Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Issues du cheptel de l’établissement, 40 brebis sont saillies pour en retenir 25 gestantes, dont les agneaux entreront eux aussi dans le protocole. 160 moutons au total vont être utilisés dans des procédures déclarées d’un niveau de souffrance modéré, 141 tués et 19 renvoyés à l’élevage. Les brebis gestantes reçoivent huit injections intramusculaires sur dix-huit semaines pour reproduire un syndrome des ovaires polykystiques, leurs descendants subissent quatorze prises de sang de la naissance à vingt-quatre semaines, et les femelles pubères jusqu’à 36 prélèvements par cathéter jugulaire, immobilisées douze heures en cage individuelle sans pouvoir se retourner. Le porteur écrit en majuscules que le nombre de brebis a été doublé « suite à un problème sanitaire, résolu depuis », sans dire combien d’animaux la première version prévoyait.

NTS-FR-050654v2
Types de recherche
· Diagnostic des maladies · Recherche appliquée ·
Mots-clés
syndrome d'ovaires polykystiques, brebis, hormone anti-mullérienne, androgènes
Moutons : 160

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la cause la plus fréquente d’infertilité féminine (8 à 13 % des femmes en âge de procréer dans le monde). Les critères du diagnostic du SOPK sont basés sur au moins deux des trois caractéristiques suivantes : 1/ irrégularité ou absence des règles, 2/ un taux élevé d’hormones masculines dans le sang, et 3/ ovaires renfermant de nombreux kystes folliculaires de 2 à 6 mm. La plupart des patientes atteintes de SOPK présentent également des taux d’hormone AMH (anti-müllérienne) et LH (hormone lutéinisante) élevés. De plus, ce trouble est généralement associé à une résistance à l’insuline, de l’obésité, des taux de cholestérol élevés et une hypertension artérielle. Il est important de noter que la plupart des caractéristiques du SOPK sont transmises aux filles des femmes atteintes de ce syndrome, puisque 60 à 70 % de leurs filles développent ce syndrome. Malgré le nombre de femmes touchées par ce trouble, les causes du SOPK restent incomprises. Parmi les facteurs impliqués dans le SOPK, les androgènes, et l’AMH ont été reconnus comme jouant un rôle central. L’hypothèse actuelle est que l’excès d’androgènes ou d’hormones sexuelles masculines durant la grossesse pourrait entraîner des modifications au niveau de l’activité ovarienne et la sécrétion de certaines, ce qui entraînerait le développement du SOPK à l’âge adulte. Notre projet qui se déroulera dans 2 établissements utilisateurs (EU1 et EU2) a pour objectif de tester si un anticorps dirigé contre l’AMH peut supprimer les défauts d’ovulation observés dans un modèle de brebis ayant reçu un excès d’androgènes mimant le SOPK chez la femme. En effet, la brebis est une espèce proche de la femme en terme de développement ovarien. Nous étudierons également chez la mère et chez ses descendants mâles les conséquences d’un taux élevé d’hormones masculines au niveau des tissus périphériques et reproducteurs.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Notre étude permettra de constituer un corpus de données visant à évaluer si un anticorps anti-AMH est un bon candidat pour des essais ultérieurs chez l’humain, en l’occurence chez la femme développant un syndrome des ovaires polykystiques. Elle permettra aussi de mieux comprendre les effets moléculaires de la testostérone chez la femme et les conséquences chez la descendance mâle.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour les 40 brebis adultes : 1 prise de sang (PS) intra-veineuse (IV) (jugulaire) sera réalisé à 18 jours après la saillie. Pour les 25 brebis gestantes sélectionnées : 8 Injections intra musculaire (IM) sur 18 semaines. 4 PS IV (jugulaire) pendant la gestation. Pour tous les descendants mâles (n=20) : 14 Prises de sang par IV (jugulaire) de la naissance jusqu’à 24 semaines. Pour tous les descendants femelles (n=20) : 14 PS par IV (jugulaire) de la naissance jusqu’à 24 semaines. Autour de la puberté, 6 PS par IV (jugulaire) sur 3 semaines. 1 anesthésie générale pour 1 passage à l’IRM à la puberté. Pose de cathéter à la puberté sous anesthésie local. 36 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 2 Injections par cathéter jugulaire. 12 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 16 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. Pour les femelles pubères issues des mères androgénisées (n=16) : 18 Prises de sang sur 9 semaines. 4 injections intra veineuse (jugulaire). 1 anesthesie genérale pour un passage à l’IRM après l’injection de l’anticorps. 1 pose de cathéter après le passage à l’IRM sous anesthesie local. 36 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 2 Injections par cathéter jugulaire. 12 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. 16 prélèvements de sang par cathéter jugulaire. Le projet se déroulera dans 2 établissements utilisateurs (EU1 et EU2). Dans l’EU1 seront effectuées toutes les expérimentations sauf l’anesthésie générale et le passage à l’IRM qui seront réalisés dans l’EU2.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les différentes prises de sang peuvent engendrer une légère douleur ainsi qu’un hématome au niveau du site de prélèvement, les differentes injections peuvent également engendrer une légère douleur au niveau du site d’injection. De plus, la contention pour ces différents actes peut stresser les animaux. La pose des cathéters jugulaires peut entraîner des douleurs au point d’injection. Pour les animaux traités, il existe un risque d’apparition de kystes et d’anomalies de la vessie (observés par IRM). Il peut arriver mais trés rarement des signes extérieurs associés à une douleur comme une dérivation urinaire entre les cuisses qui peut entrainer des brûlures. Les nuisances en lien avec l’anesthésie de l’IRM sont une irritation des voies respiratoires lors de l’intubation et l’extubation, un possible hématome lors l’intraveineuse et un potentiel stress lors des manipulations.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Sur les 40 brebis saillies, 25 seront utilisées, les 15 brebis non selectionnées retourneront à l’élevage. Les 25 brebis sont nécessaires afin d’obtenir suffisamment de descendants femelles pour tester l’effet de l’injection d’anticorps . Une fois l’agnelage effectué, les 20 brebis androgénisées et les 5 témoins seront euthanisées afin de récupérer les tissus périphériques et reproducteurs pour une analyse moléculaire. Sur les 40 descendants, 4 descendants femelles issues des mères témoin pourront retourner sur l’élevage. Ainsi, seront euthanasiés 12 descendants mâles issus des mères androgénisées et 4 descendants mâles issus des mères témoin mais aussi 16 descendants femelles injectés soit avec l’anticorps (n=8) ou avec une solution témoin (n=8) afin de pouvoir mener une étude moléculaire sur les tissus périphériques et reproducteurs.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nous ne pouvons tester les anticorps que sur un organisme entier. Aujourd’hui, aucune approche in vitro ou in silico ne peut rendre compte de la complexité de ce qui se passe dans un organisme entier. D’autre part, il a été démontré dans la littérature que la brebis androgénisée est un bon modèle syndrome d’ovaires polykystiques chez la femme.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous allons utiliser 25 brebis gestantes, 20 (16+4) agneaux mâles et 20 (16+4) agneaux femelles jusqu’à la puberté. Ce nombre a été estimé en utilisant un test de comparaison de deux moyennes (nombre de follicules antraux) dans chaque groupe. Avec des lots de 8 descendants femelles issues de mères androgénisées cela donne une puissance tout à fait satisfaisante. Afin d’avoir 16 brebis issues de mères androgènisées, il faut partir d’au moins 20 brebis au départ. Afin de vérifier que le traitement de testostérone fonctionne, nous suivrons également 5 brebis qui seront non traitées, et leurs descendants.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

