Revue de presse de l’expérimentation animale, du 10 au 16 octobre 2026

Quatorze personnes mises en cause pour des tests sur des beagles, une pétition à Berlin

Revue de la semaine, du 10 au 16 octobre 2026.

À Vérone, une enquête met en cause quatorze personnes, dont des vétérinaires chargés du contrôle, pour des tests présumés hors protocole sur des beagles. En Inde, un projet ouvrirait l’expérimentation animale, par exception, aux animaux sauvages et errants, et à Berlin, des députés entendent une pétition de 84 000 signatures.

Contrôles, manquements et sanctions : à Vérone, une enquête met en cause quatorze personnes pour des tests sur des beagles

En Italie, des beagles auraient subi des tests hors des protocoles autorisés par le ministère, et des vétérinaires chargés du contrôle sont mis en cause.

Après une plainte de la Lega Anti Vivisezione (LAV), association italienne contre l’expérimentation animale, les carabiniers ont enquêté près de deux ans sur Aptuit, présentée par la presse comme une multinationale pharmaceutique (TG Verona). L’enquête, coordonnée par le parquet de Vérone, a conduit à signaler quatorze personnes à la justice, selon le site animalier Wamiz. Parmi elles figurent des dirigeants de l’entreprise et des vétérinaires de l’autorité sanitaire locale, accusés d’avoir falsifié des procès-verbaux d’inspection. Des chiens seraient morts pendant les tests, sans que leur nombre soit donné, et les dix-sept beagles trouvés vivants ont tous été adoptés, selon la LAV. Aptuit rejette les accusations, et affirme que les inspections à Vérone lui ont toujours été favorables.

Mise en perspective. Aptuit invoque des inspections toujours favorables, alors que l’enquête accuse des vétérinaires de l’autorité sanitaire d’avoir falsifié les procès-verbaux de ces inspections. Si les accusations se confirment, ces contrôles favorables ne prouveraient donc pas que les beagles ont été traités comme le prévoyait l’autorisation des tests.

Décisions politiques et réglementaires : l’Inde ouvrirait les expériences aux animaux sauvages et errants, par exception

En Inde, un projet de règles permettrait d’utiliser dans des expériences, par exception, des animaux sauvages, protégés ou errants.

Le comité indien de contrôle et de supervision des expériences sur les animaux (CCSEA) a publié ce projet le mercredi 30 septembre, et reçoit les objections pendant trente jours, soit jusqu’à la fin octobre, rapportent Hindustan Times et CNBC TV18. Des animaux protégés pourraient être utilisés quand une autre espèce ne permet pas d’atteindre l’objectif, et des animaux errants pour des études jugées essentielles. Les singes resteraient permis sous conditions, par exemple pour des maladies humaines graves, et des animaux d’élevage, des poissons et des oiseaux pourraient être achetés sur les marchés. Pour Gauri Maulekhi, de l’association People for Animals, ces exceptions sont floues.

Mise en perspective. Le projet inscrit les 3R, qui demandent de remplacer les animaux, d’en utiliser moins et de réduire leurs souffrances, et il interdit les douleurs sévères qui dureraient sans pouvoir être soulagées. Mais les exceptions qu’il ouvre aux animaux sauvages, protégés ou errants portent toutes sur le but de l’expérience, selon Hindustan Times, et aucune sur ce qu’elle ferait subir à ces animaux.

Mobilisations : 84 000 signataires demandent aux députés allemands de renoncer à une loi à part sur l’expérimentation animale

En Allemagne, des associations craignent qu’une loi séparée protège moins bien les animaux utilisés dans les laboratoires que les autres.

Le lundi 12 octobre, la commission des pétitions du Bundestag, le Parlement allemand, a entendu une coalition de dix associations, selon leur communiqué. Leur pétition, signée par plus de 84 000 personnes, demande que les règles de l’expérimentation animale restent dans la loi sur la protection des animaux, au lieu de passer dans la loi à part que prépare le gouvernement. La coalition craint que cette loi allège l’examen des demandes d’autorisation, qui doit vérifier, selon elle, si chaque expérience est indispensable et si une méthode non animale existe. Selon elle, le ministère de la Recherche a maintenu pendant l’audition que les expériences sur des animaux restaient nécessaires dans tous les domaines, et le resteraient. La commission doit encore délibérer.

Mise en perspective. Selon la coalition, le ministère de la Recherche juge les expériences sur des animaux nécessaires partout et pour l’avenir. Il répond ainsi oui, avant tout examen, à la question que l’administration doit poser à chaque demande : cette expérience est-elle indispensable ?

Chiffres : à Lausanne, moins d’animaux utilisés en 2025, et 62 % des souris élevées ou importées non utilisées

À l’université de Lausanne, le nombre d’animaux utilisés baisse, et près de deux souris élevées ou importées sur trois n’ont pas été utilisées.

