
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-06-30 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-016786)
36 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Saines, elles reçoivent trois injections destinées à produire des anticorps contre des peptides liés à la spermatogenèse, avec prélèvements sanguins sous anesthésie. Le porteur indique que les injections peuvent provoquer des lésions ou des ulcérations cutanées et les prélèvements des saignements et des hématomes. Il décrit la souris comme le « meilleur modèle » pour induire l’immunisation et rattache le projet à une étude internationale sur les effets du COVID sur la fertilité.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’auto-immunité est la conséquence d’un système immunitaire qui s’emballe et dépasse son rôle de défense contre les agents extérieurs pour s’attaquer aux propres cellules de l’organisme. Les agents extérieurs peuvent être des bactéries, champignons, virus. Ainsi l’épidémie de COVID-19 a incité les scientifiques, et en particulier les immunologistes, à étudier l’impact de l’infection par le SARS-CoV-2 sur la population humaine mondiale. La principale préoccupation est de savoir si l’infection peut déclencher une maladie auto-immune. Les anticorps formés contre le SARS-CoV-2 se lieraient aux protéines des tissus humains, entraînant une réactivité auto-immune. La présente étude porte sur l’appareil reproducteur. Les tissus du système reproducteur sont très vulnérables aux infections virales, de plus les ovaires et les testicules expriment des récepteurs qui servent également a la voie par laquelle le virus pénètre dans les cellules. Par ailleurs, plusieurs études ont indiqué que les patients atteints de COVID-19 produisent des auto-anticorps et qu’une partie d’entre eux développent des troubles auto-immuns; à cet égard, une altération de la spermatogenèse a été signalée dans des études menées sur des patients atteints de COVID-19. Notre première analyse a permis d’identifier 4 sequences (peptides) communes liées à la spermatogenèse et la protéine Spike du SARS-CoV-2. Nous avons également découvert que des patients masculins et féminins affectés par le COVID-19 développaient des anticorps contre 2 des 4 peptides sélectionnés liés à la spermatogenèse, soulignant l’apparition de nouveaux troubles de la fertilité dans la population. Le but de ce projet est la production d’anticorps anti-peptides sur des souris saines afin de vérifier l’impact sur la fertilité
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats de ce projet auront un impact à la fois sur la communauté scientifique et sur la population en général. Cette étude nous permettra de produire des anticorps qui seront utilisés dans un projet plus vaste afin de comprendre leur rôle.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Trois injections et les prélèvement sanguins sont réalisées sur animal anesthésié. Temps : injections : 1 minute/souris Prélèvement sanguin : 2 minutes/souris
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris peuvent développer des lésions cutanées ou des ulcérations au niveau de la peau ou du muscle. Le prélèvement de sang peut provoquer des saignements excessifs et des hémorragies sous-cutanées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont euthanasiés à la fin de la prodédure pour prélèvement.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet actuel constitue la phase finale d’une large étude internationale à grande échelle qui a commencé par une analyse visant l’identification de peptides partageant des séquences similaires avec la protéine Spike du SARS-CoV-2 et les protéines liées à la spermatogenèse. Ensuite, nous avons démontré la réactivité des anticorps des sérums des patients COVID-19 envers lesdites protéines/peptides liées à la spermatogenèse par des tests in vitro (sérums collectés de divers centres cliniques internationaux). L’objectif du projet actuel est à présent de produire des anticorps contre les peptides caractérisés et de pouvoir étudier leur effet sur un organisme complexe. Cela nécessite d’induire une réponse immunitaire contre ces peptides, ce qui ne peut être généré que chez ou à partir d’animaux vivants et de prélèvements de tissus à la fin del la procédure.
2. Réduction
Le nombre d’animaux employés est basé sur les travaux rapportés dans la littérature. Il a été établi pour nous permettre d’obtenir des anticorps en quantité suffisante pour poursuivre vos travaux.
3. Raffinement
Tous les animaux seront maintenus dans un groupe social et dans des cages enrichies (matériaux de nidation, tubes). L’expérience est arrêtée lorsque l’analyse de sang confirme la présence d’anticorps. Nous avons établi des points-limites nous permettent de soustraire l’animal à la souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris ont un génome très proche de celui de l’homme, et leurs systèmes physiologiques schématisent les observations faites chez l’homme. Aujourd’hui, la souris représente le meilleur modèle pour induire l’immunisation. Des souris âgées de 6 à 8 semaines seront recrutées. À cet âge, les souris sont considérées comme des adultes et leur système immunitaire est pleinement développé.