
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-039201)
20 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une injection intra-trachéale de particules virales sous anesthésie pour induire des tumeurs pulmonaires, sont transférées entre deux établissements, puis suivies pour la détérioration liée au développement tumoral avant la mise à mort et le prélèvement des poumons. Cette version du projet ajoute un groupe de souris témoins pour renforcer les données. Le porteur étudie le rôle d’une protéine à bromodomaine dans le cancer du poumon et juge le modèle animal nécessaire, les cultures cellulaires restant selon lui trop éloignées de la physiologie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La transformation maligne des cellules pourrait être considérée comme une série d’événements de reprogrammation cellulaire conduite par des facteurs de transcription oncogéniques et des voies de signalisation en amont. La plasticité et la dynamique de la chromatine sont des déterminants critiques dans le contrôle de la reprogrammation cellulaire. Une augmentation de la dynamique de la chromatine pourrait donc constituer une étape essentielle dans la conduite de l’oncogenèse et dans la génération de l’hétérogénéité des cellules tumorales, ce qui est indispensable pour la sélection des propriétés agressives, y compris la capacité des cellules à se disséminer et à acquérir une résistance aux traitements. L’apport et le dosage d’histones sont les régulateurs les plus connus de la dynamique de la chromatine. En facilitant la reprogrammation cellulaire, le sous-dosage des histones devrait également être crucial dans la transformation cellulaire et les métastases tumorales. L’objectif de ce projet est d’évaluer le rôle d’un facteur à bromodomaine, dans la transformation tumorale et plus particulièrement dans le développement du cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC). Cette modifcation du projet concerne l’addition d’un groupe de souris contrôles pour renforcer nos données.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le gène étudié au cours des 15 dernières années a été largement décrit comme étant surexprimé dans tous les tissus cancéreux humains étudiés et présentant un facteur de mauvais pronostic. Après analyse des articles scientifiques sur ce gènee et le cancer, il s’avère que toutes les études ont été réalisées in vitro avec des modèles de lignées cellulaires de différents cancers ou in vivo en utilisant des modèles de xénogreffes. Ceci rend difficile de conclure sur le degré d’implication de ce gène dans l’initiation et la progression tumorales in vivo d’où la nécessité de développer des modèle (s) animaux de cancer impliquant directement cette protéine. Les expériences entreprises dans ce projet devraient nous permettre de démontrer si l’activité de la protéine d’intérêt est nécessaire pour la réponse du génome à des facteurs oncogéniques. Ce travail devrait permettre non seulement de découvrir un mécanisme moléculaire de base essentiel mais encore inconnu, mais constitue aussi une étape commune critique dans la transformation maligne.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront par voie intra-trachéale une injection unique et sous anesthésie de particules virales induisant la mutation désirée dans les poumons. Aucun prélèvement ni procédure chirurgicale n’est prévu durant cette période. La préparation des particules virales dure 30 minutes environ. La durée de l’anesthésie est de 5 minutes par souris. Une fois anesthéssiées, les souris recevront par voie intratrachéale une dose de particules virales. Cette étape dure 1 à 5 minutes par souris. À la fin de cette étape, les animaux seront placés pendant 10 à 15 minutes sur une plaquante chauffante dans un environnement calme afin de leur permettre de se réveiller.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans cette partie du projet, les souris recevront une injection unique de particules virales sous anesthésie générale. Elles seront hébergées dans un premier établissement utilisateur avant d’être transférées dans un second établissement où elles seront suivies et observées pour le développement tumoral. Une détérioration de l’état général des animaux lié au développement tumoral sera étudié.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Toutes les souris seront mises à mort et les poumons prélevés pour analyse histologique et biochimique.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Bien que les propriétés fonctionnelles du facteur que nous investigons dans cette étude aient été initialement abordées par des tests in vitro et dans des modèles de cultures cellulaires, ces derniers présentent néanmoins des limites considérables. Il n’est pas possible d’appréhender l’ensemble des mécanismes que nous étudions sans l’apport du modèle animal. A ce jour et à notre connaissance il n’existe pas de modèle animal qui permet de déterminer le rôle de notre protéine dans l’initiation et la progression tumorales. Nous avons développé des modèles alternatifs en invalidant des gènes d’intérêt dans des cellules souches de souris ou dans des lignées humaines ou encore l’utilisation de modèles de xénogreffes, mais ces systèmes basés sur la culture cellulaire in vitro présente plusieurs limites. Ce modèle de culture cellulaires est en effet très loin de la physiologie animale et ne reflète pas les évènements de dynamique de la chromatine qui ont lieu in vivo.
2. Réduction
Après avoir discuté avec nos biostatisticiens nous nous étions fixés un nombre minimal de 4 animaux par groupe nécessaire afin de réaliser une cinétique d’infection pour suivre l’évolution des tumeurs (sur le plan histologique mais aussi et surtout au niveau moléculaire) et pouvoir l’analyser statistiquement, car les tumeurs pulmonaires sont très hétérogènes. D’autre part, d’après notre expérience, il arrive que des animaux décèdent lors de l’expérimentation. Une réduction de nos groupes expérimentaux initiaux rendrait caduque l’interprétation et l’analyse de nos données, c’est pourquoi nous comptons faire un individu supplémentaire si besoin. Enfin, contrairement à la version précédemment autorisée nous ne réaliserons des prélèvements qu’aux 2 temps les plus pertinents par rapport aux données déjà obtenues (6 et 12 semaines) et plus à 5 temps (4, 6, 8, 10 et12 semaines), ce qui nous permet de réduire le nombre d’animaux utilisés. C’est pourquoi nous avons n=5 animaux par groupe x 2 lignées 2 temps d’analyse différents.
3. Raffinement
Les injections de particules virales sont faites sous anasthésie générale pour limiter la douleur et le stress. Les souris seront maintenues sous tapis chauffant pour éviter une perte de tempréature. Du gel occulaire sera appliqué pour éviter la déshydratation. Des points limites seront mis en place pour maintenir un état de douleur léger.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Afin de mieux comprendre les mécanismes de développement et d’aggessivité tumorales et pour découvrir de nouveaux moyens plus efficaces pour diagnostiquer et traiter le cancer, il est nécessaire de mener des recherches sur les animaux vivants. Les études sur les souris sont essentielles pour comprendre la complexité des processus fondamentaux qui sous-tendent le cancer dans les organismes vivants. Les souris utilisées dans cette étude viennent d’un laboratoire de recherche américain. Le modèle a été validé sur des souris agées de 6 à12 semaines afin d’induire les tumeurs. Les souris de cet âge sont suffisement adultes pour se rétablir assez rapidement des effets de l’anesthésie, du volume des particules virales utilisé anisi que des effets de l’intubation intratrachéale.