Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

L’usage attendu des résultats vise les éleveurs de la filière équine, à qui le porteur veut adresser des recommandations pour optimiser la santé cardiovasculaire des juments et les performances athlétiques de leurs poulains. 144 équidés, juments et poulains, sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque jument subit douze prises de sang pendant sa gestation, deux tests de tolérance au glucose de quatre heures, deux tests d’effort à la longe aux trois allures et six prélèvements de lait précédés de deux heures pendant lesquelles son poulain ne peut pas téter, et chaque poulain dix-huit prises de sang de sa naissance à ses 18 mois. Aucun n’est tué à l’issue, 90 sont réutilisés dans d’autres procédures et 54 adoptés, la répartition étant décidée en fonction des « besoins en animaux de la structure », écrit le porteur.

NTS-FR-106949v1
Types de recherche
· Alimentation animale · Maladies animales · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Gestation, Métabolisme, Fonction cardio-vasculaire, Ostéochondrose, DOHaD
Équidés : 144

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les chevaux obèses peuvent représenter jusqu’à 45% des populations équines. L’obésité est associée à de nombreuses maladies (fourbure, syndrome métabolique équin, etc.). Les chevaux d’élevage semblent les plus sujets à l’obésité. Ainsi, nombre de juments mises à la reproduction sont concernées par cette problématique. Or, il a été démontré que l’obésité maternelle entraîne des altérations du développement et de la santé de la descendance. Il a été mis en évidence que les juments obèses présentent des altérations du métabolisme glucidique et une inflammation globale plus importante. Ces paramètres sont des facteurs prédisposants de maladies. Leurs poulains sont également plus résistants à l’insuline et présentent une inflammation systémique plus importante. Les poulains issus de juments obèses présentent plus de lésions d’ostéochondrose. Les juments obèses produisaient du lait moins riche en acides gras oméga-3 et plus riche en oméga-6. Ce profil pro-inflammatoire et les altérations du métabolisme glucidique sont associés à des altérations de la fonction cardiovasculaire chez le cheval adulte. Il a été observé que la composition en acides gras du sang des poulains nés de juments non obèses s’éloignait de celle du lait maternel au cours du temps. Au contraire, la composition en acides gras du sang des poulains nés de juments obèses reste proche de la composition du lait maternel. Cette disparité peut être le reflet d’un comportement alimentaire différent.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet nous permettra d’informer les communautés scientifiques et vétérinaires, mais surtout les éleveurs, sur les effets délétères de l’obésité maternelle sur la santé de la jument ainsi que sur le développement de la descendance. Nous pourrons ainsi émettre des recommandations en direction des éleveurs permettant de prévenir ces effets sur le futur poulain dans une optique d’amélioration du bien-être animal de la jument gestante et du futur cheval athlète. Ces changements de pratiques peuvent paraître négligeables au jour le jour mais auront un impact positif non négligeable sur l’ensemble de la filière s’ils sont suivis par le plus grand nombre. Ces recommandations permettront d’aider la filière équine a (1) optimiser la santé cardiovasculaire de la jument, qui va en général avoir plusieurs poulains dans sa carrière et reste donc un temps significatif de sa vie gestante, (2) optimiser la fonction cardiovasculaire du poulain durant sa croissance mais également à l’âge adulte, ce qui peut directement impacter ses performances athlétiques. De plus, nous avons à cœur d’identifier des biomarqueurs précoces du développement post-natal afin d’aider les vétérinaires et les éleveurs à pouvoir réagir rapidement avant même la naissance du poulain. Pour cela, nous étudions (1) le placenta, organe éliminé naturellement au moment du poulinage, qui est un marqueur particulièrement pertinent de ce qu’il s’est passé durant la gestation. L’étude de cet organe, en plus des autres paramètres maternels, nous permet de mieux comprendre les mécanismes in utero de la programmation développementale associée à l’obésité maternelle, et