Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

132 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à sévères. Elles portent une glycogénose de type Ia induite par transgenèse et reçoivent des injections de tamoxifène puis un régime alimentaire délétère pendant trois mois destiné à provoquer une fibrose du foie, avec des prélèvements sanguins mensuels et, pour une partie, une chirurgie sous anesthésie sans réveil. Le porteur reconnaît que ces souris peuvent développer des hypoglycémies parfois mortelles et que le régime entraîne un arrêt de la prise de poids. Il affirme qu’aucune culture cellulaire ne reproduit la maladie et qu’il faut travailler sur l' »organisme en entier ».

NTS-FR-025787v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Hormones sexuelles (estrogènes), Tumorigenèse hépatique, Glycogénose de type 1, Inflammation du foie, Stéatose hépatique (foie gras)
Souris : 132

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Chaque année, on décompte 5000 nouveaux cas de cancer du foie en France. Ce cancer touche principalement des hommes d’environ 50 ans avec des antécédents de foie gras qui a évolué vers une fibrose (accumulation de fibres de collagène), puis une cirrhose. En revanche, les femmes sont plutôt protégées, jusqu’à la ménopause, de ces maladies métaboliques du foie, y compris de ce cancer. Cette différence pourrait s’expliquer par l’impact des hormones sexuelles sur le foie. Parmi elles, les œstrogènes pourraient, au moins en partie, jouer un rôle important, en réduisant la susceptibilité à l’accumulation de gras dans le foie et en modulant l’inflammation. De façon intéressante, le développement de tumeurs hépatiques est aussi observé chez la plupart des patients atteints de glycogénose de type Ia, mais avec une incidence similaire entre les hommes et les femmes. Cette maladie métabolique rare se caractérise par une perte de la production de sucre (glucose) par l’organisme, responsable d’hypoglycémies sévères qui peuvent être fatales en l’absence d’un contrôle très précis de l’alimentation. Contrairement au schéma classique, les tumeurs se développent sur un foie gras mais en absence de fibrose. Ce schéma alternatif de tumorigenèse, encore mal caractérisé, a aussi été décrit chez certains patients diabétiques et/ou obèses. Dans ce projet, nous proposons d’étudier le rôle des oestrogènes sur l’évolution de la maladie hépatique dans un modèle murin de glycogénose de type Ia. Pour cela, nous ciblerons par transgenèse la réponse aux oestrogènes en développant un modèle de souris atteintes de glycogénose de type Ia et n’exprimant pas les récepteurs aux oestrogènes dans le foie. Nous caractériserons ensuite l’environnement immunitaire des foies de ces souris, ainsi que leur sensibilité à développer une fibrose. Ce projet devrait permettre de mieux définir les mécanismes moléculaires initiaux du développement tumoral en lien avec la présence ou non de fibrose hépatique et de définir le rôle des oestrogènes dans cette pathologie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

