
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-138728)
Rendues obèses par un régime riche en graisses puis, pour une partie, opérées pour créer une plaie cutanée, 670 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue pour prélever leurs organes. Elles subissent des prélèvements sanguins répétés à la queue sans anesthésie et une excision de peau sous anesthésie, pour tester des molécules libératrices de monoxyde de carbone censées agir sur le poids et la cicatrisation. Les souris qui perdent plus de 15 % de leur poids en une semaine sont mises à mort. Le porteur indique avoir d’abord trié vingt composés sur des cellules en culture, ce qui n’a pas écarté le recours final à des centaines de souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz produit par les cellules à de très faibles concentrations. Il a été démontré qu’il régule d’importants processus physiologiques chez les mammifères, y compris les humains. Plusieurs études ont mis en évidence les actions pharmacologiques polyvalentes du CO et les scientifiques ont donc commencé à exploiter ce gaz pour des applications thérapeutiques. Dans ce contexte, une nouvelle génération de composés capables de libérer du CO a été développée. Le grand avantage de ces composés est que la quantité de CO qu’ils libèrent peuvent être mieux contrôlés en comparaison au CO gazeux. En fait, dans des expériences utilisant des rongeurs, il a été rapporté que ces composés exerçaient des actions thérapeutiques prometteuses contre diverses maladies telles que l’infarctus du myocarde, l’inflammation et les dysfonctionnements métaboliques. Plus récemment, il a été publié que l’administration orale de ces composés qui libère du CO avec une très grande efficacité chez des souris nourries avec un régime riche en graisses mène à une réduction significative du gain de poids corporel associée à une amélioration de la glycémie et à une diminution de la résistance à l’insuline. Le présent projet consiste à utiliser le même modèle d’obésité pour tester l’effet de nouvelles molécules développés récemment et qui ciblent plus efficacement le tissu adipeux. L’objectif principal est d’évaluer l’action thérapeutique de ces nouvelles molécules chez les jeunes souris et les souris âgées, puis d’évaluer si le CO possède également un effet thérapeutique sur l’obésité au cours du vieillissement. De la même manière, seront étudiés les effets protecteurs de ces nouvelles molécules, mais aussi une nouvelle technique générant localement du gaz CO dans le traitement des plaies cutanées. En effet, il est bien connu que la cicatrisation cutanée est altérée dans les maladies affectées par un dysfonctionnement métabolique tel que le diabète.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Il s’agit d’un projet visant à tester les effets pharmacologiques de composés novateurs. Les résultats de cette étude nous fourniront des notions importantes sur le mécanisme d’action et l’applicabilité thérapeutique de ces molécules dans le contexte du dysfonctionnement métabolique et des plaies cutanées.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans les modèles de régime riche en graisses, les animaux seront soumis à plusieurs reprises (0, 7 et 14 semanines) à un prélèvement de sang sans anesthésie (cela ne prend que 5 minutes) au niveau caudale, en tant qu’intervention invasive. Dans le modèle de plaie cutanée, les animaux seront soumis à une intervention chirurgicale sous anesthésie pour retirer un morceau de peau afin de créer la plaie. Cette chirurgie est très rapide, modérément invasive et ne nécessite pas plus de 20 à 30 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle de régime riche en graisses est un modèle largement utilisé, il est sans douleur pour les animaux et n’implique pas de procédures invasives. Le degré de sévérité de la procédure de plaie de la peau, bien maîtrisée, est considéré de classe modérée. Cette procédure est réalisée sous anesthésie et les animaux se rétablissent complètement avec peu ou pas de douleur puisque la cicatrisation de la peau est très rapide. Concernant le prélèvement sanguin sans anesthésie, nous recueillerons un très faible volume et l’adéquation volume/méthode permet de respecter le bien-être animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Comme nous avons besoin de collecter les organes pour une analyse fonctionnelle, génique et biochimique, tous les animaux seront mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant de finaliser et d’optimiser les protocoles expérimentaux pour ce projet, nous avons initialement synthétisé et testé 20 composés pour déterminer leurs effets bénéfiques sur le métabolisme dans des adipocytes en culture remplaçant ainsi l’utilisation de milliers de souris. Tous les 20 composés avaient la capacité de libérer efficacement du CO et d’exercer un effet positif sur la respiration mitochondriale et la glycolyse mais seulement 4 composés sur 20 n’ont montré aucun effet cytotoxique aux concentrations utilisées précédemment pour des composés similaires. Ces tests in vitro nous ont permis de sélectionner les 4 meilleurs en fonction également de leur structure chimique diversifiée. Pour les études sur des souris nourries avec un régime riche en graisses, nous devons évaluer l’effet comparatif de nos composés sur des souris jeunes et âgées. Par conséquent, des souris de 8 semaines et des souris de 12 mois seront utilisées pour démarrer nos protocoles. Pour les études concernant le modèle de plaie cutanée, nous utiliserons également des souris de 8 semaines car nous devons évaluer l’effet sur de nouveaux composés et les comparer avec des données antérieures utilisant des souris au même stade de développement.