NOUS MAINTIENDRONS LES AGNEAUX SOUS LEUR MÈRE, CONTRAIREMENT À CE QUI ÉTAIT PRÉVU INITIALEMENT. CETTE STRATÉGIE PRÉSENTE UN DOUBLE AVANTAGE : D’UNE PART, LA PROTECTION VACCINALE DES MÈRES SERA TRANSMISE AUX AGNEAUX VIA LE COLOSTRUM, RENFORÇANT AINSI LEUR IMMUNITÉ PASSIVE ; D’AUTRE PART, LA PRÉSENCE MATERNELLE FAVORISERA UNE TRANSITION ALIMENTAIRE PLUS PRÉCOCE VERS LE FOURRAGE, APPORTANT UNE PROTECTION DIGESTIVE SUPPLÉMENTAIRE. Les animaux seront gardés en groupes sociaux stables tout au long de l’expérimentation. LA PÉRIODE D’ACCOUPLEMENT SERA AVANCÉE DE 15 JOURS PAR RAPPORT AU RESTE DU CHEPTEL POUR PERMETTRE UNE SURVEILLANCE RENFORCÉE DES NOUVEAUX NÉS PAR LE PERSONNEL ZOOTECHNIQUE. Pour limiter les stress liés à la manipulation, ils seront visités tous les jours avec contact direct ou non, permettant l’habituation de l’animal à l’expérimentateur et un suivi du bien-être des animaux. Nous récompenserons les animaux après chaque session de prises de sang en distribuant du concentré à l’auge excepté lorsqu’un suivi métabolique sera prévu sur ces prélèvements. Lors de la pose des cathéters, le comportement et l’apparence des brebis (notamment au niveau de l’implantation du cathéter) seront suivis avec attention. Les animaux seront maintenus en cage individuelle (107 cm de long sur 67 cm de large) le temps des prélèvements (12 heures), ils ne pourront pas se retourner mais auront tout de même un contact visuel et olfactif avec leurs congénères. Avant toute injection intramusculaire ou intraveineuse, une application de gel antalgique (type Vétobiol) sera réalisée. Les deux veines jugulaires seront utilisées en alternance pour limiter le risque d’hématome. Les animaux seront mis à jeun 12 heures avant l’anesthésie pour le passage à l’IRM, afin de limiter tout risque de régurgitation. Les brebis seront maintenues sous O2 à la fin de chaque anesthésie pour améliorer la qualité et la rapidité du réveil. Dès que l’animal présentera les premiers signes de déglutition ou de clignement des paupières, il sera extubé. Le transport des animaux avant l’opération et leur retour sera réalisé par un technicien formé et expérimenté dans une bétaillère agréée pour le transport d’animaux vivants. Le trajet est de moins de 5 minutes et la bétaillère sera abondamment remplie de paille.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

SUITE À UN PROBLÈME SANITAIRE, RÉSOLU DEPUIS, LE NOMBRE DE BREBIS A ÉTÉ DOUBLÉ. Afin de pouvoir mimer le SOPK chez la femme nous souhaitons utiliser des brebis gestantes pour plusieurs raisons : 1. contrairement aux rongeurs, la brebis présente l’avantage d’avoir un développement ovarien similaire à la femme. 2. De plus, ce modèle a déjà été validé dans nos unités. – 40 brebis saillies seront utilisées pour la détection de 25 brebis gestantes qui rentreront dans la procédure. Cet effectif doit permettre d’assurer la production de descendants assez conséquente pour poursuivre nos travaux. – 20 descendants mâles seront étudiés de la naissance (J0) à la puberté (J168). – 20 descendants femelles seront étudiées de la naissance (J0) à la puberté (J168). – 16 femelles pubertes sur les 20 entreront dans la 2ème phase de l’expérimentation (de J168 jusqu’à J235).