A terme, ce projet devrait permettre de mieux caractériser le rôle des oestrogènes dans la progression de la pathologie hépatique de la glycogénose de type Ia, en particulier dans les étapes précoces d’inflammation et de fibrose liées à l’accumulation de lipides dans le foie. En fonction des résultats obtenus, le projet sera poursuivi par une étude du rôle des oestrogènes sur le développement tumoral chez des souris âgées atteintes de glycogénose type 1a, en l’absence de récepteur aux oestrogènes. Comme dans le cadre de cancer dépendant des oestrogènes, ce type de récepteur pourrait devenir une nouvelle cible thérapeutique dans le traitement de ce cancer et ainsi éviter la transplantation hépatique à ces patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour obtenir les souris atteintes de glycogénose de type 1a, une injection de tamoxifène sera réalisée par voie sous-cutanée pendant 5 jours de suite à l’âge de 6-8 semaines pour supprimer l’expression des gènes cibles. Ces souris, ainsi que des souris atteintes de glycogénose de type Ia sans récepteur aux oestrogènes hépatique, seront soumises pendant 3 mois à un régime standard ou à un régime délétère qui est connu pour favoriser une fibrose hépatique, voire des lésions hépatiques. Des prélèvements sanguins sur animaux vigiles seront réalisés en veine submandibulaire une fois par mois pendant 3 mois. En fin d’étude, une partie des souris subiront une chirurgie sans réveil, sous anesthésie profonde et analgésie, afin d’isoler les cellules immunitaires du foie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Ce projet concerne une pathologie caractérisée par le développement d’hypoglycémies lors de jeûnes courts (entre les repas) et par des atteintes hépatiques menant à long terme au développement de tumeurs du foie. En ciblant la pathologie dans le foie par transgenèse, le modèle de souris atteintes de glycogénose de type Ia utilisé dans cette étude reproduit toute la pathologie hépatique observée chez l’homme et est viable. Cependant, ces souris peuvent développer des hypoglycémies si elles ne s’alimentent pas régulièrement, car elles ne peuvent pas utiliser leur stock de sucres accumulé dans le foie. Actuellement, la gestion de l’élevage permet de limiter les décès (généralement nocturnes) liés aux hypoglycémie à environ 1%, voire 2%. Ces souris développent aussi des tumeurs hépatiques autour de 12-15 mois ce qui ne constituera pas un point limite dans ce projet puisque les procédures seront limitées à 3 mois. L’ensemble de ces nuisances devrait être similaire dans le modèle de souris atteintes de glycogénose de type Ia sans récepteur aux oestrogènes dans le foie, même si ces souris développeront probablement plus de fibrose. Dans ce projet, les souris seront alimentées avec un régime favorisant le développement de la fibrose et connu pour entrainer un arrêt de la prise de poids de la souris. Une partie des souris pourront subir une chirurgie avec laparotomie afin d’accéder à la veine porte et à la veine cave pour perfuser le foie. Enfin, ces souris subiront une série d’injections de 5 injections par voie sous-cutanée et de 3 prélèvements sanguins, réalisés tous les mois, qui entrainer une légère douleur liée à la piqure et un évenutellement un léger saignement au point de la piqure. Ce dernier sera maitrisé par compression légère de la zone.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Toutes les souris transgéniques de la procédure d’élevage seront utilisées dans la procédure d’étude de la progression de la pathologie hépatique. Tous les animaux seront ensuite mis à mort pour prélèvement du foie afin de réaliser des analyses anatomo-pathologiques et moléculaires et la caractérisation des cellules du foie.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Aucune approche en culture cellulaire ne permet de reproduire les caractéristiques de la pathologie hépatique liée à un stockage anormal de graisses et le développement de tumeur du foie. Notre étude nécessite donc de travailler sur l’organisme en entier pour conserver le dialogue complexe, entre divers types de cellules hépatiques, mais aussi avec d’autres organes du système immunitaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris a été calculé au plus juste à partir des connaissances des pathologies étudiées, des modèles animaux, et du métabolisme, mais aussi des résultats d’études précédentes ayant permis de valider la preuve de concept. Afin de pouvoir faire une analyse statistique, des groupes de 12 souris seront analysés. Au total, ce projet réalisé sur 3 ans nécessitera l’obtention de 108 souris (mâles ou femelles) transgéniques et contrôles, sans compter les souris d’élevage qui ne développent pas de pathologie.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin d’éviter la mort précoce des animaux atteints de glycogénose de type Ia, la pathologie a été induite uniquement dans le foie des souris et à l’âge adulte ; ceci permet d’éviter les hypoglycémies chez les souris nourries et de passer la période néonatale sans phénotype dommageable (pas de retard de croissance lié à la maladie). La connaissance de ce modèle animal a permis de définir des points limites, en contrôlant les risques d’hypoglycémie et en limitant les efforts des souris pour trouver de la nourriture et boire. Pour cela, des croquettes sont accessibles aux souris dans la cage et les biberons ont des tétines longues. Un suivi de glycémie sera aussi réalisé si un animal est retrouvé prostré dans une cage, et ne répondant pas ou peu aux stimulations du zootechnicien. En cas d’hypoglycémie (glucose inférieur à 30-40 mg/dL), la souris sera injectée avec une solution de glucose et une partie de sa cage sera placée sur une plaque chauffante afin de maintenir sa température corporelle. Dans ce projet, aucune souris ne sera mises à jeun avant sa mort. Pour éviter l’injection du produit chimique permettant d’induire la suppression des gènes ciblés par transgenèse dans le péritoine, les traitements seront réalisés par injections sous-cutanées (ce qui limite les réactions inflammatoires des organes comme le foie, le diaphragme…). Les prises de sang en veine sub-mandibulaire seront réalisées par des personnes formées au geste et l’arrêt du saignement est maitrisé par un point compressif. Des morceaux de bois seront ajoutés pour les souris sous régime favorisant la fibrose car cette diète est riche en graisses et est molle. L’ajout de graisse à cette nourriture permet d’éviter la perte de poids des animaux. Si l’isolement des cellules immunitaires doit être réalisé sur des animaux devant subir une chirurgie, les animaux seront analgésiés et endormis profondément avec de l’isoflurane. Après vérification de l’absence de réflexes, une laparotomie sera réalisée pour dégager les veines du foie. Cependant, dans le but de raffiner cette technique, une procédure est en cours sur des souris mises à mort juste avant la de perfusion du foie. Enfin, l’état de bien-être sera évalué quotidiennement par l’observation des signes physiologiques (état du du pelage, mouvements/posture de la souris, morsures…). En cas de petites plaies, une crème à base de teintures mères et d’huiles essentielles naturelles aux propriétés cicatrisantes et antiseptiques sera appliquée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

En ce qui concerne la production de sucre par l’organisme, les études réalisées sur des vertébrés inférieurs tels que le poisson montrent que les régulations observées ne sont pas les mêmes que chez les mammifères. Les expériences seront donc réalisées avec des modèles animaux dont les systèmes de régulation sont semblables à l’homme et qui reproduisent toute la pathologie hépatique observée chez les patients. Pour cela, un modèle de souris reproduisant la pathologie hépatique de la glycogénose de type Ia a été obtenu par transgenèse en ciblant uniquement la perte de production de sucre par le foie. Ce modèle murin est unique et viable. En effet, l’élevage des deux autres modèles d’animaux atteints de glycogénose de type Ia (souris et chien qui présentent une perte totale de la production de sucre par l’organisme est très complexes car la plupart des animaux meurt avant le sevrage. Les protocoles seront débutés chez des souris adultes (âgés de 6 à 8 semaines) et auront une durée de 3 mois. La fin du protocole est donc prévue à l’âge de 5 mois. Les protocoles seront débutés chez des souris adultes (âgés de 6 à 8 semaines) et auront une durée de 3 mois. La fin du protocole est donc prévue à l’âge de 5 mois.