2. Réduction
Pour chacun des groupes étudiés (groupes contrôles vs groupes traités) dans les procédures (souris jeunes), nous utiliserons 10 souris, en raison de la variabilité entre les différents animaux, et ce afin d’obtenir des données significatives. Chaque protocole nécessite son propre contrôle. Nos résultats seront comparés à certains résultats de la littérature, ce qui contribuera à éviter la réitération de certains essais déjà réalisés avec d’autres molécules aux mêmes propriétés. Après collecte des résultats, nous analyserons les données avec des tests statistiques. Notez que la stratégie expérimentale implique l’administration par voie orale ou i.p. de différentes doses aux souris, suivi par le prélèvement de tissus. Et ce, dans le but d’effectuer des mesures de paramètres fonctionnels et biochimiques et de déterminer quelle voie d’administration et quelle dose fournit les effets thérapeutiques les plus efficaces. Pour les experiences sur des souris jeunes et âgées, nous avons besoin d’un minimum de 30 souris par groupe pour obtenir une puissance significative afin d’étudier la longévité et la survie de souris âgées.
3. Raffinement
En optimisant les protocoles expérimentaux, nous avons privilégié des approches peu invasives afin de minimiser la douleur, la souffrance et la détresse des animaux. Nous avons déjà montré que le régime riche en graisses pendant 14 semaines et le traitement avec l’une de nos molécules n’induisent ni stress ni impact sur leur santé. Si les animaux perdent plus de 15 % de leur poids en une semaine, nous procéderons à leur mise à mort. Pour le protocole de plaie cutanée, une mise à mort compassionnelle sera pratiquée en cas de surinfection ou de signes de détresse tels que : prostration, dos voûté, pelage terne et hérissé, refus de se nourrir ou de s’abreuver, et perte de poids >15 %. Nous avons limité le nombre de composés et de doses utilisées. Le logement et l’élevage tiendront compte du bien-être animal. Des anesthésiques appropriés, et si nécessaire des analgésiques, seront utilisés pour minimiser la douleur. Les souris seront logées par groupes de trois, avec nettoyage hebdomadaire des cages et accès à la nourriture et à l’eau ad libitum.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris est un modèle largement utilisé pour étudier l’effet des régimes alimentaire riche en graisse (« High Fat Diet », HFD). De manière analogue, les modèles de cicatrisation de la peau chez la souris ont été établis et bien décrits dans la littérature. Les souris diabétiques et les souris avec un régime alimentaire riche (HFD) ont été largement utilisées pour déterminer l’effet des drogues et des réponses inflammatoires suite à des désordres métaboliques liés au diabète et á l’obésité. Le choix de cette espèce de souris se justifie par le fait que nous devons également comparer nos données avec les nombreuses études présentes dans la littérature utilisant exactement les mêmes modèles. Pour les études sur des souris nourries avec un régime riche en graisses, nous devons évaluer l’effet comparatif de nos composés sur des souris jeunes et âgées. Par conséquent, des souris de 8 semaines et des souris de 12 mois seront utilisées pour démarrer nos protocoles. Pour les études concernant le modèle de plaie cutanée, nous utiliserons également des souris de 8 semaines car nous devons évaluer l’effet sur de nouveaux composés et les comparer avec des données antérieures utilisant des souris au même stade de développement.