azote dans les poils des ruminants, comme indicateur rapide et non-invasif des pertes en azote du système d’élevage.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Durant les 5 années du projet, 1 prise de sang par animal et 1 prélèvement de fèces par mois et par animal auront lieu sur des animaux vigiles. Les prises de sang concerneront au maximum 70 génisses sur les 5 ans du projet (14 génisses par an), et la durée totale maximale d’une prise de sang sera de 5 minutes par animal, contention comprise. Les prélèvements de fèces concerneront au maximum 114 animaux sur les 5 ans du projet (12 vaches la première année puis au maximum 72 vaches pendant les 4 années suivantes, soit un total de 114 animaux différents sur les 5 ans, en prenant en compte l’entrée dans le troupeau laitier de 14 génisses maximum par an) avec 1 prélèvement par mois et par animal, au maximum 10 mois dans l’année. Dans les situations où les vaches ne défèqueraient pas spontanément, les prélèvements de fèces seront réalisés par fouille rectale. La durée totale maximale d’une fouille rectale sera de 5 minutes par animal, contention comprise. Sur ces 114 animaux, 56 pourront avoir une prise de sang durant les 5 ans du projet, en plus de la fouille rectale. Il s’agit des génisses entrant dans le troupeau laitier comme primipares à l’âge de 2 ans.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les prises de sang (à la veine caudale) nécessiteront une contention de courte durée (5 minutes maximum) et pourront causer un inconfort léger au niveau du site d’introduction de l’aiguille au moment du prélèvement ainsi qu’un stress ponctuel. Les prélèvements de fèces (par fouille rectale, dans les situations où les animaux ne défèquent pas spontanément lors des prélèvements) nécessiteront une contention de courte durée (5 minutes maximum) et pourront causer un inconfort léger pour les animaux au moment de la manipulation du prélèvement. Dans le cas des prélèvements de poils (par rasage sur la queue), un inconfort très léger et bref lié au passage de la tondeuse est possible, la contention est limitée à 5 minutes au maximum. La collecte d’urine (par stimulation de la miction en massant la zone entre la vulve et le pis) nécessite une contention de courte durée (5 minutes maximum), il pourrait être ressenti un inconfort très léger et de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin du projet, le troupeau d’OasYs constitué de 72 vaches laitières et 28 génisses poursuivra l’expérimentation système. Les animaux restent dans le troupeau après chaque procédure car il s’agit d’une expérimentation système menée à l’échelle de la ferme et sur le long-terme, et les nuisances prévues pour les animaux sont très légères.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’expérimentation visant à fournir des solutions agroécologiques pour l’élevage bovin laitier en évaluant les performances d’un système mis en place grandeur nature, il n’est pas possible de remplacer les animaux par des études en laboratoire ou avec des modèles.
2. Réduction
Les prises de sang visent à caractériser la génétique de toutes les génisses entrant chaque année (14 animaux au maximum) dans le troupeau laitier du système d’élevage étudié. L’objectif est de documenter à terme tout le troupeau laitier, afin de pouvoir établir des liens entre les différents types de croisement et les performances zootechniques, la santé et l’alimentation des animaux. Cet effectif de génisses qui renouvelle le troupeau est limité au maximum en allongeant autant que possible la carrière des vaches. Ce sont entre 9 et 14 génisses qui entrent chaque année dans le troupeau laitier en fonction de la réussite à la reproduction des vaches. Le troupeau laitier est constitué d’un lot de 72 vaches laitières combinant en 2026, 9 types de croisement génétique sur 5 générations, des nombres de lactation allant de 1 à 6, et 3 niveaux de lactation (en lien avec les 2 périodes de vêlage et l’allongement des lactations). Il n’est donc pas possible de réduire davantage l’effectif si l’on veut pouvoir étudier l’interaction entre tous ces facteurs. Par ailleurs, l’effectif du troupeau laitier (72 vaches) correspond à celui classiquement présent dans les élevages de la région. Dans le cadre de l’expérimentation sur l’azote qui utilise les animaux du système d’élevage étudié, le nombre d’animaux considérés sera dans un premier temps réduit à 12 vaches laitières pour les prélèvements de fèces. Si les dosages de l’isotope de l’azote montrent des différences entre type de croisement ou nombre de lactation, c’est tout le troupeau qui pourra être prélevé durant la durée du projet.
3. Raffinement
Nous indiquons ici à la fois le raffinement mis en place globalement sur le troupeau du système étudié et celui lié plus spécifiquement au projet d’étude génétique et du cycle de l’azote. De nombreux leviers ont été mis en place sur le troupeau du système étudié pour favoriser le bien-être animal. En premier lieu, les animaux sont maintenus en groupe social avec un lot de vaches laitières, un lot de petites génisses et un lot de génisses et vaches taries. De plus, les animaux disposent d’une alimentation avec des fourrages diversifiés que ce soit à l’auge ou au pâturage, qui leur permet d’exprimer leurs choix alimentaires, leur curiosité et de satisfaire leur envie de diversité alimentaire. Par ailleurs, les vaches sortent pâturer en moyenne 300 jours par an, ce qui leur permet d’exprimer leur comportement naturel en matière d’alimentation, de couchage et d’interaction avec leurs congénères. Le faible taux de chargement, limité à environ 1 vache/ha contre plus de 2 vaches/ha dans les systèmes classiques, permet de limiter la compétition alimentaire entre les animaux. La diversification au pâturage repose à la fois sur des prairies et des couverts herbacés diversifiés, mais également sur des arbres, arbustes ou lianes fourragères, contre lesquels les animaux peuvent aussi se frotter ou qui peuvent leur servir d’ombrage. En été, lorsque les températures dépassent 30°C, les vaches restent à l’étable durant la journée, puis si les températures extérieures sont plus clémentes que celles à l’intérieur des bâtiments, elles sortent pâturer en fin de journée et jusqu’à la traite du matin. Toutes les parcelles sont bordées de haies qui peuvent servir d’abri en cas d’intempérie. Les animaux ont un accès permanent à l’eau que ce soit à l’étable ou au pâturage. Enfin l’étable est munie de brosses et les logettes comportent des tapis avec de la sciure. L’ensemble des prélèvements du projet (sang, poils, fèces, urines) est réalisé en cage de contention. Lors de ces prélèvements, l’animal reste au maximum 5 minutes dans la cage de contention. Les animaux sont habitués à passer dans la cage de contention car ils y sont pesés tous les mois. Les prélèvements de fèces ne seront réalisés par fouille rectale que si les animaux ne défèquent pas spontanément. Les animaux sont par ailleurs habitués aux animaliers qui s’en occupent quotidiennement, pour leur alimentation ou pour la traite.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous travaillons directement sur l’espèce animale d’élevage (bovins laitiers) répondant à notre question scientifique et aux attentes des éleveurs et éleveuses. L’expérimentation est réalisée à l’échelle de la ferme et elle comporte pour cela des animaux de leur naissance à leur réforme. Cela permet d’étudier le fonctionnement et de fournir des résultats sur un système bovin laitier en prenant en compte toute la durée de vie des vaches laitières. Cela permet également de pouvoir comparer les résultats à ceux obtenus sur des fermes commerciales. Les prises de sang sont réalisées sur des génisses entre 6 et 15 mois, afin de conserver leur génétique rapidement et avant une sortie anticipée du troupeau qui pourrait survenir suite à d’éventuels problèmes de santé. Les fouilles rectales sont réalisées sur des vaches ayant vêlé afin de faire un lien entre alimentation ou conditions environnementales et production laitière.