
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-019017)
Une chirurgie du crâne de vingt à quarante-cinq minutes sous anesthésie, pour injecter dans le cerveau : 288 souris vont la subir, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées ensuite pour que leur cerveau soit découpé en coupes. Les animaux sont opérés à trois âges, dont les cinq premiers jours de vie, ce qui implique aussi des femelles gestantes dans le protocole. Le porteur indique que l’incision peut être douloureuse et provoquer, exceptionnellement, une hémorragie cérébrale, une infection ou une déshydratation. Il annonce l’observation du comportement des souris pour repérer des signes proches de l’autisme ou des crises d’épilepsie, sans nommer aucun des tests employés, et fixe l’effectif à 288 sur la seule base d’un « logiciel spécialisé ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet fait partie d’un programme de recherche plus large qui combine plusieurs approches, allant de l’étude des cellules en laboratoire à l’analyse du comportement. Avant d’utiliser des animaux, de nombreuses expériences ont été réalisées sur des neurones cultivés en laboratoire, afin de réduire au maximum leur utilisation. Cependant, pour comprendre comment le cortex cérébral se forme et comment des neurones qui fonctionnent mal s’intègrent dans un cerveau déjà développé, il est nécessaire d’avoir recours à des animaux, car ces phénomènes ne peuvent pas être reproduits entièrement en laboratoire
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’objectif de ce projet est de mieux comprendre l’origine de certaines malformations du cerveau qui apparaissent pendant son développement et qui peuvent entraîner, plus tard, des troubles du comportement comme l’autisme ou l’épilepsie. Pour cela, nous utilisons une technique qui permet de désactiver un gène précis dans certains neurones du cerveau d’animaux, à différents moments de leur développement. Ce type de manipulation ne peut pas être réalisé uniquement sur des cellules en laboratoire. Cette approche nous permettra d’étudier le rôle de ce gène dans la formation et le bon fonctionnement des neurones. Par la suite, nous observerons aussi le comportement des animaux pour comprendre comment l’absence de ce gène peut conduire à des signes proches de l’autisme ou à des crises d’épilepsie. À l’heure actuelle, il n’existe pas d’autre méthode permettant d’étudier ces questions sans utiliser d’animaux. À long terme, ce travail apportera des informations importantes pour mieux comprendre comment apparaissent les troubles neurodéveloppementaux. Il aidera également les chercheurs à développer des outils plus précis pour étudier l’autisme et l’épilepsie, par exemple en repérant des marqueurs biologiques qui pourraient permettre de mieux évaluer les risques ou de suivre l’évolution de ces pathologies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une seule procédure chirurgicale réalisée sous anesthésie d’une durée de 20 à 45 minutes maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Pour accéder aux structures du cerveau des souris, nous devons recourir à la chirurgie. Cette chirurgie peut être douloureuse au niveau de la tête (zone incisée), induire exceptionnellement une hémorragie cérébrale, une douleur post-opératoire, une infection, une baisse de température des souris ainsi qu’une déshydratation des yeux et de l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les résultats attendus de ce projet nécessitent de réaliser des analyses histologiques ou électrophysiologiques sur des coupes de cerveaux. Les animaux seront donc mis à mort à l’issue de l’unique procédure de ce projet.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet s’intègre dans un projet plus global combinant différents travaux de recherche complémentaires allant de l’étude biochimique ou électrophysiologique au comportement. De nombreuses études « in-vitro » ont donc été effectuées au laboratoire sur des neurones en culture en amont de l’utilisation d’animaux pour limiter au maximum leur utilisation. Néanmoins, l’étude de la formation du cortex cérébral et l’intégration des neurones dysfonctionnels dans un réseau de neurones matures nécessite l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Pour réduire le nombre de femelles gestantes utilisées, nous avons choisi de n’utiliser qu’un groupe d’animaux contrôle pour nos deux études. Le nombre minimal d’animaux par groupe a été estimé grâce à un logiciel spécialisé.
3. Raffinement
Pour limiter au maximum la douleur et la souffrance des animaux, plusieurs mesures de bien-être sont mises en place. Les jeunes souris de moins de 3 semaines restent avec leur mère dans une cage contenant du matériel pour faire un nid. À partir de 3 semaines, les mâles et les femelles sont séparés et placées en petits groupes dans des cages possédant tous les matériaux nécessaires pour qu’ils puissent se cacher et construire un nid. Les animaux sont observés chaque jour par l’expérimentateur et/ou le personnel animalier. Leur comportement, leur état général, leur capacité à manger ainsi que l’état de leur pelage sont vérifiés. Toute anomalie est immédiatement notée dans un registre en ligne accessible aux personnes responsables du bien-être animal, ce qui permet une réaction rapide si nécessaire. Un échange quotidien entre le personnel animalier et l’expérimentateur garantit une prise de décision rapide en cas de problème. Pendant la chirurgie, les souris sont placées sous anesthésie générale et reçoivent un traitement antidouleur avant et après l’intervention. Après l’opération, elles sont surveillées deux fois par jour pendant 72 heures, y compris le week-end. L’équipe vérifie alors que la plaie cicatrise correctement, que l’animal mange bien, reste vif et, pour les adultes, qu’il est capable de reconstruire son nid. Si un signe anormal apparaît, une personne en charge du bien-être animal examine immédiatement l’animal et décide des mesures à prendre, en lien avec le vétérinaire référent. Si malgré ces mesures l’état de l’animal ne s’améliore pas, une mise à mort sera pratiquée de façon rapide et sans douleur, selon les méthodes autorisées. Cette décision est prise par le porteur du projet en accord avec la vétérinaire, ou directement par la vétérinaire si l’instructeur n’est pas disponible.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi d’utiliser la souris car son cerveau présente des similitudes importantes avec celui de l’être humain, ce qui permet d’étudier plus efficacement le développement cérébral. De plus, la majorité de nos expériences en laboratoire ont déjà été réalisées sur des neurones de souris, et notre équipe maîtrise bien les techniques chirurgicales nécessaires chez cet animal. Dans ce projet, nous étudierons trois périodes clés du développement du cerveau : juste après la naissance (entre 0 et 5 jours), pendant la croissance (entre 14 et 21 jours) et à l’âge adulte.