
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/05/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-030668)
50 souris vont être utilisées et toutes tuées à l’issue, vingt sous anesthésie sans réveil et trente dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent une chirurgie crânienne puis une injection d’agent de contraste après ouverture de la dure-mère, avec des séances d’imagerie sous anesthésie, pour mettre au point une méthode d’observation de la circulation du liquide céphalorachidien. Le porteur indique que cette injection peut provoquer une hypotension intracrânienne avec troubles visuels, auditifs et vertiges, et que les animaux ayant reçu l’agent de contraste ne peuvent être réutilisés. Sur le remplacement, il reconnaît caler une partie des réglages d’imagerie sur des tubes de solution, mais conclut à l’impossibilité d’éviter le recours aux souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le liquide céphalo-rachidien (LCR) correspond au liquide présent autour et dans le cerveau et la moelle épinière. Ces rôles dans le cas du cerveau sont multiples. L’un d’eux consiste à l’évacuation des déchets cérébraux gâce à la circulation du LCR dans le cerveau, décrit comme le système glymphatique/lymphatique. Depuis environ 10 ans, avec l’émergence de nouvelles méthodes d’observation utilisant l’imagerie par résonance magnétique (IRM) ou le microscope bi-photons, ce rôle du LCR se révèle être impactée dans le développement de différentes neuropathologies (Alzheimer, SEP, AVC, Parkinson, traumatisme cérébral …), par des perturbations du sommeil et le vieillissement cérébral. Il représente donc un biomarqueur important et surtout une potentielle cible thérapeutique. Dans ce contexte, la nécessité de développer les outils in-vivo pour l’observation de ce système est important pour donner accès à cette nouvelle cible au fort potentiel et pour comprendre les mécanismes de neuropathologies.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A l’issue de ce projet, nous disposerons d’un nouvel outil pour observer les perturbations du système glymphatique/lymphatique représentant un biomarqueur important dans l’évolution des pathologies neurologiques permettant une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents à leur développement et une cible potentielle pour de nouveaux traitements.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Procédure 1 : Les animaux seront soumis à : deux examens en imagerie sous anesthésie d’une durée maximum de 1h et une injection (1 min) précédée par une chirurgie (environ 20 min) Procédure 2: un examen en imagerie sous anesthésie d’une durée d’une heure et une injection (1 min) précédée par une chirurgie (environ 25 min)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’anesthésie entraîne une hypothermie, une dépression respiratoire et cardiovasculaire. L’injection nécessite une ouverture de la dure-mère assurant l’étancheité du cerveau, pouvant induire une hypotension intracrânienne source de différents troubles : visuels, auditifs, vertiges, …
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux ayant reçu un agent de contraste, ne pourront être réutilisés dans un autre projet. Pour cette raison, ils seront mis à mort à la fin de chaque procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Cette étude ayant pour but de développer des méthodes d’exploration du système glymphatique/lymphatique correspondant à la circulation du liquide céphalo-rachidien, nous ne pouvons éviter l’utilisation d’animaux. Toutefois, une partie des mises au point des paramètres des imageurs se feront sur des tubes de solutions d’agent de contraste à différentes concentrations.
2. Réduction
Nous avons estimé le nombre minimum d’animaux nécessaire à cette mise au point intégrant le risque d’une mauvaise injection de l’agent de contraste. Ce projet représente une étude pilote aux projets à venir nécessitant l’observation de ce système. Nous utiliserons autant que possible des animaux de réforme non déclarés dans une demande d’autorisation. Le choix de l’usage de techniques d’imagerie in-vivo permet de réduire le nombre d’animaux par la possibilité de suivre dans le temps chez un même animal, l’évolution temporelle du liquide céphalo-rachidien.
3. Raffinement
Les animaux seront anesthésiés durant les examens en imagerie et l’injection intrathécale. Une période d’acclimatation d’une semaine sera respectée lors de leur arrivée dans notre animalerie où ils seront hébergés en groupe dans un milieu enrichi (tunnel, élément pour nidification, baton à ronger). Des points limites ont été définis et adaptés par procédure.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris étant le modèle de prédilection dans la majorité des neuro-pathologies, nous réaliserons cette étude sur cette espèce à un stade adulte, correspondant au stade des animaux utilisés dans les études de maladies neurodégénératives.