
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-10-25 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-089419)
Exposés à des chocs électriques, à des environnements fortement éclairés et à des privations d’eau ou de nourriture pouvant atteindre seize heures, des rongeurs sont soumis à des tests censés mesurer l’anxiété et la dépression. 4 700 souris et 2 960 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, avec des administrations pouvant aller jusqu’à quatre par jour sur vingt semaines de traitement. Le projet trie des molécules candidates contre la dépression, le porteur affirmant que l’effet d’un traitement sur ces comportements ne peut s’observer que sur des animaux vigiles. Le RNT annonce la mise à mort de tous les animaux ayant reçu une substance d’essai, au motif que leurs effets à long terme sont méconnus, alors que le tableau des devenirs déclare 1 460 rongeurs réutilisés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les troubles de l’humeur incluant l’anxiété et la depression en particulier est une maladie mentale courante qui touche plus de 300 millions de personnes dans le monde. La depression serait la principale cause de handicap mental dans le monde, avec une incidence qui augmente plus rapidement que prévu. En 2010, une étude a montré ques les troubles dépressifs étaient la deuxième cause d’invalidité dans le monde et deviendraient la principale cause d’invalidité d’ici 2030 dans le monde. La dépression a un impact sur les aspects familiaux et socio-économiques de la vie des patients et impose un impact financier énorme sur les communautés, les employeurs, les systèmes de soins de santé et les budgets généraux des gouvernements. Bien que les traitements actuellement disponibles puissent apporter un certain soulagement à 2/3 de ces patients, il existe de nombreuses limites, notamment une efficacité retardée, une résistance aux médicaments, une rechute et divers effets secondaires. Il est donc nécessaire de poursuivre la recherche pour la mise au point de traitements plus efficaces et plus sûrs contre la dépression. L’objectif du projet est d’évaluer l’efficacité de nouveaux traitements pour lutter contre l’anxiété et la dépression.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra d’améliorer la qualité de vie des patients et de leur entourage. Un traitement plus efficace pourrait réduire plus rapidement et plus durablement les symptômes de la dépression, sa sévérité et les taux de rechute permettant ainsi une meilleure qualité de vie des patients, de maintenir un état de santé stable plus longtemps, de diminuer les taux d’invalidité . Ce projet permettra également d’avoir un impact socio-économique positif en réduisant les coûts de santé (nombre de consultations médicales, d’hospitalisations et de traitements complémentaires nécessaires).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les principales interventions subies par les animaux sont la préhension pour le placement et le retrait dans les différents dispositifs de mesures comportementales et l’administration du traitement. Chaque préhension durée maximum 1 minute. Les tests sont généralemetn effectué une seule fois et leur durée varie de 5 à 45 minutes environ. Pour certaines procédures les aimaux seront privés de nourriture ou d’eau pour une période maximale de 16 heures. Les administrations de substances pourront être réalisées jusqu’à 4 fois par jour (en général 1 minute par administration). La durée du traitement peut aller jusqu’à 20 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La plupart des procédures sont basées sur l’exposition des animaux à des situations produisant un état de stress aigu (environnement lumineux, nouveauté, stimulations électriques). Certaines procédures nécessitent également un état de jeun ou une privation d’eau entrainant une sensation de faim ou de soif et un stress temporaire. Les manipulations/contentions réalisées notamment pendant les phases d’administration ou de prélèvements peuvent également entrainer un léger stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux ayant reçu une substance d’essai dont les effets à moyen et long terme sont méconnus seront euthanasiés en fin d’étude afin de s’assurer que le traitement expérimental n’induira pas d’effet délétère sur l’animal, ce qui ne serait pas compatible avec un maintien des animaux en vie dans de bonnes conditions de santé
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans le cadre du développement des médicaments, des tests in vitro ont déjà eu lieu avant l’utilisation chez l’animal. Ceux-ci constituent un point de départ permettant de générer des données préliminaires et d’effectuer un tri moléculaire pour ne retenir que les molécules présentant une certaine efficacité, réduisant de façon significative le nombre de substances à tester et donc le nombre d’animaux. L’impact des traitements pré-sélectionnés sur le comportement des animaux, et l’amélioration de symptômes liés aux états d’anxiété/dépression ne peut se faire que sur des animaux vigiles. Ainsi, les modèles d’animaux restent indispensables pour valider et optimiser de nouvelles thérapies pour leur utilisation en toute sécurité chez l’Homme.
2. Réduction
Les mesures de réduction s’intégrant à la règle des 3Rs vont consister à utiliser le plus petit nombre d’animaux possible pour chaque étude permettant d’obtenir des données suffisantes pour interpréter les résultats de façon correcte et d’éviter ainsi une répétition inutile des études. Le nombre d’animaux utilisés pour chaque étude sera optimisé de façon à intégrer dans une même expérience la relation dose-effet et la comparaison par rapport à un groupe contrôle négatif et éventuellement à un contrôle positif (substance de référence ou de comparaison) si cela s’avère pertinent. Selon les données de la littérature, il est estimé qu’un effectif de 8 – 12 animaux en standard par groupe (nombre d’animaux et groupes variables, selon l’objectif de l’étude) sera nécessaire pour atteindre une sensibilité correcte des tests. Le cas échéant, une réutilisation des animaux pourra être envisager après une période de repos entre l’évaluation de différentes molécules. Par ailleurs, des prélèvements terminaux (tissus, organes, sang) peuvent être ajoutés en fin de procédure pour éviter une répétition inutile de l’étude.
3. Raffinement
Les mesures de raffinement s’intégrant à la règle des 3Rs vont consister en un suivi des points limites permettantl’euthanasie précoce de tout animal présentant des signes de douleur, de souffrance ou d’angoisse (incluant une surveillance de l’aspect général, un suivi de poids). De plus, les animaux sont suivis par le vétérinaire et manipulés fréquemment par des techniciens préalablement formés et attentifs, prêts à agir lorsque les critères d’interruption prédéfinis sont atteints. Par ailleurs, et au quotidien, un enrichissement complet est fourni aux animaux, celui-ci inclut dans leur hébergement : litière, objets de nidification, objets à ronger ou à mastiquer, présence de congénères (sauf cas contraire imposé par la procédure). Lorsque nécessaire, les animaux sont anesthésiés et analgésiés. Le programme d’anesthésie et d’analgésie est défini par un vétérinaire, afin de réduire au maximum toute douleur ou sensation de souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Un certain nombre de symptômes des troubles anxieux et dépressifs comprenant l’anhédonie, apathie, troubles du sommeil, changements de poids/d’appétit, et alltération psychomotrice), retrait social peuvent être facilement évaluées chez les animaux, en particulier chez le rongeur. Ainsi, divers tests ont été conçus pour mesurer ces différents aspects. L’impact de substances pharmacologiques sur le comportement de rongeurs est prédictif de leur efficacité en clinique . Tous les animaux seront utilisés à partir de 4 semaines de développement (après sevrage) que ce soient des rats ou des souris, conformément à la littérature. Les symptômes d’anxiété et dépression se retrouvent plutôt chez des sujets adolescents ou adultes, aussi les traitements qui seront appliqués dans ce projet seront appliqués sur des rongeurs dont le SNC a atteint ce niveau de maturité.