Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les anévrismes cérébraux correspondent à une dilatation fragile des artères du cerveau. Il s’agit d’une pathologie fréquente (60/1000 habitants) et grave, qui expose au risque d’hémorragie cérébrale par rupture de l’anévrisme, conduisant au décès du patient dans plus de 50% des cas. Les traitements actuellement disponibles sont la chirurgie ou le traitement par voie endovasculaire (par l’intérieur des vaisseaux sanguins), notamment en implantant un dispositif dans l’artère portant l’anévrisme, ou directement dans l’anévrisme, pour empêcher le sang d’aller dans la zone dilatée, le rediriger dans l’artère normale, et permettre ainsi la cicatrisation de l’anévrisme. Cependant, malgré la mise en place d’un dispositif, il existe un pourcentage de cas (de 10 à 30 % en fonction du dispositif) dans lequel l’anévrisme n’apparait pas occlus lors des contrôles, et la cicatrisation de l’anévrisme n’est pas obtenue. Cela incite aujourd’hui les industriels à développer de nouvelles technologies de ces dispositifs afin d’améliorer la cicatrisation biologique. Les industriels innovent également en modifiant la composition et/ou la conformation du dispositif, afin d’améliorer ses performances. Ils créent également de nouveaux dispositifs permettant de traiter ces anévrismes sans les contraintes de la double anti-agrégation plaquettaire, indispensable pour certains d’entre eux. L’adjonction d’un traitement médicamenteux pourrait également permette de favoriser cette cicatrisation. Le projet consiste à étudier, sur un modèle d’anévrisme chez le lapin, la performance d’un dispositif implantable (accompagné ou non par l’adjonction d’un traitement médicamenteux) pour le traitement des anévrismes intracrâniens. Le but de ce projet sera d’étudier la cicatrisation de l’anévrisme et l’efficacité du dispositif par des analyses radiologiques, histologiques et moléculaire, et nécessitera donc l’utilisation de l’animal pour être mené à bien.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet se déclinera en plusieurs études (20 études maximum sur la durée totale du projet) et permettra d’effectuer des analyses non réalisables chez l’être humain, afin évaluer la réponse biologique à l’implantation du dispositif, en fonction du ou des traitements administrés aux lapins, ce qui n’a encore jamais été fait sur ce modèle. Ce projet permettra notamment d’évaluer la sécurité et l’efficacité de dispositifs innovants, dans des conditions comparables à l’humain et permettra de tester entre minimum 10 et maximum 40 dispositifs innovants différents, en fonction des conditions. Des analyses de prolifération tissulaire sur le dispositif et de thrombogénicité (analyse du risque de formation de caillots sanguins) apporteront des connaissances supplémentaires ainsi qu’une meilleure compréhension sur les indications du dispositif avant de l’utiliser chez l’humain.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à 3 interventions sous anesthésie générale comportant de la chirurgie d’une durée d’1h environ, pour la création d’un anévrisme, l’implantation du dispositif et le contrôle avant la mise à mort. Un ou plusieurs contrôles intermédiaires (imagerie à rayons X avec possibilité d’imagerie optique nécessitant une nouvelle anesthésie générale et chirurgie), d’une durée de 45 min, pourront être effectués. La fréquence des anesthésies générales sera discutée en amont, en fonction des hypothèses de recherches définies par l’étude, en étroite collaboration avec un vétérinaire pour la faisabilité. En fonction des études issues de ce projet, des prélèvements sanguins pourront être effectués, lors des anesthésies générales, de préférence, ou sous contention adaptée avec la possibilité de recourir à une sédation légère ou une anesthésie locale. Pour les animaux recevant un traitement, ils seront manipulés 1 à 2 fois par jour pendant plusieurs semaines, placés dans une cage de contention et le traitement sera donné par une sonde de gavage (environ 1 min par animal).