
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-09-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-180574)
Deux interventions endoscopiques de trois heures sous anesthésie générale, à un mois d’intervalle, puis un contrôle par endoscopie et scanner tous les quinze jours sous anesthésie jusqu’à huit semaines après l’opération : cinq cochons de 30 à 50 kg subissent des procédures d’un niveau de souffrance modéré. Le dispositif testé est un implant magnétique destiné à maintenir ouverte une couture entre deux segments du tube digestif, et le porteur prévoit qu’il ressorte dans les selles après plusieurs semaines. Les effets annoncés vont du vertige au réveil aux nausées et à la baisse d’appétit, avec une douleur transitoire si la pose oblige à ouvrir la paroi abdominale. Tous les cinq sont tués en fin de procédure pour prélever des organes et pratiquer des analyses histologiques, quatre servant à la preuve de concept et le cinquième étant prévu « en back up » par le porteur.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les anastomoses digestives sont des communications entre des structures tubulaires ou cavitaires qui ouvrent un passage à des fluides (aliments, bile…). Elles sont indiquées quand il s’agit de rétablir le transit alimentaire (après résection d’un segment malade, d’une tumeur), de court-circuiter une zone pathologique ou obstructive, de dériver ou de drainer des flux. Une anastomose peut être réalisée chirurgicalement à l’aide de sutures, d’agrafes ou de techniques innovantes de compressions pariétales (ie qui rapprochent et maintiennent les parois du tube digestif l’une contre l’autre pour créer une connexion entre elles). Une des problématiques liées aux anastomoses est leur tendance à rétrécir, suite au processus de cicatrisation, et conduire à une sténose avec diminution du diamètre utile. L’objectif de ce projet est d’évaluer la faisabilité, la sécurité et les performances d’un nouveau dispositif médical qui permettrait de traiter les anastomoses par voie endoscopique pour maintenir un calibre fonctionnel suffisant dans le temps. Cette approche pourrait représenter une alternative mini-invasive aux traitements chirurgicaux conventionnels lorsqu’une augmentation du diamètre anastomotique est nécessaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats attendus permettront d’obtenir des données précliniques essentielles concernant la faisabilité technique de la procédure endoscopique,, la tolérance du dispositif, la qualité de la cicatrisation tissulaire ainsi que la perméabilité de l’anastomose obtenue après traitement. À plus long terme, le développement de cette approche mini-invasive pourrait offrir une alternative aux traitements chirurgicaux plus invasifs chez les patients nécessitant une révision ou un élargissement d’une anastomose gastro-jéjunale. Une telle stratégie pourrait contribuer à réduire la morbidité associée aux reprises chirurgicales, la durée d’hospitalisation, le délai de récupération des patients, ainsi que les coûts associés.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à deux interventions chirurgicales, à un mois d’intervalle, réalisées par voie endoscopique sous anesthésie générale d’une durée de 3 heures. Des examens non invasifs de contrôle (endoscopie et scanner) seront réalisés tous les 15 jours sous anesthésie générale (1 heure), jusqu’à 8 semaines post opératoire. Une prise de sang pourra être réalisée à la faveur des anesthésies de contrôle pour un bilan biologique.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables de la procédure sont liés à l’anesthésie (stress lors de l’injection intramusculaire, Vertige au réveil) et à l’intervention par voie endoscopique (nausées, diminution de l’appétit, modification du transit intestinal). Dans le cas où une incision de la paroi abdominale (laparotomie) serait nécessaire pour aider à la réussite de la procédure endoscopique: douleur transitoire au niveau de la cicatrice, baisse d’activité et éventuel manque d’appétit sur quelques jours pouvant impacter la courbe de croissance.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort en fin de procédure pour la réalisation de prélèvements d’organes et d’analyses histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le système testé est destiné à maintenir une anastomose digestive ouverte. Le système testé est destiné à maintenir une anastomose digestive ouverte. Des essais sur banc (forces, déploiement, durabilité, fatigue) ainsi que des tests sur tissus ex vivo ont été réalisés au préalable afin de contrôler, entre autres : – la force entre les aimants : mesure de traction avec un dynamomètre, courbe force/distance, influence de l’épaisseur des tissus interposés, variabilité inter-dispositifs… – le déploiement du dispositif : force maximale, fluidité du mécanisme, absence de blocage, compatibilité avec les différents endoscopes, passage dans le canal opérateur… – la navigation endoscopique, la précision de positionnement, la reproductibilité sur simulateur anatomique (tube digestif de porc). Mais les études ex-vivo ne suffisent pas pour recréer l’environnement biologique exact et valider la performance et la sécurité des systèmes avant leur utilisation chez les patients. Le comportement du tissu digestif est très complexe in vivo, il réagit différemment au niveau fonctionnel (présence de contenu gastrique, élasticité, péristaltisme, réaction inflammatoire…). De plus, l’évaluation du processus de cicatrisation nécessite un organisme vivant intégré pour suivre l’évolution des tissus et la libération progressive du dispositif, attendue après plusieurs semaines dans les selles.
2. Réduction
Il s’agit d’une preuve de concept pour démontrer la faisabilité de pose du dispositif par voie endoscopique, sa sécurité et son efficacité. Un effectif réduit à 4 animaux permet de tester nos objectifs (réussite de pose du système, taille de l’anastomose, cicatrisation…). Considérant la variabilité interindividuelle de la physiologie digestive, c’est l’effectif minimum requis pour confirmer les résultats et valider les améliorations du prototype. Un animal supplémentaire est prévu en back up, il ne sera utilisé qu’en cas de complications compromettant l’implantation du dispositif et l’obtention de résultats exploitables.
3. Raffinement
Les porcs sont hébergés en groupe social, dans des box enrichis de jouets favorisant leurs comportements naturels comme le fouissage et mâchouillement, avec une période d’acclimatation à leur nouvel environnement. Ils reçoivent de l’eau ad libitum et une alimentation adaptée à leurs besoins. Ils sont familiarisés au contact avec les manipulateurs par renforcement positif avec distribution de récompenses. Les procédures chirurgicales sont réalisées sous anesthésie générale par voie endoscopique, technique mini invasive d’accès par les orifices naturels, avec thermorégulation, couverture antalgique et monitoring des fonctions vitales. Un médecin expert en echo-endoscopie réalise les gestes spécifiques liés au déploiement et à l’utilisation du dispositif médical testé. Au réveil de l’anesthésie, les animaux sont étroitement surveillés pour détecter tout signe de douleur éventuelle ou de complication. Une alimentation complémentaire liquide appétente (parfum fraise) est proposée pour préparer le tube digestif à l’examen gastroscopique. Une vidéosurveillance 24h/24 permet un suivi visuel des comportements en animalerie et une intervention rapide du vétérinaire en cas d’anomalie. Une grille d’évaluation de la douleur est établie avec la conduite à tenir. Des points limites sont définis pour arrêter la procédure et éviter toute souffrance inutile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le porc est monogastrique, son tube digestif présente de nombreuses similitudes avec l’anatomie humaine. Des porcs charcutiers juvéniles de 30 et 50 Kg seront utilisés. A ce stade, les interventions endoscopiques peuvent être réalisées dans les mêmes conditions que chez le patient (taille des instruments, volumes des segments digestifs, voies d’abord, ergonomie, orientation…).