
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-010046)
Une injection de vésicules bactériennes de quelques secondes, puis selon les cas une prise de sang sous anesthésie, une injection de colorant suivie de la mise à mort trente minutes plus tard, ou une injection d’agonistes plaquettaires suivie de la mise à mort trois minutes plus tard. 1 380 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 920 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le projet vise à comprendre comment ces vésicules déclenchent un sepsis et la formation de microthrombi qui bloquent la circulation dans les petits vaisseaux. Le porteur annonce une perte de poids et une perte de vitalité, puis écrit que les souris « récupèrent et vont mieux », alors que chaque procédure se termine par leur mise à mort.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre objectif est de comprendre comment les vésicules bactériennes contribuent à la physiopathologie au sepsis (mise en place et aggravation). Nous nous intéressons en particulier à l’activation des plaquettes sanguines et la formation de microthrombi qui bloquent la circulation sanguine dans les petits vaisseaux entrainant la dysfonction des organes. Le projet se déroule dans deux Établissements Utilisateurs.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ces résultats devraient permettre de mieux appréhender le rôle et l’impact des vésicules bactériennes dans l’induction et l’aggravation du sepsis et ses conséquences. Ces résultats apporteront donc des informations à la fois fondamentales dans la connaissance de la physiopathologie des sepsis mais aussi donneront des pistes pour adapter les traitements de supports à utiliser chez les patients septiques admis en unité de soin intensif.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises à une procédure induisant une infection par injection de vésicules bactériennes (1 seule injection par souris de quelques secondes) dans le premier établissements utilisateur. Une seule prise de sang sera réalisée sur les souris anesthésiées (d’une durée environ de 2 min) (second établissements utilisateur). Suite à cette prise de sang unique, les animaux seront euthanasiés. Pour l’évaluation de la perméabilité des vaisseaux sanguin : 1 seule injection (veine de la queue, injection d’une durée de 2-3 minutes) de colorant sera réalisée sur les souris anesthésiées, suivie de l’euthanasie de la souris 30min apres l’injection (second établissements utilisateur). Pour l’évaluation du thromboembolisme, 1 injection d’un mélange d’agonistes plaquettaire sera réalisé en intra-veineux (animal anesthésié) suivie de l’euthanasie de la souris 3 min apres l’injection (premier établissements utilisateur).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les modèles génétiquement modifiés de ce projet ne présentent pas de phénotype dommageable. Lors de l’infection par les vésicules bactériennes, il peut y avoir dans un premier temps, une atteinte de l’état général, puis les souris récupèrent et vont mieux. Les effets indésirables attendus sont une perte de poids et une perte de vitalité.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de chaque procédure, les animaux seront euthanasiés et l’inflammation, l’hémostase, la perméabilité endothéliale ou la formation de thrombi seront analysés. .
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des résultats obtenus in vitro montrent que les vésicules bactériennes impactent l’activation plaquettaire et la formation du thrombus. Pour la suite de notre étude, le recours au modèle murin est irremplaçable pour deux raisons majeures : (i) la complexité des mécanismes mis en jeu dans un contexte physiopathologique intégré non modélisable par des approches in vitro et (ii) l’utilisation des modèles génétiquement modifiées.
2. Réduction
Réduction du nombre d’animaux : plusieurs résultats obtenus avec un seul animal. Nous limiterons aux seules expériences considérées comme absolument indispensables. Suite à l’infection, nous obtiendrons dans un premier temps des résultats préliminaires sur 1 lot de 6 animaux nous permettant de définir s’il peut exister des différences statistiquement quantifiables entre les différents groupes. Si ces différences existent, elles seront statistiquement affinées avec des groupes de 10 souris si besoin. Une approche statistique sera utilisée pour vérifier les différences obtenues entre groupes.
3. Raffinement
Les souris ont un accès illimité à la nourriture et boisson. Si besoin de l’aliment hydraté sera mis à disposition dans la cage. Du papier sopalin, du carton et/ou des cubes de bois seront rajoutés dans la cage. Le suivi des souris sera réalisé 3 fois par jour par les zootechniciens (matin) et l’expérimentateur (midi et soir) tout au long de la procédure. Les points limites seront basés sur la perte de poids et sur l’examen visuel des signes suivant : léthargie, inconscience, difficultés respiratoires (respiration rapide). Les animaux seront transportés entre les deux établissements suivant une procédure de transport déclarée lors de l’agrément de l’établissement (cheminement et conditions de transport validés par signature d’une charte de transport).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est le modèle le plus décrit pour l’étude du sepsis. Les effets pléïotropes dans ce contexte font intervenir des fonctions cellules multiples dans l’organisme non modélisables par des approches in vitro. Les doses d’OMV à utiliser sont déjà validées dans cette espèce. De plus, nous travaillons avec des souris génétiquement modifiées (pas de phénotype dommageable). Nous utiliserons des souris de 10 à 12 semaines (âge adulte, Système cardiovasculaire mature).