
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-109475)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif principal de ce projet est d’évaluer, dans des modèles précliniques, si l’association du tissu adipeux à un hydrogel d’acide hyaluronique permet d’améliorer l’efficacité et la prédictibilité des procédures de lipofilling (=lipostructure). Plus spécifiquement, ces études visent à : -Démontrer une réduction du taux de résorption du greffon de tissu adipeux après injection sous-cutanée. -Évaluer l’impact de l’hydrogel d’acide hyaluronique sur la qualité, la structure et la persistance du greffon adipeux au cours du temps. -Étudier les interactions entre le tissu adipeux greffé et l’hydrogel d’acide hyaluronique, notamment en termes d’intégration tissulaire et de maintien volumique. Le lipofilling (=lipostructure) est une technique largement utilisée en chirurgie reconstructrice, notamment dans les cas suivants : – Reconstruction mammaire après mastectomie pour cause de cancer – Traitement des séquelles de radiothérapie – Chirurgie reconstructrice dans le cas d’accidents, brûlures, chirurgies mutilantes – Traitement des plaies chroniques et troubles de cicatrisation (ulcères des diabétiques, plaies post-chirurgicales) – Correction de malformations congénitales (par ex, séquelles de fentes labio-palatines, malformations cranio-faciales, syndrome de Poland) Malgré son usage répandu, cette technique présente une forte variabilité des résultats, principalement liée à un taux de résorption du greffon de tissu adipeux pouvant varier entre 30 et 80 %. Cette imprévisibilité contraint souvent les chirurgiens à réaliser plusieurs interventions successives afin d’atteindre le volume souhaité, augmentant ainsi la morbidité pour les patients.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra d’acquérir des données sur l’impact de l’acide hyaluronique sur la survie du greffon et les mécanismes de revascularisation, résorption et remodelage tissulaire et l’amélioration de la prise et stabilité du greffon adipeux. Ces progrès contribueront à la réduction du nombre d’interventions chirurgicales nécessaires pour les patients, ainsi qu’une réduction de la morbidité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
-Identification par puce électronique : 2 fois maximum si puce non fonctionnelle ou perdue. Durée de quelques secondes. -Administration de composés de recherche avec possible anesthésie gazeuse. Volumes proportionnels au poids de l’animal avec un maximum défini. Durée de 10-15 secondes. Nombre défini selon le protocole d’étude et dépendra de la fréquence. Ceci sera évalué par le vétérinaire. À l’issue des études, les animaux devant être euthanasiés le seront selon les méthodes réglementaires. Toutes les interventions seront réalisées sous un suivi clinique rigoureux afin de minimiser douleur et stress des animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
-Identification par puce électronique : stress, gêne, douleur dans les heures suivants l’injection. -Implantation du greffon : douleur à l’injection. -Administration de traitements ou de composés : douleur à l’injection. -Rasage et crème dépilatoire : microlésions, irritations cutanées, gêne (sensation de brûlure de la crème), inflammation transitoire. -Anesthésie : risque d’hypothermie et de sécheresse oculaire. Des nuisances peuvent également être induites par le stress dû aux contentions. La douleur peut se manifester, entres autres, par une perte de poids, une hypo- ou une hyperactivité, une prostration ou des difficultés à se déplacer.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux ayant atteint les points limites ou sur demande du vétérinaire seront euthanasiés. Ils ne recouvreront pas leur état de santé et de bien-être général. Des souris issues de cette procédure pourront être réutilisées dans le projet « Formation interne aux procédures et gestes techniques appliqués aux souris » sur décision vétérinaire. Ceci ne pourra être envisagé que dans les cas ou des animaux ont subi seulement une partie de la procédure (ex : animaux du groupe contrôle négatif) et ne présentant pas d’altérations résiduelles de leur état de santé.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les tests in vitro permettront de présélectionner des formulations d’acide hyaluroniques prometteuses. Néanmoins, étudier l’impact de l’acide hyaluronique sur la survie/rétention du greffon dépend d’un environnement tissulaire complet : revascularisation fonctionnelle, dégradation enzymatique de l’acide hyaluronique et remodelage de la matrice extracellulaire. Ainsi, l’animal est indispensable pour mesurer la rétention volumique sur plusieurs semaines, l’intégration tissulaire et la revascularisation perfusée, ainsi que les phénotypes de résorption (nécrose, kystes huileux, fibrose) au sein d’un tissu vivant.
2. Réduction
Un total de 220 souris seront utilisées, couvrant une période de 3 ans et permettant de réaliser 10 études précliniques de 22 souris. Aucune approche statistique n’a été réalisée pour le nombre total d’études ou pour le nombre total d’animaux dans le projet. L’estimation du nombre d’animaux est réalisée sur base du nombre de différents composés de recherche et différentes conditions qui sont envisagés d’être testés dans le cadre de ce projet. Le nombre d’animaux utilisés dans chaque étude sera réduit au maximum par des analyses rétrospectives systématiques.
3. Raffinement
En début d’étude et tout en respectant la réglementation en vigueur, les souris seront hébergées par groupes sociaux, préférentiellement stables, de 2 à 5 individus. Des compléments alimentaires pourront être administrés suivant l’état de santé des animaux. La cage contiendra à minima une couche de litière permettant aux souris de creuser, de se cacher et de réaliser un nid, élément essentiel à leur bien-être. En outre, des enrichissements de qualité seront fournis dans chacune des cages : morceaux de bois, tunnel en carton, kraft et/ou boules de cotons. À leur entrée dans l’animalerie, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation de minimum 4 jours. Lors d’un changement de zone au sein de l’animalerie, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation d’une nuit au minimum. Pour limiter la douleur, la souffrance et l’angoisse, une échelle de scores cliniques (pelage, mobilité, état général, activité, comportement, etc…) sera appliquée dès le premier geste invasif ou dès qu’un signe d’altération sera observé lors de la surveillance quotidienne. Des traitements antalgiques préventifs et curatifs seront mis en œuvre dès que nécessaire, sous avis vétérinaire, administrée dans le cadre de toute procédure potentiellement douloureuse. Un relais per os dans l’eau de boisson pourra ensuite être réalisé. Le vétérinaire aura pleine autorité pour euthanasier un animal ou mettre en œuvre un traitement anti-douleur. Les points limites déclenchant l’euthanasie incluent : atteinte sévère de l’état général, douleur non contrôlée ou tout score clinique ou perte de poids dépassant les seuils définis.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le lipofilling consiste en une greffe autologue, ce qui veut dire que le tissu adipeux greffé provient du patient lui-même. Cela permet d’éviter le rejet de greffe. Pour les études précliniques de ce projet, afin d’éviter des réactions immunitaires qui viendraient impacter la prise de greffe et les conclusions de l’étude, uniquement des souches de souris immunodéficientes seront utilisées. Les souches de souris immunodéficientes sont choisies pour ce projet afin d’étudier les greffons tout en évitant les problèmes de rejet de greffe. Les animaux seront inclus dans les études à partir de l’âge minimum de 6 semaines.