
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-120876)
Privées d’une protéine dans leurs lymphocytes T, de façon permanente ou après injection d’un composé déclencheur, 1530 souris sont élevées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune reçoit une injection par jour pendant trois jours, sur animal vigile, après contention. Le porteur signale qu’une étude décrit chez ces souris une encéphalite spontanée vers six mois, qu’une autre n’en décrit aucune, et choisit de ne pas les garder au-delà de quinze semaines. Toutes sont tuées à la fin de l’élevage pour prélever le thymus, la rate et les ganglions lymphatiques.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est d’étudier le devenir des cellules T qui constituent une partie des globules blancs essentiels au sytème immunitaire, en présence ou absence totale ou partielle d’une protéine connue pour être fortement exprimée dans ces cellules. Nous chercherons à comprendre comment cette protéine affecte les fonctions de ces cellules T in vitro. Nous génèrerons différentes combinaisons de souris ne possédant plus cette protéine, soit de manière chronique dans les cellules T, soit de manière inductible après injection d’un composé spécifique. Après mise à mort, les organes lymphoïdes (thymus, rate, ganglions lymphatiques) seront récupérés et des expériences in vitro et ex vivo seront réalisées.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’utilisation de ces modèles murins nous permettra de comprendre comment cette protéine peut contrôler la génération, la maintenance, l’activation des cellules T, qui sont des acteurs principaux dans différentes pathologies autoimmunes telles que la sclérose en plaque ou l’arthrite rhumatoïde. Comprendre les mécanismes sous-jacents permettra de poser les bases moléculaires pour le développement de nouveaux traitements pour ces pathologies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les injections du produit permettant la suppression totale ou partielle de notre protéine se font sur animaux vigiles. Après une contention de la souris, le produit sera injecté à raison d’une injection par jour, pendant 3 jours consécutifs. La procédure prend 20 secondes maximum à partir du moment où l’animal est pris en main.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une étude a décrit que les souris ne possédant pas la protéine d’intérêt dans les cellules T pouvaient développer une encéphalite spontanée à l’âge de 6 mois. Cependant, une autre étude ne décrit pas de développement de pathologie et lors de nos études précédentes, et en accord avec cette dernière publication, nos collaborateurs ainsi que nous-mêmes n’avons pas, non plus, observé de développement de phénotype dommageable. Toutefois, nous utiliserons ces souris jusqu’à maximum 15 semaines, ce qui ne permettra pas d’atteindre l’âge où un phénotype potentiellement dommageable se développerait et de garder un phénotype stable des cellules T. Pour les souris ne possédant pas la protéine après induction avec un composé, l’injection de ce dernier sera effectué par voie intrapéritonéale et ne prendra que quelques secondes. Une infection pourrait se développer au niveau du site d’injection, ce qui pourrait entraîner une douleur. Ce site sera surveillé chaque jour et désinfecté si besoin. Aucun phénotype dommageable n’est attendu après la délétion de la protéine suite à l’injection du composé.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de la procédure d’élevage, les animaux seront mise à mort pour récupération d’organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous travaillons sur l’impact d’une protéine sur le devenir des cellules T naïves, qui sont essentielles au système immunitaire et qui ont la particularité de ne jamais avoir rencontré de pathogène. Jusqu’à ce jour, les lignées cellulaires disponibles ne récapitulent pas les caractéristiques des cellules T naïves. Dans l’état actuel de notre projet, les cellules T näives ne peuvent être remplacées par un autre modèle animal, une lignée cellulaire ou des expériences in vitro que nous avons déjà réalisées. Ces cellules doivent être maintenues dans un environnement in vivo pour maintenir leur caracéristiques spéciales. C’est pourquoi notre projet nécessite d’utiliser un modèle in vivo et qu’il est impossible de remplacer l’utilisation d’animaux dans ce projet. Cependant, au cours de notre expérimentation, nous nous réservons la possibilité d’employer des méthodes alternatives et des modèles in vitro, dès que cela est possible, afin de limiter au maximum l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Le but de ce projet sera de récupérer les organes lymphoïdes afin d’étudier le devenir des différentes populations des cellules T ex vivo et d’étudier la biologie des cellules T naïves in vitro. Nos prélèverons le maximum d’organes (ganglion, rate, thymus) pour chaque animal afin de collecter le plus d’informations au cours d’une procédure. Le nombre d’animaux utilisés dans le projet est réduit à son minimum sans compromettre les objectifs. Un test statistique sera effectué pour comparer les groupes.
3. Raffinement
Comme nous étudions le système immunitaire, les animaux seront élevés dans une zone d’élevage spécifique protègeant les animaux de pathogènes spécifiques et seulement accessible par des zootechniciens. Les animaux sont élevés dans des cages ventilées, avec de l’eau et de la nourriture à volonté. Des barrières physiques bloquent l’entrée de pathogènes et des contrôles sanitaires sont effectués régulièrement sur animaux sentinelles afin de s’assurer qu’aucune contamination par des pathogènes éventuels ne soit en cours. Les animaux seront utilisés bien avant apparition d’un phénotype potentiellement dommageable. Afin de récupérer les organes d’intérêt, les animaux seront transférés dans une animalerie au statut sanitaire conventionnel. Les animaux seront élevés en groupe, dans des cages ventilées permettant une circulation d’air saine et limitant le risque d’infection des animaux. Ils auront à leur disposition tout le matériel nécessaire pour qu’elles créent leur nid et leur permettre des conditions d’hébergement optimales. Un suivi règlementaire quotidien sera effectué. Dans ces conditions d’hébergement et à l’âge où ils seront étudiés, nous n’attendons aucun phénotype dommageable pour ces animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris présentent l’avantage de pouvoir être modifiées génétiquement (souris- knock-out, transgéniques), ce qui permet de contrôler l’expression d’un ou plusieurs gènes soit dans un type de cellule spécifique, soit dans toutes les cellules. Le système immunitaire de la souris se rapproche de l’Homme, ce qui permet de travailler dans un modèle de référence pour l’étude des cellules T et de certaines pathologies comme les maladies auto-immunes associées à une dérégulation des cellules T. Pour ces raisons, les souris représentent un modèle de référence dans l’étude des mécanismes qui sous-tendent la pathogénicité des maladies auto-immunes, ce qui est l’objet de notre recherche. Nous utiliserons les souris qui auront une suppression des protéines spécifiquement dans les lymphocytes T et celles qui auront une suppression des protéines aigüe, après injection d’un produit spécifique, entre 4 et 15 semaines. Cela permettra de rester éloigné de l’âge décrit (6 mois) où les animaux pourraient développer un phénotype potentiellement dommageable. De plus, la population de cellules T naïves est plus abondante et garde des caractéristiques phénotypiques stables chez les souris jeunes et adultes.