
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-07-18 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-087445)
Prélevées dans d’autres projets pour ne pas en utiliser de nouvelles, 42 souris vont être soumises à des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le groupe stressé subit quinze contentions de trente minutes dans un tube de 50 ml réparties sur vingt et un jours, un rasage, un test d’anhédonie sur une semaine et un test de la boîte noire et blanche de cinq minutes en isolement. Le projet vise à valider un dosage de la corticostérone dans l’urine, les fèces et les poils, afin de mesurer ensuite le stress des souris de l’animalerie. Un stress chronique est donc infligé pour mettre au point un outil de mesure du bien-être des animaux non-humains, et les souris rejoignent ensuite le « stock » de formation interne si l’avis vétérinaire le permet, sinon elles sont tuées.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet vise à valider une méthode de mesure de la corticostérone dans différents échantillons pouvant être prélevés de manière non invasive chez la souris. Cette méthode de mesure servira ensuite à évaluer l’effet de modifications de paramètres environnementaux ou de procédures spécifiques sur le bien-être et le stress des souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La souris est l’espèce la plus couramment utilisée dans la recherche biomédicale et sa sensibilité est désormais largement reconnue. La directive européenne demande de réduire autant que possible la douleur et la détresse ressenties par les animaux utilisés, et d’augmenter le bien-être des souris (Directive européenne 2010). La corticostérone est le principal glucocorticoïde chez les souris et sa concentration reflète le niveau de stress d’un individu. Cette hormone de stress est classiquement mesurée dans le sérum ce qui nécessite une méthode de prélèvement invasive et reflète la concentration de corticostérone à court terme. D’autres matrices peuvent être utilisées, comme les selles, l’urine et les poils. En plus des mesures environnementales et comportementales, les niveaux de corticostérone fournissent des informations sur le stress des souris de laboratoire. Mesurer le stress chez nos souris nous permet de nous conformer à l’accréditation de l’Association for Assessment and Accreditation of Laboratory Animal Care (AAALAC) International qui demande de revoir le programme d’enrichissement pour garantir l’amélioration du bien-être animal.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque souris du groupe « stressé » subit 15 contentions de 30 min chacune réparties sur 21 jours. Le rasage sera d’une durée inférieure à une minute. Les prélèvements d’urines (1µL) et de fèces (0.2mg) seront réalisé une seule fois à la fin du protocole et dureront moins de 2 minutes. Les souris du groupe contrôle seront simplement manipulées pendant moins d’une minute dans les mains de l’expérimentateur. Le test d’anhédonie se déroule sur une semaine. Lors du test de la boite noire et blanche, les souris sont placées individuellement dans le dispositif durant 5 min et leurs déplacements sont automatiquement enregistrés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La contention de 30min / jour dans un tube de 50ml induit un stress chronique chez les animaux du groupe stressé. Les prélèvements nécessitent une contention qui peut induire un stress ponctuel aux souris bien qu’elles soient habituées à la manipulation dans un autre projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris retourneront dans le stock de formation interne après la procédure si l’avis vétérinaire le permet, dans le cas contraire elles seront euthanasiées.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il s’agit ici de tests comportementaux permettant d’améliorer les conditions de vie des souris de notre animalerie. Ce protocole permet d’obtenir des résultats significatifs en utilisant les individus présents dans notre établissement. Il n’est donc pas possible de remplacer l’utilisation des souris par un autre modèle pour ce projet, mais les souris seront réutilisées à partir d’autres projets, afin de pas utiliser de nouveaux animaux.
2. Réduction
Le nombre de souris utilisées pour ce projet a été réduit et permet d’obtenir des résultats significatifs sur le sexe et les souches de souris qui seront utilisées ensuite pour mesurer la corticostérone. Un total de maximum 42 souris sera utilisé pour ce projet sur 1 an. Les souris seront divisées en groupes de 5 à 10 souris en fonction des tests réalisés. Plusieurs types de prélèvement seront réalisés sur chaque individu, ces effectifs permettront donc de réaliser une analyse statistique robuste. Les souris retourneront dans le stock des souris utilisées en formation après la procédure si l’avis vétérinaire le permet.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées en cage ventilée, par groupe social stable de 2 à 5 individus. La nourriture et l’eau de boisson seront fournies ad libitum. La cage contiendra à minima une couche de litière permettant aux souris de creuser, de se cacher et de réaliser un nid, élément essentiel à leur bien-être. En outre, des enrichissements de qualité seront fournis dans chacune des cages : un morceau de bois par souris, permettant aux souris d’exprimer leur comportement de rongeur, un tunnel en carton et un dôme en polycarbonate rouge seront également disposés. En cas de changement de salle d’hébergement ou de congénères, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation d’une semaine et seront habituées à la présence de l’expérimentateur qui les manipulera régulièrement. Les pièces d’hébergement disposeront d’un cycle lumière-obscurité, d’une température et d’une hygrométrie contrôlés en permanence. Une échelle de scores prenant en compte l’aspect du pelage, les mouvements, l’activité, la couleur des muqueuses et le score corporel permettra d’objectiver la présence de souffrances et pourra amener au traitement ou à l’euthanasie des souris pour raison éthique. En cas de modification des groupes sociaux pour la réalisation de l’étude, une semaine d’acclimatation sera respectée avant de démarrer le protocole expérimental.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Notre établissement utilise uniquement des souris et majoritairement des femelles, c’est pourquoi il est nécessaire de valider la mesure de la corticostérone chez cette espèce.