La faculté de biologie et de médecine publie le bilan 2025 de l’université et du Centre hospitalier universitaire vaudois. Les deux établissements ont utilisé 48 042 animaux, dont 88 % de souris, leur plus bas total en neuf ans si l’on excepte 2020, année de la pandémie. Environ 2 900 de ces animaux, 6 %, ont subi des contraintes du degré 3, le plus sévère, une part en baisse selon la faculté. Leurs animaleries ont aussi élevé ou importé 111 906 souris, dont 38 % ont été utilisées, ce que Laure Seriot, directrice de l’expérimentation animale de la faculté, présente comme un progrès de « l’efficacité » des élevages. Pour les autres, environ 69 400 souris d’après ces chiffres, la page parle d’animaux qui « ne pourront finalement pas être utilisés ».

Mise en perspective. La faculté met en avant son plus bas total, 48 042 animaux utilisés. Les souris élevées ou importées sans être utilisées sont pourtant plus nombreuses, environ 69 400, et le bilan, qui en donne la part, ne dit pas ce qu’elles deviennent.

Méthodes non animales : les NIH versent 8 millions de dollars pour un centre qui évaluera des méthodes non animales, en Alabama

Aux États-Unis et aux Pays-Bas, des organismes financent les étapes qui font accepter une méthode non animale par les autorités.

Southern Research, organisme de recherche à but non lucratif de l’Alabama, annonce dans un communiqué du lundi 12 octobre qu’il reçoit 8 millions de dollars des instituts nationaux de santé étatsuniens (NIH). Il construira THRIVE, un centre où des méthodes non animales seront évaluées et comparées aux données humaines et animales existantes, sans calendrier annoncé. À l’université d’Utrecht, Anne Kienhuis occupe depuis janvier une chaire de toxicologie financée par l’institut néerlandais de santé publique et par Proefdiervrij, association opposée à l’expérimentation animale, qui publie son entretien. Elle veut que ces méthodes soient reconnues et utilisées dans l’évaluation des risques.

Mise en perspective. THRIVE comparera les méthodes non animales aux données tirées d’animaux, et l’entretien d’Anne Kienhuis rappelle que l’évaluation de la sécurité prend encore les expériences sur des animaux pour référence. Ces méthodes restent ainsi jugées, en partie, sur leur capacité à donner les mêmes résultats que les expériences sur des animaux qu’elles doivent remplacer.

Élevages : des chats de Marshall BioResources suivis jusqu’aux laboratoires, selon une association

Selon une association étatsunienne, des chats élevés par Marshall BioResources ont eu la moelle épinière lésée ou sectionnée dans des laboratoires financés par l’argent public.

L’association White Coat Waste Project, qui combat le financement public de l’expérimentation animale, a suivi des chats vendus par Marshall BioResources, qu’elle présente comme le plus grand éleveur de chats pour les laboratoires du pays. À l’université de l’Alabama à Birmingham, des chats ont eu les nerfs de la colonne exposés, puis ont été tués sans être réveillés de leur anesthésie, dans des travaux financés par 6,8 millions de dollars de subventions des NIH. Au centre des anciens combattants de Cleveland, des chatons ont eu la moelle épinière sectionnée et des électrodes posées sur la vessie, et à Los Angeles, d’autres ont eu des électrodes vissées au crâne. La page situe en 2021 la fin des expériences de Los Angeles, et certains des chats qu’elle cite sont nés en 2020. Elle ne donne la réponse ni de l’éleveur ni des laboratoires.

En bref

  • Ontario. Le laboratoire privé Nucro-Technics, à Toronto, demande à un tribunal d’annuler la loi qui interdira en 2027 la recherche médicale invasive sur des chiens et des chats, et l’association Animal Justice veut intervenir pour la défendre.
  • Corée du Sud. Selon la chaîne SBS, un rapport d’expérience sur des hamsters, commandé en 2021 par le fondateur de l’entreprise Genexine, a été remis au ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments réduit de 17 à 6 pages. Les lésions pulmonaires observées en avaient disparu, et l’essai chez des humains a été autorisé sur cette version.
  • Suisse. La Ligue suisse contre l’expérimentation animale annonce une table ronde le lundi 26 octobre à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où un projet soumet des rats au test de nage forcée. Placés dans l’eau, ces rats doivent nager pour ne pas se noyer (LSCV).
  • États-Unis. La National Anti-Vivisection Society appelle à soutenir le COMPACT Act, qui interdirait de financer par des fonds fédéraux la recherche biomédicale sur des chiens et des chats. Elle cite 42 026 chiens et 12 632 chats détenus en laboratoire en 2025 (PR Newswire).