ainsi de pouvoir cibler les paramètres maternels à améliorer, (2) les vésicules extracellulaires sont produites par tous les organes de l’organisme, qu’ils soient d’origine maternelle ou placentaire par exemple et exportés dans la circulation systémique. Ce sont ainsi des messagers en temps réel du fonctionnement des organes maternels et foetaux à ne pas négliger. Notre objectif est donc de pouvoir identifier des biomarqueurs précoces reflétant la santé maternelle et prédisant la fonction des différents paramètres étudiés chez le poulain après sa naissance, dans l’objectif à plus long terme de pouvoir les utiliser sur le terrain. L’usage de ces marqueurs peu invasifs permettra ainsi d’outiller les différents acteurs de la filière pour réaliser des choix pertinents concernant la gestion des animaux à l’élevage.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les juments et les poulains seront soumis à des prises de sang. Pour les juments, 12 prises de sang (1x/mois jusqu’au 10ème mois de gestation puis une 15 jours avant la mise bas) auront lieu au cours de la gestation (27 mL répartis en 3 tubes, 1 à 2 minutes par prise de sang). Pour les poulains, 18 prises de sang auront lieu (1x/mois de 0 à 18 mois). Les premières prises de sang pourront prendre un peu plus de temps que pour les juments puisqu’une contention légère sera appliquée. Néanmoins, le temps de prélèvement n’excèdera pas 4 minutes. Des tests de tolérance au glucose, intégrant des prises de sang sériées seront réalisées sur les juments (2 au cours de la gestation) et les poulains (3 au cours de la croissance). Ces tests représentent 13 prises de sang (soient 117mL de sang). Des cathéters seront posés afin de limiter les interventions. L’ensemble de la procédure durera 4h. Des tests d’effort seront aussi mis en place (2 pour les juments, 3 pour les poulains). Pour chacun des tests, les animaux seront longés pendant 7 minutes aux trois allures (pas, trot puis galop) et trois prises de sang (15 mL au total) seront réalisées avant le test puis 10 et 30 minutes après le test. Au cours de cette procédure les animaux seront équipés d’un cardiofréquence mètre et une échographie Doppler du coeur et d’une artère palmaire sera réalisée avant le test puis après le test. Ces tests sont réalisés en externes et sont donc non-invasif. Des prélèvements de lait auront lieu sur les juments 3, 30, 60, 90, 120 et 150j après le poulinage. La procédure durera environ 2h comprenant une phase d’empêchement de la tétée (2h) et une phase de prélèvement (3 à 4 minutes) avec un volume de lait prélevé compris entre 50 et 500mL en fonction de l’individu. Pour ce prélèvement, un tire-lait manuel sera utilisé et la jument son poulain ne seront pas séparés au cours de la procédure.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Un protocole traitant de certains effets de l’obésité maternelle sur la descendance a déjà été mis en œuvre avec succès sur le site expérimental. Son applicabilité logistique et zootechnique est donc assurée. Cette expérience passée nous permet de savoir qu’aucune nuisance ou effet indésirable sur les animaux ne surviendra au cours de l’expérimentation. Les aspects cardiovasculaires n’ayant pas été étudiés précédemment, cette nouvelle phase animale a lieu. Un léger stress pourra survenir dans le cas de jeunes juments encore non accoutumées à la traite notamment. Pour les poulains, un stress peut être induit par la contention nécessaire lors des mesures de croissance. Néanmoins, l’ensemble des interventions du projet sont de classe « légère » et seront effectuées par les personnels formés, expérimentés et connus par les animaux. Les raffinements nécessaires sont apportés vis-à-vis de ces procédures.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Le projet comporte deux procédures de classe légère l’une concernant les juments et la seconde concernant les poulains. Dans les deux cas, aucune conséquence à court, moyen ou long termes des procédures n’est à attendre. Les animaux maintenus en vie pourront être réutilisés dans le cadre de procédures légères ou adoptés. La réutilisation ou l’adoption seront décidées en fonction des besoins en animaux de la structure en accord avec la SBEA.