
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-020210)
85 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Une tumeur cérébrale leur est injectée, suivie pour la plupart d’une chirurgie d’ablation partielle et, pour certaines, de séances de radiothérapie, sous imagerie et anesthésies répétées. Le porteur indique que la tumeur provoque des effets délétères non réversibles et que toutes les souris atteignent des points limites entraînant leur mise à mort. L’objectif déclaré est de reproduire le glioblastome opéré pour étudier la combinaison de radiothérapie et de chimiothérapie après chirurgie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nos projets de recherche portent sur le développement et la validation de stratégies innovantes pour le traitement des glioblastomes, tumeurs cérébrales très agressives et de très mauvais pronostic. Dans ce contexte, nous cherchons à affiner nos modèles , tant in vitro qu’in vivo afin qu’ils deviennent plus pertinents et plus représentatifs de la réalité clinique de cette pathologie. Nos modèles jusqu’à présent étaient limités car l’intervention chirurgicale pratiquée en première intention chez les patients n’était pas appliquée dans nos expérimentations. Nous sommes parvenus à mettre au point le modèle de glioblastome opéré chez la souris immunodéprimée porteuse d’une tumeur intracérébrale. Nous souhaitons donc maintenant appliquer à nos animaux, le traitement classiquement délivré aux patients (appelé « protocole de Stupp ») qui combine chirurgie + radiothérapie + chimiothérapie : l’objectif est de caractériser les effets des traitements et de mieux comprendre les mécanismes conduisant à la récidive tumorale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’utilisation d’un modèle de glioblastome opéré dans nos expérimentation permettra de replacer nos recherches dans un contexte thérapeutique plus représentatif de la pratique clinique. En particulier, cette étude devrait nous aider à comprendre les mécanismes induits par la radiothérapie et la chimiotherapie, lorsque celles-ci sont administrées juste après une chirurgie, et déterminer comment les cellules tumorales et les cellules du microenvironnement favorisent la rechute. Au final, ces données seront essentielles pour proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant les phénomènes de récidives.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux (85) recevront une injection de cellules tumorales dans le cerveau : l’injection est réalisée une fois au début de l’étude (durée 45min) et le suivi du développement de la tumeur intracérébrale se fait par imagerie de bioluminescence 2 à 3 fois par semaine (durée de chaque examen environ 15 min). Parmi les 85 animaux prévus, 72 animaux subiront une intervention chirurgicale permettant de retirer partiellement la tumeur qui s’est développée dans le cerveau : cette chirurgie d’exérèse est réalisée une fois au milieu de l’étude (durée 45min) et les animaux sont placés après l’opération en cage individuelle pendant 4 jous pour convalescence. Pour 54 animaux : traitement par radiothérapie (chaque irradiation dure environ 5 min ; 18 animaux recevront 1 irradiation ; 18 animaux recevront 2 irradiations espacées de 72h, 18 animaux recevront 5 irradiations à raison d’1/jour pendant 5 jours consécutifs)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La première nuisance attendue sur les animaux est liée à l’implantation même du glioblastome (apparition d’une tumeur cérébrale avec des effets délétères attendus non réversibles). Schéma de traitement par radiothérapie (itérations répétées) et imagerie par bioluminescence (2 ou 3 fois par semaine en phase péri-opératoire de l’exerèse) nécessitent un transport et une anesthésie répétés des animaux, qui se produiront de surcroit lors de la phase péri-opératoire. Une accoutumance liée à la répétition des anesthésies chimiques (kétamine) peut être observée, nécessitant une augmentation des volumes administrés : ce phénomène est maitrisé par le laboratoire et l’augmentation du volume injecté est de l’ordre d’une dizaine de µL entre le début et la fin des expérimentations. La bioluminescence et la radiothérapie sont des protocoles rapides et nécessitent une anesthésie de 15 minutes maximum. Une attention toute particulière sera portée aux animaux notamment en optimisant au maximum les conditions de raffinement. Chirurgie opératoire classée sévère mais utilisation d’analgésiques pour limiter la souffrance des animaux. Hébergement en cage individuelle après la chirurgie d’exérèse pouvant conduire à un stress des souris (limitation des interactions sociales directes) mais atténuation de cet effet indésirable en accolant les cages les unes aux autres qui sont de surcroit transparentes. Une attention toute particulière sera portée aux animaux notamment en optimisant au maximum les conditions de transport des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux du projet développent une tumeur qui ne peut pas être contrôlée par les traitements appliqués : la tumeur finit par provoquer l’apparition de points limites qui expliquent la mise à mort à l’issue de chaque procédure (soit 85 souris au total)
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans notre contexte, le remplacement des expérimentations animales par des méthodes alternatives n’est clairement pas possible puisque nous tentons de modéliser chez l’animal l’impact de l’ablation chirurgicale des tumeurs dans le cas de tumeur cérébrale très agresssives et de très mauvais pronostic : la chirurgie ne peut pas être réalisée sur des modèles in vitro.
2. Réduction
Pour deux groupes d’études, nous avons réduit le nombre d’animaux car nous avons, lors une étude préliminaire, acquis des données qui pourront être compilées avec celles acquises dans ce nouveau projet. Afin de suivre la croissance tumorale, nous utiliserons une méthode d’imagerie permettant ainsi un suivi dans le temps de chaque animal. De plus, concernant les animaux qui recevront les différentes modalités de radiothérapie, les procédures se feront de façon séquentielle, palier par palier, de la procédure d’irradiation la moins contraignante à la procédure d’irradiation la plus contraignante pour les animaux. Seules les procédures bien tolérées seront conduites.
3. Raffinement
Un soin tout particulier sera apporté aux animaux notamment par un suivi post-opératoire rigoureux (désinfection de la plaie, analgésie, réhydratation par injection de glucose à 37°C…). Les souffrances de l’animal seront évaluées en appliquant une grille de score adaptée aboutissant à une prise de décision adéquate, en fonction de points limite et de crières d’arrêt préalablement définis et validés pour nos protocoles. Les conditions d’hébergement et d’enrichissement garantiront les conditions de bien-être animal. Le transport des animaux se fera de façon à éviter au maximum le stress des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans les études menées en oncologie, les modèles animaux utilisés sont majoritairement les modèles souris et rats. Les souris constituent l’espèce de référence compte tenu de son accessibiltié et de sa facilité de manipulation. Les souris immunodéprimées sont classiquement utilisées dans le cas de greffes de cellules tumorales humaines. Nous privilégions des souris femelles, plus dociles et moins agressives, pour faciliter l’hébergement collectif. Des souris âgées de 6 semaines sont utilisées, à un stade où leur crâne a une conformation très bien définie qui permet l’injection de cellules tumorales sans danger et sans difficulté.