
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/04/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-005736)
100 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Une inflammation est déclenchée chez elles, aiguë par injection de lipopolysaccharide ou chronique par des anticorps anti-collagène, puis elles reçoivent chaque jour de la curcumine ou de l’amarante, avec des prélèvements sanguins et des passages sous anesthésie pour l’imagerie osseuse. Le porteur indique que l’inflammation aiguë provoque un état fiévreux et une perte osseuse et que l’inflammation chronique provoque des gonflements articulaires, la douleur étant censée être atténuée par du paracétamol dans l’eau de boisson. Il affirme que la complexité du tissu osseux rend ces effets « impossibles à reproduire in vitro ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies inflammatoires sous formes aigües ou chroniques induisent fréquemment la dégradation des articulations et des os. Ces maladies induisent des douleurs conduisant à une dégradation importante de la qualité de vie des patients. La mise en place de nouveaux traitements permettant de stopper la dégradation osseuse dans ces conditions constitue une priorité de santé publique. Le projet a pour objectif d’étudier de nouveaux traitements. Le recours à un modèle animal est nécessaire en raison de la complexité du processus de progression de la maladie qui est impossible à reproduire in vitro. Le projet a pour objectif de tester l’effet protecteur de la curcumine et de l’amarante sur la dégradation ostéoarticulaire dans deux conditions inflammatoires différentes, l’inflammation aigüe et l’inflammation chronique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra le développement de nouveaux traitements permettant de bloquer l’inflammation et la dégradation osseuse chez les patients atteints d’inflammation articulaire aigüe et chronique suite à une infection bactérienne et chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Le projet est constitué de deux procédures. Au début de la procédure 1, les animaux recevront une un traitement de lypopolisaccharide qui durera moins d’une minute, puis de façon quotidienne avec la curcumine ou l’amarante avec des interventions qui dureront moins d’une minute chacune. La procédure 1 a une durée totale de 7 jours. Au début de la procédure 2, les animaux recevront un traitement avec une solution d’anticorps anti-collagène qui durera moins d’une minute puis quotidiennement avec la curcumine ou l’amarante avec des interventions qui dureront moins d’une minute chacune. La durée totale de la procédure 2 sera de 28 jours. Un prélèvement sanguin qui durera moins d’une minute sera réalisé en fin de chacune des deux procédures, et à J+14 pour la procédure 2. Dans les deux procédures les animaux seront anesthésiés pendant 10 minutes par anesthésie gazeuse en début et en fin de procédure afin de procéder à l’analyse non invasive du tissu osseux par microtomographie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans le cas de la procédure 1, le projet vise à induire une inflammation aigüe qui se caractérise par un état fiévreux transitoire et par une chute de la masse osseuse. L’intensité de la douleur sera atténuée par l’ajout de paracétamol dans l’eau de boisson durant la totalité de la procédure. De plus, dans le but de réduire l’exposition des animaux au stress et à la douleur, la procédure 1 sera arrêtée 7 jours après l’induction de l’inflammation. Dans le cas de la procédure 2, le projet vise à induire une inflammation chronique qui se caractérise par des gonflements articulaires et une chute de la masse osseuse. La durée de la procédure 2 est de 28 jours. Nous avons choisi le modèle d’inflammatoire chronique induite par des anticorps car c’est un modèle transitoire qui présente une diminution spontanée de l’inflammation au cours de la deuxième partie de la procédure. L’intensité de la douleur sera atténuée par l’ajout de paracétamol dans l’eau de boisson durant la totalité de la procédure incluant l’ensemble des phases de développement et de diminution de l’inflammation. Les effets attendus pour chaque procédure sont une réduction de l’inflammation et de la perte osseuse dans les groupes d’animaux recevant les différents traitements par rapport au groupe contrôle.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin de pouvoir évaluer la perte de masse osseuse post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’influence que peuvent avoir la curcumine et l’amarante sur l’inflammation aigüe ou chronique ou sur la dégradation du tissus osseux induite par l’inflammation aigüe ou chronique ne peut pas être appréciée par des tests in vitro car le tissu osseux est très complexe, impossible à reproduire in vitro car il fait intervenir un grand nombre de cellules différentes présentes dans le tissu osseux qui dialoguent entre-elles parmi lesquelles les ostéoblastes, les ostéoclastes, les ostéocytes, les chondrocytes du cartilagine articulaire et tout cela sous le contrôle des cellules du système immunitaire et du système endocrinien.
2. Réduction
Pour évaluer la perte osseuse chaque souris sera son propre contrôle grâce à la stratégie d’analyse non invasive à l’aide d’un scanner au début et à la fin de chaque procédure. De plus, à l’aide d’approches statistiques nous avons calculé le nombre minimal d’animaux par groupe.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées dans un environnement enrichi (maison rouge, coton) renouvelé une fois par semaine. Afin de permettre l’acclimatation des animaux à leur nouvel environnement, les souris seront placées en stabulation durant deux semaines au sein de l’animalerie d’accueil sous surveillance journalière. La prise en charge de l’état de bien être des souris sera effectuée quotidiennement par l’observation des principaux signes physiologiques, comportementaux et de l’apparence de l’animal. Nous utiliserons une grille de score de bien-être incluant des points limites qui permettront la prise en charge adaptée dès les premiers signes d’inconfort. Nous mettrons des récipients contenant de l’eau et de la nourriture au fond des cages en cas d’inconfort. La douleur sera traitée à l’aide d’analgésiques et les prises de mesures régulières sur les chevilles seront effectuées sous anesthésie gazeuse.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi les souris adultes BALB/C âgées de 10 semaines car elles sont adultes et disposent d’un système immunitaire complet nécessaire à l’étude de l’inflammation.