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’anxiété et le stress sont des effets indésirables attendus avant, et après chaque intervention/prélèvement sanguin. Un stress supplémentaire peut être observable sur les animaux qui seront amenés à recevoir un traitement oral quotidien. Une gêne et une douleur post-chirurgicales sont possibles. Les animaux pourront recevoir, en fonction des études issues du projet, un traitement oral antiagrégant (sonde de gavage, 1 minute maximum /jour / animal). Ils auront plusieurs anesthésies générales : une pour la création de l’anévrisme, une pour l’intervention chirurgicale, une pour chaque contrôle intermédiaire et une pour les imageries de contrôle avant mise à mort. Les animaux seront hébergés en cage individuelle tout au long du projet pour des problématiques de suivi et d’agression entre animaux. Malgré la possibilité de conserver des interactions visuelles, auditives et olfactives entre animaux, il est possible que certains animaux développent du stress ou des comportements d’ennui dans leur environnement, comportements qui seront surveillés plus étroitement.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure pour le prélèvement de la pièce anatomique d’intérêt à des fins d’analyse sur les tissus.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet vise à étudier la sécurité, la conformabilité, la biocompatibilité et l’efficacité de dispositifs de traitement d’anévrisme dans des conditions in vivo. Les phénomènes biologiques, tels que la coagulation sanguine, la pression sanguine, ou encore les contraintes liées au déploiement du dispositif n’ont à l’heure actuelle aucune méthode alternative, in vitro ou ex vivo, permettant de reconstruire un modèle proche de ces conditions, ainsi que son suivi au cours du temps. L’utilisation d’animaux dans le cadre de ce projet est ainsi indispensable.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ce projet est à visée exploratoire et a pour objectif l’obtention de résultats préliminaires au cours d’études de faisabilité et de sécurité. Ces données pourront au besoin servir de base pour établir un nouveau projet intégrant des analyses d’efficacité avec calcul statistique, dans un dossier dédié (distinct de ce dossier). Nous sommes donc ici dans le cadre d’un projet pour lequel plusieurs études distinctes pourront être développées. Dans le cadre de ce présent projet, pour chaque étude, le nombre minimal de lapin sera utilisé. Ainsi, pour chaque dispositif testé dans les conditions de procédure choisie, de groupes nécessaires ; et pour prendre en compte le risque d’échec de la procédure, de 5 à 20 lapins par étude seront utilisés. Par ailleurs, l’implantation chez le même lapin de plusieurs dispositifs pourra éventuellement servir de contrôle et ainsi diminuer le nombre de lapins nécessaires. Le nombre d’animaux nécessaire dans le cadre de prochaines études issues de ce projet sera défini méthodologiquement, en fonction de(s) l’hypothèse(s) de recherche, en association avec la puissance définie à la conception de l’étude. Le nombre d’études issues de ce projet sera fonction du nombre total d’animaux demandés (200) et sera au maximum de 20 études sur la durée totale du projet. Ce nombre d’animaux a été estimée de manière rétrospective, en s’appuyant sur les études précédemment réalisées dans le cadre d’un précédent projet.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés dans le respect du bien-être animal. Les animaux seront gardés pendant une période d’acclimatation de 5 jours minimum avant toute intervention chirurgicale. Leur environnement comportera un enrichissement (bûchettes à ronger, foin…). Les animaux seront suivis quotidiennement et leur état de santé et de bien-être sera évalué tout au long du projet. Les animaux seront anesthésiés et analgésiés pendant les interventions chirurgicales et seront suivis au cours du projet. Un suivi renforcé sera effectué durant les premiers jours après chaque intervention opératoire. Si un animal présente un signe de douleur ou de souffrance, des analgésiques pourront lui être administrés. Si une infection se présente, un traitement antibiotique pourra être mis en place. Dans le cas où l’animal présenterait une souffrance, une maladie ou une altération physique sans qu’il soit possible de le soulager efficacement (atteinte d’un point limite), l’animal sera sorti d’expérimentation et mis à mort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le lapin est un modèle animal reconnu pour l’étude des anévrismes intracrâniens. La biologie relative à l’utilisation des dispositifs implantables est ainsi bien documentée chez cette espèce et similaire aux mécanismes humains. Par ailleurs, la taille des vaisseaux sanguins du lapin est similaire à celle des vaisseaux sanguins humains, où sont implantés les dispositifs étudiés. Les animaux utilisés seront des adultes indifférenciés (mâles ou femelles) de plus de 3 kg pour la taille des artères et la taille des dispositifs usuellement utilisés chez l’humain.