
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-26 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-072878)
526 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Une injection intraveineuse de siRNA déclenche une thrombose que le porteur qualifie lui-même de « douleur sévère », pouvant provoquer perte de poids, léthargie, hypothermie et hémorragies oculaires et sous-cutanées. Les souris qui perdent plus de 20 % de leur poids ou atteignent un score limite sont mises à mort, les autres étant tuées pour prélever sang et tissus. Le porteur affirme qu’il n’existe « aucune méthode alternative » et revendique le modèle murin comme référence, tout en reconnaissant des différences entre immunité murine et humaine.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à comprendre quels sont les conséquences du rôle inflammatoire plaquettaire et le thrombin dans la maladie thromboembolique veineuse (MTEV).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les plaquettes et le thrombin semblent pouvoir jouer un rôle clé dans cette situation : plaquettes sont connues comme impliquées à la fois dans la survenue d’un épisode thrombotique, et aussi comme facteurs intervenant dans la réponse inflammatoire. Les plaquettes régulent directement la réponse immunitaire par l’expression et la sécrétion de molécules inflammatoires. De plus, elles sont capables de fixer des micro-organismes. Enfin, les plaquettes interagissent avec les cellules immunitaires, notamment les neutrophiles et les macrophages. On pense maintenant que les plaquettes pourraient agir comme des cellules sentinelles du système immunitaire. La thrombine est un acteur clé de la coagulation et un activateur plaquettaire, et une meilleure compréhension du rôle de cette molécule est cruciale pour améliorer nos connaissances sur la MTEV
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris vont subir de 1 à 2 injections intrvaveineuses d’une durée de 4 secondes chacune, sous anesthésie gazeuse.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La thrombose induite pas ces approches expérimentales ne met pas la vie des souris en danger. La thrombose spontanée, induite par injection intraveineuse des siRNA, est considérées comme « douleur sévère » infligée aux animaux. Suite à l’induction de la thrombose après l’injection des siRNA contre les protéines (antithrombine/protéine C), on peut observer une perte de poids, une léthargie, une absence de réponse aux stimuli et une hypothermie. Des lésions unilatérales impliquant l’œil (exophtalmie) ainsi que des hémorragies intraoculaires et périoculaires peuvent être observées, tout comme des gonflements des régions maxillaires, mandibulaires et submandibulaires ; hémorragies sous-cutanées et intramusculaires. Aucune anomalie visible, aucun effet secondaire connu sont reportés pour les déplétions plaquettaires, des neutrophiles et des macrophages. Concernant les infections bactériennes, les souris peuvent présenter une baisse de la température corporelle et une perte de poids. Les souris peuvent apparaître léthargiques et insensibles aux stimuli. Les souris seront observées quotidiennement notamment pour la recherche des possibles phénotypes ci-dessus inclus dans les calculs des points limites. Les effets indésirables que les animaux peuvent ressentir seront liés aux manipulations lors des prises de sang et injections. Ces 2 gestes seront effectués par du personnel compétent. Le traitement des souris avec des inhibiteurs de la thrombine (dabigatran, ACD-10, hirudine) ne coïncide avec aucune forme d’anomalie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour récupération de sang et de tissus biologiques
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour ce type de projet, il n’existe actuellement aucune méthode alternative à l’expérimentation animale. L’exploration du rôle inflammatoire plaquettaire dans la maladie thromboembolique veineuse (MTEV) nécessite une évaluation de l’efficacité et des risques sur un modèle biologique vivant avant translation à l’homme et dans le but de cibler des thérapeutiques modulant la physiologie des plaquettes sanguines.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été calculé afin de garantir une puissance nécessaire et suffisant. Nous avons évalué in vitro le rôle inflammatoire des plaquettes sanguines en lien avec l’immunothrombose que ce soit dans des contextes infectieux ou non. Cette approche in vitro participe également à réduire le nombre d’animaux dans le cadre de ce projet de recherche. Afin de réduire le protocole, une étude pilote de 10 animaux permettra la mise au point et la maîtrise des gestes opérationnels. Un groupe « mise au point de la procédure » ainsi que 2 groupes « expérimentaux » de souris permettront par la suite de répondre à l’hypothèse de travail.
3. Raffinement
Le bien-être animal est au cœur de cette étude. Nous veillerons à ce que l’hébergement des animaux leur permette d’avoir un enrichissement (avec paille, bois et coton) suffisant et stimulant pour réaliser leur nid. Les contraintes subites par les animaux sont faibles. Afin de réduire la souffrance occasionnée par l’expérience, les souris seront observées quotidiennement et seront mises à mort lorsqu’une perte de poids de plus de 20% sera constatée ou lorsque qu’un pointage limite de 5 sera atteint dans la grille de suivi du bien-être animal. Ce seuil correspond à un niveau de souffrance ne pouvant être prolongé chez l’animal. Les souris vont subir de 1 à 2 injections intraveineuses d’une durée de 4 secondes chacune, sous anesthésie gazeuse (isoflurane). Une ponction cardiaque lors du prélèvement sanguin sera réalisée sur les animaux sous anesthésie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin est le modèle de référence pour l’évaluation de la physiopathologie des phénomènes thrombotiques. Bien qu’il existe certaines différences entre l’immunologie murine et humaine, d’innombrables découvertes faites chez la souris s’avèrent transposables chez l’humain. Ce modèle est donc adapté à l’étude de dérégulations immunologiques humaines. Nous étudions les séquelles de la thrombose veineuse chez la souris. Pour notre étude, nous utiliserons des souris consanguines de plus de 20 grammes, âgées de 6 à 10 semaines. Les mâles et les femelles seront inclus dans nos expériences, sauf si la formation de thrombus s’avère absente/moins reproductible chez l’un des deux sexes lors de la mise en place du modèle animal, ce qui à ce jour n’est pas démontré dans les études de prévalences homme/femme dans cette pathologie.