
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-07-11 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-133412)
Le criblage d’anticorps et de cellules immunitaires modifiées détenus par le laboratoire tient lieu d’objectif, avec l’évaluation un à un de « candidats médicaments » anticancéreux puis de leurs combinaisons. 2 380 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour analyse de la tumeur et du cerveau, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune est pucée, reçoit une greffe de tumeur humaine ou murine sous la peau ou dans le cerveau, puis jusqu’à trois injections sur trois mois, le suivi pouvant durer neuf mois. Les greffes sous-cutanées peuvent se développer jusqu’à l’inflammation, la nécrose ou l’ulcération, et le porteur conclut que le recours aux modèles animaux est « indispensable » tout en revendiquant un engagement à minimiser leur nombre.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Il est essentiel de rechercher de nouvelles thérapies contre le cancer pour améliorer les chances de survie des patients et réduire les effets secondaires des traitements actuels. Dans cette perspective, notre projet se concentre sur l’évaluation de divers médicaments potentiels pour le traitement du cancer Dans le domaine des traitements médicaux contre le cancer, il existe une approche qui consiste à exploiter le potentiel du système immunitaire pour combattre le cancer. Cette méthode comprend l’utilisation d’anticorps, qui sont essentiellement des protéines conçues pour cibler et neutraliser des substances spécifiques dans le corps, y compris les cellules cancéreuses. En outre, il est possible de manipuler génétiquement certaines cellules du système immunitaire pour qu’elles soient équipées d’un récepteur spécial, appelé récepteur antigénique chimérique (CAR), qui leur permet de reconnaître et d’attaquer spécifiquement les cellules cancéreuses. En somme, ces approches thérapeutiques visent à armer l’organisme pour qu’il puisse mieux lutter contre le cancer. Nous évaluerons également des thérapies combinées, en associant les traitements les plus prometteurs, sur des modèles murins portant différentes formes de cancer. Le projet se divise en trois phases : (1) Évaluation de l’efficacité des médicaments candidats, y compris les anticorps traditionnels et les formulations modifiées, ainsi que les approches innovantes avec les cellules immunitaires modifiées. (2) Évaluation des médicaments candidats en combinaison, pour maximiser leur efficacité en utilisant différents types d’anticorps et/ou en y ajoutant les cellules immunitaires modifiées. (3) Si nécessaire, création de nouveaux modèles animaux pour approfondir la recherche sur les thérapies anti-cancéreuses
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus de ce projet sont multiples et promettent de contribuer de manière significative à la recherche et au traitement du cancer : 1- Compréhension des capacités thérapeutiques de chaque « candidats médicaments » : Ce projet permettra une évaluation complète des différents formats d’anticorps en notre possession, , ainsi que des cellules du système immunitaire modifiées. Cette compréhension approfondie des avantages et des limites de ces « candidats médicaments » guidera le développement de thérapies plus efficaces contre le cancer. 2- Optimisation des traitements anticancéreux : En identifiant les « candidats médicaments » les plus prometteurs pour cibler spécifiquement les cellules tumorales, ce projet contribuera à l’optimisation des traitements anticancéreux. 3- Diversité des approches thérapeutiques : L’évaluation de diverses approches élargira le champ des options thérapeutiques disponibles pour les patients atteints de cancer. Cela ouvre la porte à des traitements plus personnalisés et adaptés aux caractéristiques spécifiques de chaque tumeur. 4- Amélioration de la recherche en cancérologie : Les données générées par ce projet enrichiront la base de connaissances en cancérologie. Elles serviront de référence pour d’autres chercheurs. 5- Réduction de la toxicité des traitements : En développant des thérapies plus ciblées, ce projet vise à réduire la toxicité des traitements anticancéreux, ce qui améliorera la qualité de vie des patients. Les résultats de ce projet pourraient déboucher sur des traitements anticancéreux innovants et prometteurs qui devront être évalués dans des essais cliniques ultérieurs. En fin de compte, ce projet contribuera à faire progresser la lutte contre le cancer en élargissant notre compréhension des stratégies thérapeutiques et en ouvrant la voie à des traitements plus efficaces, mieux tolérés et plus adaptés aux besoins individuels des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux dans le cadre de ce projet seront soumis à une série d’interventions destinées à évaluer l’efficacité de divers « candidats médicaments » dans le traitement du cancer : – Pose de puce en souscutané pour l’identification des animaux (moins de 1 minutes – 1 fois) -Xénogreffes sous-cutanées et intracérébrales (moins de 1minutes – 1 fois par animal) : Les animaux seront implantés avec des xénogreffes portant des lignées tumorales humaines ou murines. Les xénogreffes peuvent