
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-089294)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Au niveau du système nerveux central, il existe un mécanisme d’échange entre le liquide cérébrospinal (qui entoure le cerveau) et le liquide interstitiel (au sein du tissu cérébral) permettant d’assurer le bon fonctionnement du cerveau, en particulier l’élimination des déchets. Ce système est également intéressant pour administrer de potentiels médicaments. Les facteurs régissant le fonctionnement de ce système d’échange (parfois appelé « glymphatique ») sont actuellement peu compris. Nous souhaitons mettre en place et développer des méthodes de neuroimagerie multimodales, nécessitant l’injection d’agents de contraste par la voie intracisternale, c’est-à-dire dans la structure anatomique appelée « cisterna magna », qui est une cavité remplie de liquide cérébrospinal situé en arrière, à la base du cerveau. Cette demande concerne la formation des personnels de l’équipe à l’abord chirurgical permettant une injection intracisternale chez le rat. Ce savoir-faire technique permettra de réaliser différents projets de recherche visant par exemple à valider une nouvelle méthode d’imagerie par rayons X ou à suivre la distribution de candidats-médicaments par radiomarquage.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La modulation du système glymphatique à des fins thérapeutiques, que ce soit pour augmenter l’élimination des déchets toxiques dans les maladies neurodégénératives, ou pour améliorer la diffusion de médicaments par voie intracisternale dans diverses indications (notamment les maladies neurologiques génétiques), présente un grand potentiel thérapeutique. Ce potentiel est actuellement sous-exploité par manque de compréhension des mécanismes qui régissent ce système. Cette formation permettra de développer et de pérenniser une technique d’injection intracisternale avec un abord chirurgical dans notre laboratoire. Cette technique sera utilisée dans de futurs projets d’expérimentation animale en imagerie médicale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une chirurgie sous anesthésie générale d’une durée maximale de 90 min, avec incision de la peau au niveau de la nuque et micro-injection dans le liquide cérébrospinal au niveau de la citerne.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ceci pourra entraîner un saignement et induire une douleur. L’acte chirurgical est effectué après placement dans un cadre stéréotaxique, tête inclinée vers le bas, ce qui peut induire une gêne respiratoire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort pour contrôler l’adiministration dans le liquide cérébrospinal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de la formation est de pouvoir étudier le système glymphatique du rongeur, ce qui ne peut pas être réalisé avec des modèles in vitro.
2. Réduction
Le nombre d’animaux prévu est le minimum pour former de manière fiable les personnels à cet abord chirurgical. Une formation adaptée permettra de réduire le taux d’échec de futurs projets impliquant des injections intracisternales. La formation initiale utilisera des animaux obtenus auprès d’un fournisseur. L’entraînement effectué ensuite par chacun à titre individuel pourra être réalisé sur des animaux de réforme ou même sur des cadavres.
3. Raffinement
L’injection intracisternale directe (sans abord chirurgical) est possible, déjà pratiquée dans notre équipe (par une personne non permanente) mais conduit, selon notre expérience, à un taux d’échec non négligeable (10% même pour une personne très entraînée). Nous souhaitons fiabiliser et pérenniser ce type d’injection qui concernera par la suite des agents de contraste pour développer des approches quantitatives en imagerie in vivo : il est donc primordial de minimiser l’incertitude sur la quantité réellement injectée car cela conduit à augmenter la variabilité des résultats en imagerie (15-20 % de variabilité selon notre expérience). Cette technique avec abord chirurgical permet de rendre plus fiable l’injection d’une quantité précise d’agent de contraste pour l’imagerie. La chirurgie sera réalisée sous anesthésie générale et analgésie adaptée. L’animal sera retiré du cadre stéréotaxique dès la fin de l’injection pour favoriser une respiration optimale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rat est une espèce utilisée très régulièrement dans le développement préclinique de médicaments en général, et l’étude physiopathologique du système nerveux central. Il s’agit également d’une espèce bien adaptée aux méthodes d’imagerie que nous souhaitons utiliser pour l’étude du système glymphatique. Le rat est préféré à la souris pour la plus grande taille de son système nerveux central. Animaux adulte, afin d’étudier les mécanismes de biodistribution des molécules injectées et le système glymphatique sur des cerveaux pleinement développés.