Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

192 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une chirurgie de la moelle épinière par stéréotaxie créant une lésion de la myéline, ainsi qu’une castration ou une ovariectomie, pour étudier le rôle du récepteur des androgènes des astrocytes dans la réparation de la myéline. Le porteur indique que la lésion n’a pas entraîné de handicap dans ses études antérieures et prévoit la dissection du cerveau et de la moelle après mise à mort. Il affirme que les cultures cellulaires ne peuvent pas remplacer l’analyse chez l’animal pour ce processus de remyélinisation.

NTS-FR-007789v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
myéline, récepteur des androgènes, testostérone, astrocytes, sclérose en plaques
Souris : 192

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Bien que nous ayons identifié le récepteur des androgènes (AR) comme une cible thérapeutique clé pour promouvoir la réparation de la myéline, le mécanisme responsable de cet effet remyélinisant de la testostérone via ce récepteur n’est pas encore bien élucidé. L’objectif de notre projet d’étude consiste à déterminer quel type de cellule neurale est nécessaire pour exprimer AR (astrocytes, neurones…) afin de permettre l’activation des chimiokines et par conséquent le recrutement, au sein de la lésion démyélinisante, des oligodendrocytes matures et myélinisants, capables de promouvoir la réparation de la myéline. Au cours de nos travaux de recherche nous avons montré que la présence des cellules astrocytes au sein de la lésion démyélinisante est indispensable au recrutement d’oligodendrocytes et par conséquent à la remyélinisation. Au niveau fondamental, il est très important de caractériser la cellule cible, astrocytes, qui permet à la testostérone et son AR de promouvoir cet effet remyélinisant. Pour cela, nous utiliserons des souris transgéniques dont les astrocytes sont dépourvus du AR. Sur le plan clinique, les deux sexes, mâles et femelles, seront utilisés vu que cette maladie touche 3 fois plus de femmes que d’hommes. De même, Le statut hormonal des patients atteints de sclérose en plaques, souvent négligé, mérite une attention particulière pour des stratégies de remyélinisation efficace. Chez les hommes atteints de sclérose en plaques, de faibles niveaux de testostérone résultant de dysfonctionnements de l’hypothalamus et de l’hypophyse ont en effet été associés à une incapacité neurologique et à des résultats cliniques défavorables. En outre, le risque d’admission à l’hôpital pour une sclérose en plaques est significativement plus élevé chez les hommes diagnostiqués pour un hypofonctionnement testiculaire (baisse du niveau de testostérone et de son récepteur).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

A terme, ce travail permettra de confirmer ou infirmer l’implication du récepteur astrocytaire des androgènes dans l’effet remyélinisant de la testostérone. Ce travail permettra de valider l’efficacité des protocoles proposés dans la réparation de la myéline des souris malades et il apportera des informations importantes sur les moyens d’optimiser le traitement de ces pathologies démyélinisantes chez les patients. En effet, et comme indiqué plus haut, les taux d’androgènes sont réduits chez les malades de sclérose en plaques, à travers nos travaux, nous suggérons un rétablissement de taux normaux de testostérone lors des traitements de ces malades en fonction du sexe. Il conviendrait donc de proposer des traitements personnalisés de remyélinisation et de la médecine de précision dans la sclérose en plaques. Il serait également possible et intéressant d’utiliser des androgènes synthétiques actifs par voie orale pour favoriser la réparation de la myéline

