
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-069775)
Trois heures d’anesthésie, l’ouverture du crâne et l’injection d’un virus dans deux zones du cerveau : douze ouistitis subissent cette chirurgie, quatre autres recevant deux injections intraveineuses de virus à quinze jours d’intervalle. Les seize animaux vont être utilisés dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger à modéré, puis tués pour prélèvement de tissus. Le projet compare les connexions neuronales du cortex préfrontal chez des individus porteurs de variantes différentes d’un gène lié à la vulnérabilité à la dépression, la retombée annoncée pour les patients étant renvoyée au long terme. Le porteur signale par ailleurs que le rasage de la tête peut perturber les interactions sociales de l’animal, et affirme que le primate non humain est « le seul modèle approprié ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La dépression et, plus largement, les troubles liés au stress constituent un enjeu majeur dans nos sociétés. Ces affections ont des origines multiples, avec une forte composante génétique. Des études ont montré que des modifications de l’activité de certaines zones du cerveau jouent un rôle clé dans les symptômes de ces troubles. Parmi un grand nombre de gènes décrits dans la littérature scientifique, nous nous sommes concentrés sur un gène précis dont les variantes présentes naturellement dans les populations humaines influencent la vulnérabilité ou la résilience face à la dépression. Il est intéressant de noter que l’effet de ces variantes est également observé chez les primates non humains. Pour approfondir notre compréhension, nous souhaitons examiner les éventuelles différences au niveau des connexions des neurones chez les animaux portant des variations différentes de ce gène.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les troubles dépressifs sont des pathologies graves ayant un fort taux de rechute et d’échec thérapeutique. Mieux comprendre l’influence des différentes variantes d’un gène impliqué dans la dépression permettra de mieux appréhender ces maladies. Les données issues de ce projet permettront à long terme une meilleure prise en charge des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour la première procédure : les 12 animaux du lot 1 seront anesthésiés (durée 3h), puis une injection de virus sera réalisée dans deux zones du cerveau. Pour la seconde procédure : 4 animaux seront anesthésiés (durée 30 min) lors d’injections intraveineuses de virus. Chaque animal aura 2 injections de virus à 2 semaines d’intervalle.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Stress : un stress inhérent à la capture, aux anesthésies et aux piqûres. Chirurgie : douleurs liées à l’ouverture du crâne, potentiel problème d’interaction sociale dû au faite de raser la tête de l’animal, risque d’infection au niveau de la plaie. Injection intraveineuse : apparition d’un hématome qui pourrait masquer une inflammation
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort pour prélèvements de tissus en vue d’analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il est très difficile de comprendre comment fonctionnent les circuits neuronaux dans notre cerveau. Les méthodes utilisées chez les humains ne sont pas assez résolutives. De plus, il n’existe pas de modèle artificiel des circuits étudiés permettant une simulation informatique. Pour mieux comprendre ces mécanismes, nous avons besoin d’un modèle qui soit proche de l’humain sur le plan anatomique et comportementale. En raison de la proximité anatomique et fonctionnelle des structures étudiées avec celles de l’humain, le primate non humain (PNH)est le seul modèle approprié.
2. Réduction
Nous réduirons le nombre d’animaux utilisés au minimum accepté par la communauté scientifique. Les études anatomiques sur le primate non humain sont généralement réalisées sur un minimum de 4 animaux par groupe (dans notre cas 2 groupes x4 = 8 individus). Nous avons prévu un nombre supérieur à 8 animaux, prenant en compte une possible erreur dans la localisation des sites d’injections. Nous estimons avoir besoin de 12 animaux pour ce projet auquel il faut ajouter 4 animaux pour les injections intraveineuses.
3. Raffinement
Nous mettrons en place des points limites préalablement définis. Les procédures chirurgicales seront effectuées sous anesthésie générale et une médication appropriée (analgésie) sera fournie dans le but d’éviter toute souffrance liée aux chirurgies. Les animaux sont hébergés en groupe social (2 individus minimum par groupe), dans des espaces enrichis dont les dimensions dépassent la règlementation actuelle. Tester la validité de l’approche ‘injection intraveineuse’ ouvrira le champ à des expériences futures moins invasives pour les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Notre étude s’intéresse à comprendre comment certaines caractéristiques génétiques humaines contribuent à la vulnérabilité face aux maladies psychiatriques, notamment la dépression. En raison de la proximité anatomique et fonctionnelle des structures étudiées avec celles de l’humain, le primate non humain (PNH) est le seul modèle approprié. Nous avons besoin d’animaux matures de plus de 18 mois pour notre étude. Avant 18 mois, les individus sont juvéniles, leur système nerveux n’est pas encore complètement développé.