
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-04-10 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-069245)
Un morceau de queue d’environ un millimètre coupé au ciseau chirurgical sur animal vigile, à dix jours de vie : tous les souriceaux nés dans ce projet subissent ce prélèvement pour génotypage. 370 souris porteuses d’un transgène humain lié à la maladie d’Alzheimer vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. 120 reçoivent des injections directement dans l’œil sous anesthésie, 280 passent trois ou quatre séances d’imagerie, 90 subissent une heure d’enregistrement de potentiels évoqués, et le porteur reconnaît que ces manipulations peuvent provoquer inflammation, opacité cornéenne ou paupières mi-closes. Quarante souris passent des « examens d’acuité visuelle » à trois reprises dans leur vie, sans que le RNT précise en quoi ils consistent.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative caractérisée par des troubles cognitifs et psychocomportementaux entraînant une perte d’autonomie. L’incidence de cette maladie est en augmentation avec le vieillissement de la population. Un diagnostic précoce représente un véritable enjeu de santé public. Aussi, déterminer des signes de diagnostic précoce, est indispensable pour le traitement dans les meilleurs délais des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Lors des études précédentes, il a été découvert qu’un modèle murin (souris) de la maladie d’Alzheimer, présentait des altérations au niveau rétine dès l’âge de 6 mois avec l’apparition de protéines Tau phosphorylés, ainsi qu’un déficit visuel accompagné d’un retard de la transmission synaptique au niveau de la couche des photorécepteurs de la rétine. Le but du présent projet est de comprendre le mécanisme de ces changements physiologiques précoces durant la maladie d’Alzheimer et de visualiser les protéines Tau phosphorylé (enchevêtrements) in vivo.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus dans le cadre de ce projet sont d’établir un nouvel outil de diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer ainsi que de comprendre le mécanisme de ces changements physiologiques précoces durant la maladie d’Alzheimer.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux transgéniques présentent un phénotype dommageable. Ces souris peuvent souffrir de déficit moteur à partir du 7ème mois. Au 10ème jour après la naissance, un prélèvement caudal d’environ un mm coupé au ciseau chirurgical à bout pointu sur animal vigile pour génotypage sera réalisé. Quelques secondes seront nécessaires pour réaliser cet acte. Tous les animaux naissants seront soumis à cet acte une seule fois dans leurs vies. Durant cette étude des examens d’acuité visuelle seront réalisés sur des souris vigiles. Quarante animaux seront soumis à cet examen d’une duré de quelques minutes trois fois dans leurs vie. Les examens d’imageries seront réalisé sur 280 souris anesthésiés. La procédure d’imagerie dure 5 à 10 min, le groupe de quarante souris non injecté sera soumis a ce test 3 fois dans leurs vie, les 240 souris injecté seront quant à elle soumise 4 fois à l’examen d’imagerie. Les injections en intraveineuses des molécules d’intérêt sur animal vigile sont une procédure à durée de moins d’une minute, cela concernera 120 souris. Les injections intraoculaire des molécules d’intérêt seront réalisés sur 120 animaux anesthésiés , cette procédure dure 5 à 10min. L’enregistrement des potentiels évoqués se fera une seule fois sur 90 animaux sous anesthésie générale, la durée de l’enregistrement est d’une heure. Des analgésiques seront donnés aux animaux afin de réduire la sensation de douleur. Les 370 souris seront euthanasiées par différentes méthodes réglementaires selon les besoins expérimentaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux développent une pathologie neurodégénérative avec l’âge et pourront donc présenter une perte de poids après le 7ème mois de vie ainsi qu’un déficit cognitif pouvant entraîner une agressivité accrue. Les animaux seront soumis à une biopsie caudale (environ 1mm) afin de réaliser l’identification génétique des animaux et à un transport de courte durée. Pendant les anesthésies, il est possible que les animaux présentent des difficultés respiratoires ou une mauvaise réaction à l’anesthésie pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardio-respiratoire (très rare). Au cours de l’étude, et suite aux manipulations (imagerie de l’œil, injection intra-veineuse/intra-oculaire, etc.) une atteinte oculaire est possible telle que : inflammation, opacité cornéenne, paupières mi-closes, etc.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La totalité des animaux seront euthanasiés en fin de période de maintien par différentes méthodes réglementaires pour la réalisation des différentes analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les animaux serviront à comprendre la réponse physiologique de la rétine ainsi que le développement de nouveaux marqueurs rétiniens lors de la maladie d’Alzheimer. La fonction rétinienne sera étudiée par imagerie et électrophysiologie in-vivo chez ce modèle. L’objectif de cette étude concerne l’exploration des relations cellulaires au sein de la rétine à ce jour aucun modèle cellulaire n’est assez complexe pour se substituer à mimer la rétine.
2. Réduction
Une analyse de puissance statistique a été établie et le nombre d’animaux utilisé a été estimé à 370 animaux en vue d’atteindre un compromis entre une puissance élevée et un nombre d’animaux nécessaire. Nous procéderons à des tests statistiques pour une interprétation fiable des résultats.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des cages de stabulation avec enrichissement (cotons, tunnel en carton et un bâton en bois) alimentation et abreuvement à volonté. Les animaux seront examinés quotidiennement par le personnel qualifié de l’animalerie et/ou les expérimentateurs. Les animaux seront pesés une fois par semaine à partir du 7ème mois. La première pesée sera prise comme référence. L’atmosphère est contrôlée pour les conditions d’hébergement (température et hygrométrie stable). Les animaux bénéficieront si nécessaire d’une anesthésie gazeuse ou fixe par injection intrapéritonéale. Deux différents analgésiques seront aussi administrés pour réduire la douleur pendant les expérimentations. Tous signes d’inconfort ou d’atteinte oculaire sera pris en compte tels que l’apparence et la position anormale : poil ébouriffé, perte de poids (à partir de 6 mois), dos courbé, couché sur le côté ; comportements anormaux : agressivité soudaine, isolement, réduction de la mobilité. Les points limites sont : atteinte oculaire (cataracte, inflammation…), léthargie, immobilité, perte de 20 pour cent de poids et difficultés respiratoires (gasps). Toutefois, les critères absolus ne devraient pas être mis en évidence aux vues des procédures utilisées et de notre expérience sur ce modèle dans notre laboratoire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris présente l’avantage d’être physiologiquement similaire à l’Homme. En plus la souris modèle présente un transgène humain. Ce modèle fait partie des modèles les plus utilisés pour l’étude de la maladie d’Alzheimer. Les souris seront étudiées à trois différents âges : – 3 mois : âge où un début de gliose et de perte synaptique sont observé – 6 mois : âge auquel les enchevêtrements sont observés avec un début de déficit cognitif – 9 mois : âge correspondant à une perte neuronale Ces âges ont été bien définis dans la littérature