
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-043144)
Chaque cheval subit deux prélèvements nasopharyngés, deux lavages trachéaux et deux lavages bronchoalvéolaires sous sédation, avec le passage d’une sonde dans les voies respiratoires. Onze équidés adultes sont utilisés dans des procédures déclarées au niveau de souffrance le plus faible, léger. Parmi les effets possibles, le porteur liste des saignements lorsque l’ethmoïde est heurté, des tremblements, une sudation excessive, une hyperthermie, un malaise et un choc allergique lié aux sédatifs, ce qui cadre mal avec la gravité annoncée. Tous les chevaux restent en vie à l’issue et sont réutilisés, l’étude cherchant à établir si le cheval peut servir d’animal sentinelle de l’exposition aux bioaérosols en écurie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’environnement a un rôle primordial dans le développement des affections respiratoires qui représentent chez le cheval la deuxième cause de contre-performance après les affections locomotrices. Les bioaérosols peuvent être à l’origine d’affections pulmonaires telles que l’asthme ou d’infections dont l’aspergillose des poches gutturales causée par Aspergillus fumigatus. Il a été décrit une contamination fongique différente entre les écuries où des cas d’aspergillose ont été rapportés par rapport à celles n’ayant jamais hébergé de chevaux atteints. Rhodococcus, bactérie responsable de bronchopneumopathies mortelles chez le poulain, est régulièrement identifié en aérosol dans les élevages équins. De plus, chez le cheval, certains constitutants des bioaérosols (aéroallergènes) peuvent représenter des facteurs externes de stress responsables d’asthme équin. Ainsi, notre projet vise à : – Décrire sur deux années selon les activités (curage, affouragement, paillage, balayage) la composition microbienne des bioaérosols (nature et concentrations des contaminants fongiques et bactériens) – Recenser grâce à des questionnaires les ressentis des soigneurs (empoussièrement, gêne respiratoire) et du comportement des chevaux. Ces questionnaires permettront aussi de renseigner l’environnement des écuries et les conditions de réalisation des prélèvements (activité) – Evaluer la présence des contaminants aériens ayant un potentiel oestrogénique et cytotoxique (bioaérosols, souches fongiques, mycotoxines) – Evaluer la possible utilisation du cheval comme animal sentinelle de l’exposition aux bioaérosols grâce à des prélèvements nasopharyngés, lavages trachéaux et des lavages bronchoalvéolaires. A notre connaissance, très peu d’études se sont intéressées à la caractérisation de ces prélèvements chez le cheval en dehors de recherche de pathologies (thèse vétérinaire de Charles Desson). La caractérisation de ces prélèvements est justifiée par le fait que chez les humains en bonne santé le microbiote nasal semble peu contribuer à la composition du microbiote pulmonaire et qu’il a été aussi montré chez le cheval sain que la composition du microbiote évolue selon le site de prélèvement le long des voies respiratoires supérieures et inférieures. Il s’inscrit dans une approche « One Health » en s’intéressant à l’impact de l’environnement intérieur (écurie) sur la santé et le bien être du cheval et de l’Homme (soigneurs).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La vérification de l’hypothèse de l’utilisation du cheval comme animal sentinelle de l’exposition aux bioaérosols grâce à la caractérisation fongique et bactérienne des prélèvements d’air (prélèvements d’ambiance), des prélèvements nasopharyngés, des lavages trachéaux et des LBA de chevaux exposés à deux types d’environnements (écurie ou extérieur) pourrait alors permettre à la filière équine une évaluation plus simple et plus directe des risques encourus par les chevaux en termes d’affections respiratoires et pulmonaires (santé) et de bien-être mais aussi par les soigneurs qui évoluent dans les mêmes environnements.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour chaque équidé , deux prélèvements nasopharyngés, deux lavages trachéaux et deux lavages bronchoalvéolaire seront réalisés sur l’ensemble de l’étude (1 par condition/période). L’ensemble de ces interventions durera une 30aine de minutes par période (=condition exposés ou non exposés) .
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Du stress peut être induit par les différents actes. Une gêne peut être ressentie par le cheval au moment du passage de la sonde / endoscope et du liquide dans les voies respiratoires pouvant occassioner de la toux qui sera limitée par les effets de la sédation. Des saignements, lors de prélèvements respiratoires, peuvent survenir lorsqu’il y a une irritation des cavités nasales ou que l’ethmoïde est choqué (ce qui peut arriver lorsque le cheval bouge ou qu’il lève la tête brusquement). Une réaction à l’administration de sédatifs peut également survenir (tremblements, sudation excessive, hyperthermie, malaise, choc allergique).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont maintenus en vie à l’issue de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas de modèle permettant de reproduire l’environnement aérien des chevaux sachant que les taux de microorganismes varient selon les saisons et selon les types d’environnement : fermé (écurie) ou ouvert (extérieur). De plus, l’exposition in vitro de cellules ou organoides d’origine équine à des prélèvements réalisés en écurie ou en extérieur grâce à des collecteurs d’air d’ambiance ne permettrait pas par ailleurs de prendre en compte l’influence d’une exposition de l’organisme entier et de l’impact du site de prélèvement sur la composition microbienne.
2. Réduction
Il a été défini pour le projet et afin de disposer d’un effectif suffisant, un total de 11 chevaux présents sur un même site et prélevés deux fois c’est à dire dans deux conditions différentes. 1ère condition : les 11 chevaux dans cette condition seront dits naïfs c’est à dire chevaux non exposés aux bioaérosols générés par les quatre activités suivies : affouragement, balayage, curage et paillage c’est-à-dire hébergés en extérieur. 2ème condition : les 11 chevaux dans cette condition seront dits exposés (chevaux en écurie fermée). Si on considère qu’il y au plus de 25% de faux positifs chez les « naïfs » et qu’il y a des vrais positifs dans 90% de cas chez les exposés, en utilisant le test exact de Fisher, cela conduit à 11 chevaux par condition.
3. Raffinement
Les procédures sont réalisées selon un protocole standardisé par un vétérinaire. La gêne (et/ou douleur) et le stress induits par ces actes seront contrôlés par la sédation. Si des saignements apparaissent, une évaluation initiale permettra de qualifier la quantité de sang visible. Si elle est minime (stries ou petites gouttes), la situation est souvent bénigne. En revanche, si celle-ci est modérée à abondante (c’est-à-dire un flux continu ou une accumulation dans les voies respiratoires), cela signale une complication et nécessite l’intervention immédiate du vétérinaire. A la fin de chaque lavage bronchoalvéolaire, les équidés seront placés dans un paddock en sable ou un box paillée (à proximité d’un autre congénère) avec un panier de jeûn évitant tout risque de fausse déglutition, et ce jusqu’à l’absence d’effets visibles de la sédation. Les chevaux ne recevront pas de ration alimentaire dans les 2 heures suivant le prélèvemement. Les chevaux seront manipulés par des personnes familières ayant en charge les soins quotidiens.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les animaux prélevés seront des animaux adultes de même tranche d’âge (5 -10 ans) ayant passé un temps suffisant dans les conditions choisies (fermé : écurie ou ouvert : extérieur) afin que les prélèvements puissent refléter l’environnement (air ambiant) des chevaux.