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Afin de comprendre et caractériser les conséquences d’une obésité maternelle sur la santé de la jument et de son poulain, une approche in vivo est nécessaire. En effet, les paramètres observés mettent en jeu des réponses systémiques complexes. En outre, nous cherchons à savoir si des effets observés précédemment sur d’autres modèles (rongeurs, ruminants, humains) sont aussi détectables chez le cheval. Bien qu’étant aussi un mammifère, le temps de gestation, le type de placentation et/ou l’alimentation sont différents des autres modèles étudiés.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de juments incluses dans cette étude est le nombre minimum qui permettra d’obtenir des résultats statistiquement fiables. Des groupes plus réduits mèneraient à une absence réprésentativité de la différence inter-individuelle, élevée pour certains des paramètres étudiés (composition du lait par exemple). Ce nombre nous permettra aussi de tenir compte de plusieurs différences inter-individuelles comme la parité, l’âge des juments étudiées ou le sexe des poulains. En effet, il est nécessaire de prendre en compte ces éléments dans la composition des groupes étudiés puisque de précédentes études ont montré leur impact sur certains paramètres étudiés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’ensemble des manipulations seront réalisées par des personnels formés et connus des animaux. Lors de l’insémination, les juments seront logées en groupe au pâturage suivant un système de pâturage tournant permettant un accès ad libitum à l’herbe. A partir du 4ème mois de gestation, les juments seront hébergées en boxes individuels de 16m². Elles seront sorties en groupe au paddock a minima tous les deux jours. Quel que soit l’hébergement, l’ensemble des animaux seront suivis bi-quotidiennement, permettant de détecter précocement tout problème de santé pouvant survenir. Seront notamment surveillés d’éventuelles modifications de l’état général ou du comportement (e.g. agressivité ou refus d’interaction avec les autres chevaux et l’homme, isolement social, abattement), une perte d’appétit, la locomotion et l’intégrité physique générale. Tout animal présentant un trouble de santé sera soigné en fonction de sa pathologie. Au besoin, le vétérinaire référent de l’élevage sera consulté pour la mise en place d’un traitement. En fonction de la pathologie l’individu pourra être retiré de l’étude. Une surveillance accrue sera mise en place lors des poulinages. L’ensemble des boxes seront placés sous vidéo-surveillance et les juments seront équipée d’un dispositif permettant de détecter l’imminence de la mise bas. Une personne qualifiée sera d’astreinte sur place pour toute la durée de la saison de poulinage, permettant une réaction rapide si une aide s’avérait nécessaire. Les cas plus complexes seront remontés au vétérinaire praticien de l’élevage. Pour toutes les manipulations pouvant générer un stress lorsque non connues des animaux, comme la traite par exemple, des phases d’habituation seront mises en place. Si certains animaux ne parviennent pas à se familiariser avec la procédure, avec un niveau de stress trop important et/ou une mise en danger de l’individu lui-même ou du manipulateur, l’animal ne sera pas soumis à la procédure en question mais pourra être maintenu dans l’étude pour la collection des autres données.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le projet traite des spécificités des effets de l’obésité maternelle sur la jument et le poulain vis-à-vis de la fonction cardiovasculaire et de l’apprentissage. Les interactions au sein du couple mère-jeune sont directement liées à la production et à la valorisation de chevaux en bonne santé et performant. Les chevaux d’élevage étant touché de manière prédominante par l’obésité au sein de l’espèce équine, il est important d’acquérir des connaissances pour pouvoir ensuite communiquer sur les bonnes pratiques auprès des professionnels de la filière. Du fait des spécificités de l’espèce, les tests menés dans ce projet doivent être réalisés sur l’espèce cible. Nous utiliserons des animaux adultes pour une part importante de l’expérimentation, soient des juments qui pourront être mises à la reproduction et pouliner sans risque puis élever leurs jeunes jusqu’au sevrage. Des mesures seront aussi réalisées sur leurs poulains, de leur naissance jusqu’à leurs 18 mois.