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Chacun des animaux inclus de ce projet subira une opération chirurgicale au niveau de la maoelle épinière par stéreotaxie. La durée de l’opération ne dépassera pas 10 min. L’animal sera sous anésthésie avant, pendant et après l’opération et durera entre 30 à 50 min. Le génotypage se fait sur des prélevements de queues de souriceaux de 11 jours, en quelques secondes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Nos études précédentes, concernant la lésion in situ de la myéline par la LPC, au niveau d’une seule région de la moelle épinière, n’ont pas montré d’handicape chez les souris. Une fois l’effet de l’anesthésie est terminé, les animaux reprennent doucement leur activité et mobilité et quelques heures après l’opération, ils se comportent normalement. Néanmoins, le suivi sera effectué quotidiennement afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress et des fiches d’évaluations individuelles nous permettront de suivre la bonne récupération des animaux après les chirurgies. En Tous les autres animaux inclus de ce projet et ayant répondu à tous les critères du bienêtre animal seront euthanasiés à terme (4 semaines après l’opération chirurgicale). Leurs moelles épinières seront disséquées et utilisées pour les analyses nécessaires à ce projet.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de l’expérience qui aura duré 4 semaines, le sang des animaux sera recueilli pour des analyses d’hormones stéroïdes (testostérone, estradiol…). Les restes des corps seront disséqués pour isoler les cerveaux et moelles épinières. Ces derniers seront maintenus dans le fixateur jusqu’au moment de les couper. Ces coupes serviront entre autres aux analyses immunohistologiques afin d’analyser l’état de la myéline chez ces différents types de souris, traitées ou non avec la testostérone.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Malgré une analyse de l’effet faisant l’objet de cette demande dans des cultures cellulaires, ces dernières ne peuvent pas remplacer l’analyse de l’effet chez l’animal. Les cultures mixtes (neurones, astrocytes et oligodendrocytes) sont compliquées à réaliser et en plus la myélinisation des axones in vitro ne donne pas de bons résultats. Le processus de remyélinisation met en jeu des interactions complexes entre tous les types cellulaires présents dans la moelle épinière, et que toutes ces interactions ne peuvent être reflétées dans des cultures cellulaires. Cependant, les cultures organotypiques de cervelet ou de moelles épinières peuvent les remplacer car la myélinisation se fait convenablement, mais seulement chez des souriceaux (entre jours postnataux 0 et 10). Cette étape du projet (effet du AR astrocytaire sur le développement de la myéline) est d’ailleurs réalisée sur des cultures organotypiques, réduisant le nombre d’animaux utilisé dans notre projet. Ainsi, nous ne pouvons utiliser des animaux adultes pour étudier les processus de myélinisation et remyélinisation en culture organotypique. Le recours à l’animal est donc nécessaire à notre projet d’étude.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux sera réduit à 8 par point expérimental, le minimum requis lors de nos travaux précédents de façon à mettre en évidence des différences statistiques. Nous utiliserons 192 souris en 5 ans. Pour utiliser le strict nécessaire de souris, nous n’utiliserons pas de souris pour des contrôles absolus (exemple de souris non traitées ou traitées que par la testostérone) car nous utiliserons les souris des groupes expérimentaux pour servir d’autocontrôles (régions éloignées des zones lésées) et des souris dont le génotypage est de type sauvage. De même, si les résultats sont statiquement significatifs dès les premières expériences, nous tacherons à réduire sensiblement le nombre total de souris. Nous pourrions par exemple nous affranchir des souris prévues pour la 3ème année ; ce qui réduirait le nombre à 128 seulement !

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nos animaux seront hébergés par groupe de 5 animaux par cage dans des conditions optimales d’hébergement (nourriture et eau disponible à volonté, présence de lambeaux fins de papier pour faire un nid, petits cubes de bois à ronger). Avant la procédure chirurgicale, les animaux seront manipulés avec soin pour qu’ils soient habitués aux procédures expérimentales. Pendant la procédure chirurgicale, des mesures thérapeutiques seront mises en place telles qu’un traitement analgésique et un tapis chauffant sera utilisé pour l’animal, sous anesthésie générale.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous utilisons l’animal le plus utilisé par les chercheurs, la souris C57BL/6, pour leur facilité d’hébergement et d’élevage. Leur génome est très bien connu, ce qui permet de les « modifier génétiquement ». Cet avantage nous permet d’utiliser des souris transgéniques et des souris sauvages du même fond génétique dans nos études expérimentales. Nous utiliserons des souris transgéniques, dépourvues du récepteur AR dans les astrocytes. Pour les études in vivo, nous utiliserons des souris âgées de 8 semaines pour la castration et l’ovariectomie et des souris de 10 à 12 semaines pour la lésion LPC. Puisque nous traitons nos animaux par les stéroïdes tels que la testostérone, la castration et l’ovariectomie des animaux est indispensable pour éliminer tout effet des stéroïdes endogènes, synthétisés par les testicules et les ovaires (voir§ 4.2.1.). Notre projet d’étude de démyélinisation et remyélinisation chez ces souris adultes nous permettront de mieux comprendre les processus pathologiques de la gaine de myéline, rencontrés chez l’homme, atteint de sclérose en plaques.