Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le cancer colorectal, troisième cancer le plus fréquent en France, se propage au foie ou au poumon (métastases) dans 15 % des cas, ce qui aggrave considérablement le pronostic des patients. Une molécule appelée progastrine, présente en grande quantité dans leur sang, favorise la croissance de la tumeur initiale, mais son rôle dans la formation des métastases reste inconnu. Ce projet vise à démontrer que la progastrine pourrait faciliter la survie de certaines cellules immunitaires (neutrophiles) et ainsi favoriser l’apparition de métastases au foie et aux poumons. Pour cela, des expériences sur des souris permettront d’abord d’identifier les mécanismes cellulaires puis de tester si le blocage de la progastrine réduit effectivement la formation de métastases. Ces recherches, essentielles pour développer de nouveaux traitements, justifient l’utilisation de modèles animaux, dans le strict respect des règles éthiques et de bien-être animal.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices sont d’ordre translationnel (applicable en clinique) puisque ce projet permettra de mettre en évidence la progastrine comme une nouvelle cible thérapeutique afin de bloquer la formation de métastases hépatiques et/ou pulmonaires chez les patients atteints de cancer colorectal avancé de mauvais pronostic. A court terme, ce projet nous permettra de proposer de nouvelles combinaisons thérapeutiques avec une meilleure efficacité. Ainsi, nos travaux offriront au long terme de nouvelles thérapies pour traiter les patients et améliorer leur espérance de vie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour la première procédure, les animaux auront une injection d’anesthésique/analgésique (1 injection/animal, 10sec). Pour la deuxième et la troisième procédure : Les animaux auront des injections en intra-péritonéale de molécules 48h avant la chirurgie (1 injection/souris, 10sec), des injections en intra-péritonéale de molécules 24h avant la chirurgie (1 injection/souris, 10sec), tous les jours la première semaine après la chirurgie (1 injection /souris, 10sec) puis tous les 3 jours pendant 3 semaines (1 injection/souris, 10sec). Une chirurgie avec couverture analgésique sur 48h (2 injections par jour), injections d’anti-inflammatoires sur les deux jours suivants (2 fois par jour). Deux prélèvements sanguins espacés de deux semaines après la chirurgie. Une injection d’anesthésique/analgésique léthale (1 injection/animal, 10sec)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les injections peuvent générer du stress à la manipulation et une légère et rapide douleur au site d’injection. Les chirurgies peuvent induire des douleurs post-chirurgicales et/ou de l’inconfort au réveil, pris en charge par des analgésiques. La formation de métastases peut induire un mal-être ou des souffrances. La collecte de sang sous anesthésie peut induire un léger inconfort localisé au réveil. Une infection oculaire peut apparaître.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront euthanasiés et les organes d’intérêts seront récupérés pour une analyse histologique post mortem.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif 1 de notre projet utilise les cellules immunitaires issues du sang frais de souris car il n’y a aucune lignée cellulaire qui peut les remplacer. Aussi, pour l’objectif 2, il n’y a aucun modèle in vitro qui permet l’étude de la formation de métastases dans les organes périphériques. Nous avons donc recours aux modèles métastatiques chez la souris.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les effectifs ont été ramenés au minimum permettant toutefois d’avoir un effet statistique significatif. Nous avons utilisé un outil informatique pour calculer le nombre d’animaux nécessaires en utilisant les données préliminaires.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

En plus des bonnes conditions d’hébergement, nous éviterons les animaux isolés et si un mâle doit être isolé, une femelle de compagnie âgée sera rajoutée dans la cage. Les souris seront préalablement acclimatées aux manipulations et à l’induction anesthésique afin de limiter les réactions de stress. Pour chaque procédure chirurgicale, les souris sont maintenues sur des tapis chauffants et les conditions d’anesthésie générale avec analgésique sont réalisées pour une meilleure prise en compte de la douleur. Pour la chirurgie abdominale (procédure 2), les animaux seront habitués au chirurgien pendant quelques jours avant la chirurgie et des conditions d’asepsies seront rigoureusement appliquées pour éviter la perte d’animaux due à des infections post-chirurgies. Les prises en charge avant les chirurgies sont une analgésie locale, une analgésie générale et un traitement anti-inflammatoire. Après la chirurgie, les animaux recevront pendant 2j consécutifs un analgésique et un anti-inflammatoire. Les prélèvements sanguins seront réalisés selon des modalités visant à minimiser la douleur, le stress et l’inconfort des animaux. Chaque prélèvement sera effectué sous anesthésie gazeuse à l’isoflurane, permettant une induction et un réveil rapides, et réduisant la contrainte liée à l’immobilisation. Les volumes prélevés respecteront strictement les recommandations en vigueur pour des prélèvements répétés sur une période de quatre semaines, avec un espacement adéquat entre les prélèvements afin de préserver l’état physiologique des animaux. Les animaux feront l’objet d’une surveillance attentive après chaque procédure (comportement, reprise de l’activité, état général), et tout signe de mal être conduira à une prise en charge adaptée ou à la mise à mort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris présentent l’avantage d’être un très bon modèle pour l’étude des métastases hépatiques et pulmonaires. Les modèles sont bien établis et décrits dans la littérature et les cellules tumorales sont du même statut génétique, il n’y a donc pas de rejet et le système immunitaire peut donc être étudié. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte, entre 8 et 15 semaines, lorsque le système digestif est à maturité.