Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le prolapsus valvulaire mitral (PVM) est l’une des pathologies cardiovasculaires les plus fréquentes, et est associé à un haut taux de morbidité et de mortalité. A l’heure actuelle, aucun traitement pharmacologique n’est disponible pour les patients porteurs d’un PVM, la seule option étant la chirurgie valvulaire mitrale, une approche thérapeutique très invasive. Notre projet a pour objectif d’analyser et d’identifier les mécanismes physiopathologiques impliqués dans la survenue du PVM, mais aussi de la cardiomyopathie potentiellement associée à cette maladie valvulaire. Notre équipe a identifié lors de l’analyse génétique d’une grande famille vendéenne, la première mutation causale associée au PVM. L’objectif du projet est de créer et d’évaluer le bien-être animal d’une nouvelle lignée porteuse de cette mutation.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra, via la génération d’un nouveau modèle animal, une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques impliqués dans le développement et la progression du PVM, ainsi que l’identification de potentielles cibles thérapeutiques pour traiter les patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Des approches macroscopiques (observation du comportement, suivie du poids et de la prise alimentaire), un prélèvement unique pour le génotypage (pour une durée de 5 minutes) et enfin une approche d’imagerie (échocardiographie) seront réalisés à 3 semaines, 6 semaines, 3 mois, 6 mois, 9 mois et 12 mois pour tous les groupes (durée de l’échographie 20 minutes par animal). Ces approches seront réalisées, pour certaines, sous anesthésie dès le jour 21 après la naissance jusqu’à 12 mois.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Aucune nuisance ou effet secondaire ne sont attendus lors de la réalisation de cette étude. Le stress ressenti par les animaux sera limité ou maitrisé. Les pesées seront rapides et la préhension réduite par l’utilisation d’un tunnel (1 fois par semaine pendant 12 semaines puis 1 fois par mois pendant 12 mois). L’acquisition des images échocardiographiques est réalisée sous anesthésie générale à l’isoflurane en ventilation spontanée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Euthanasie en fin de protocole afin de prélever les cœurs pour analyse.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La modélisation in vitro ou in silico de la pathologie valvulaire cardiaque est limitée. En effet, les valves subissent à chaque cycle cardiaque des stress mécaniques multiples (tension, pression, flux) et répétitifs, qu’il est impossible de modéliser. De plus, le retentissement sur le myocarde de la pathologie, ne peut lui non plus être modélisé in vitro ou in silico. Une approche de physiologie et pathophysiologie intégrée est donc nécessaire pour répondre aux questions auxquelles nous faisons face. Comparativement au modèle de rat pour lequel les outils d’exploration restent très limités, un modèle de souris nous permettra une exploration plus poussée des mécanismes physiopathologiques impliqués.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les croisements sont élaborés pour obtenir un nombre suffisant d’animaux permettant d’obtenir des résultats robustes et fiables pour l’évaluation du bien-être animal. Leur nombre est adapté aux besoins de l’évaluation du bien-être chez les deux sexes (au moins 14 animaux par génotype selon les recommandations européennes).

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris sont hébergées en cages ventilées enrichies en tunnel et frisottis, avec un accès à l’eau et la nourriture en continue. La procédure d’imagerie proposée est non invasive et permet de suivre un même animal longitudinalement. Elle est réalisée sous anesthésie avec contrôle continue des constantes de l’animal. Les points limites ont été identifiés.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

De nombreux processus et systèmes biologiques inter-régulés et intégrés sont décrits dans le PVM. Il est donc impossible de substituer ou modéliser par des approches in vitro ou in silico l’ensemble de ces processus. Le recours au modèle animal est donc primordial. L’utilisation de ce modèle permet quant à lui d’étudier la protéine mutée endogène, ce qui est primordial au regard de son activité ubiquitaire, intervenant dans différentes voies de signalisation. Le modèle murin est le modèle de choix car il est utilisé de longue date pour caractériser les différentes complications cardiaques. Il nous permet également d’avoir accès à de nombreux outils d’analyse qui nous permettront de définir les mécanismes impliqués dans le développement de la pathologie, et ainsi identifier de potentielles cibles thérapeutiques pour les patients porteurs de cette maladie. Un phénotype similaire au modèle de rat est attendu chez les souris. Le bien être animal sera évalué de la naissance jusqu’à 52 semaines. Le génotypage sera réalisé au moment du sevrage à 21 jours.