être sous-cutanées ou intracérébrales, en fonction des modèles expérimentaux. – Administrations des candidats médicaments : Les candidats médicaments seront administrés aux animaux, et la manière dont cela se fait dépendra de leur formulation. Jusque 3 injections sur une période de 3 mois seront réalisées (durée injection moins de 1 minutes). – Suivi de l’efficacité thérapeutique (au cours de l’étude – durée environ 2 minutes par animal) : L’efficacité thérapeutique sera évaluée en mesurant la régression tumorale dans le cas des xénogreffes sous-cutanées, la survie des animaux pour les xénogreffes intracérébrales, ou une combinaison de ces deux indicateurs. Un maximum de 2380 animaux seront engagés dans cette procédure pour une durée maximal de 9 mois par expérimentation.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables prévus comprennent des réactions comportementales telles que l’agitation ou l’apathie en réponse aux procédures ou aux traitements, ainsi que la possibilité de douleur et de détresse causées par des interventions chirurgicales ou autres procédures expérimentales. Les animaux ayant reçu une xénogreffe intracérébrale peuvent présenter une perte de poids et des déséquilibres lors de l’évolution de la tumeur. Les xénogreffes sous-cutanées peuvent se développer de manière significative, entraînant des problèmes tels que des inflammations, des nécroses ou des ulcérations au site de la greffe. De plus, les traitements expérimentaux peuvent influencer négativement l’alimentation et la croissance des animaux, certains pouvant perdre l’appétit ou subir une perte de poids, ce qui affecte leur santé générale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin des procédures les animaux seront euthanasiés par des méthodes adaptées et validées pour la réalisation d’une analyse post mortem de la tumeur et du cerveau.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans un premier temps, nous effectuons des analyses in vitro des « candidats médicaments » sur des modèles cellulaires tumoraux pour évaluer leur impact sur différentes lignées tumorales. Cette étape est cruciale pour sélectionner les candidats médicaments les plus prometteurs. Nous soumettons toutes nos stratégies thérapeutiques à une évaluation in vitro visant à confirmer l’efficacité des « candidats médicaments » in-vitro Cette approche permet de réduire considérablement le recours aux tests sur animaux. Cependant, il est important de noter que les modèles in vitro ne peuvent pas totalement reproduire l’interaction complexe entre les cellules tumorales et leur microenvironnement. Pour approfondir nos recherches, l’utilisation de modèles animaux est indispensable, tout en respectant notre engagement de minimiser leur nombre. Notre objectif principal est de contribuer de manière significative à la compréhension des mécanismes tumoraux et au développement de nouvelles thérapies, en tenant compte du bien-être des animaux de laboratoire.
2. Réduction
Une simulation statistique a été réalisée pour déterminer le nombre minimum d’animaux par groupe, nécessaire pour observer des effets significatifs.
3. Raffinement
La surveillance quotidienne des souris logées en groupe dans un environnement enrichi, qui offre une variété de stimulations cognitives et motrices, ainsi que l’application de critères d’arrêt à la fois en phase d’élevage et lors des expérimentations, sont essentiels pour garantir leur bien-être. En cas de manifestations inattendues, le vétérinaire de l’installation sera immédiatement informé afin de mettre en place des traitements appropriés, qu’il s’agisse de soutien nutritionnel ou de l’administration de médicaments. L’état de santé des animaux sera étroitement surveillé tout au long de l’expérience. Le protocole d’anesthésie et d’analgésie lors des procédures chirurgicales a été élaboré de manière précise afin d’assurer que les animaux ne souffrent pas. Les animaux bénéficieront d’une période d’adaptation lors de leur arrivée à l’animalerie, de temps de récupération après une intervention chirurgicale, et d’une familiarisation progressive avec les manipulations nécessaires pour leur traitement quotidien. Tout cela vise à maintenir des conditions physiologiques optimales et à minimiser le stress et la souffrance pendant le déroulement du protocole.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont des espèces fréquemment utilisées en recherche translationnelle, notamment dans le domaine de l’évaluation de traitements anti-cancéreux. Notre laboratoire possède une expertise avancée dans la mise en place de protocoles de xénogreffe des cellules tumorales in vivo, qu’il s’agisse d’implantations orthotopiques ou hétérotopiques, et nous maîtrisons pleinement ces modèles animaux. Les souris, en raison de leur petite taille, de leur développement rapide et de leurs similitudes marquées en termes de mécanismes moléculaires et cellulaires avec l’homme, offrent une plateforme idéale pour étudier les réponses aux traitements anti-cancéreux. Le présent projet a pour but d’étudier les effets d’un traitement anticancéreux sur des sujets pleinement matures. Les animaux étudiés seront donc des adultes (2-4 mois) au moment des expérimentations.