
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/01/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-146652)
Dépourvues de système immunitaire par construction, donc exposées à toute infection bactérienne ou virale, 7 030 souris sont élevées cinq ans durant pour fournir des receveuses de greffes de cellules cancéreuses humaines. Leur seule procédure déclarée est la mise en accouplement, répétée sur plusieurs cycles, dans un niveau de souffrance léger. Elles vivent en confinement sous atmosphère filtrée, en isolateur ou en cage ventilée, manipulées aux gants et à la pince désinfectée. Toutes sont tuées à la fin de l’élevage, le porteur indiquant qu’elles seront alors trop âgées pour être placées dans d’autres procédures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif du projet est d’étudier les mécanismes biologiques impliqués dans le développement normal et pathologique de différents types de cellules humaines, en particulier de certains cancers humains, comme les cancers du sang appelées leucémies. Certaines expériences, par exemple, nécessitent la transplantation de cellules humaines malades chez les animaux, pour créer des modèles expérimentaux in vivo permettant d’étudier et de traiter le développement du cancer ciblé par de nouvelles stratégies thérapeutiques, potentiellement applicables dans le futur aux patients. Ces projets reposent donc sur la greffe de cellules humaines normales ou cancéreuses, issues de patients, qui ont besoin d’une environnement particulier pour se développer, sans être rejetées pour le système immunitaire de l’hôte (ici la souris) transplanté. On parle de xénogreffe. Nous réalisons ces élevages localement afin de pouvoir disposer de souris bien intégrées dans leur environnement, non stressées par un voyage, en nombre suffisant et que nous avons préalablement testées pour leur capacité à accepter les greffons humains.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices de ce projet sont de disposer de modèles animaux murins de qualité, en bonne santé, non stressées et bien intégrées dans notre animalerie, que nous avons testées au préalable pour être de bonnes receveuses de cellules humaines normales et cancéreuses, permettant d’avoir des résultats scientifiques reproductibles rapidement et donc d’utiliser moins d’animaux. En outre, la production locale de ces trois lignées pourra aider à comprendre plus rapidement comment traiter des cancers pour lesquels à l’heure actuelle les traitements sont à améliorer. Le fait de les produire en local permet aussi un gain de temps dans l’étude et la recherche de traitement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront mises en accouplement pour plusieurs cycles de reproduction pendant les 5 ans de la procédure.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris utilisées sont immunodéficientes (sans système immunitaire), elles sont donc théoriquement sensibles aux infections bactériennes et virales. Les effets indésirables pourraient être en lien avec une infection (amaigrissement, poil terne, isolement, changement de comportement lors de l’allaitement)
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris utilisées pour la reproduction seront euthanasiées en fin de procédure d’élevage car ces animaux seront trop âgés pour être replacés dans d’autres procédures expérimentales.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les projets que nous développons étudient le développement physiologique normal et pathologique du sang (notamment le développement de certains cancers du sang comme les leucémies). Quand cela est possible nous réalisons des expériences de culture cellulaire. Toutefois certains aspects ne peuvent pas être réalisés dans une boite de culture (in vitro) car ils nécessitent d’être étudiés dans un organisme entier et font notamment appel à la complexité des interactions entre cellules dans un organe entier ou entre différents organes qu’il n’est pas possible de générer autrement que dans un modèle animal. Il n’y a donc pas d’alternative non animale aux élevages de ces souris, même si nous faisons de notre mieux pour étudier les questions déjà ex-vivo avant de poser des questions in-vivo.
2. Réduction
Nous essayons de rationaliser notre production d’animaux, donc de ne pas avoir trop de couples en route, afin d’éviter une sur-production par rapport à la demande pour les projets en cours. Si les productions de souriceaux sont optimales pour répondre aux besoins des projets expérimentaux, nous régulons la production en diminuant le nombre de couples. Le nombre d’animaux prévu pour ces élevages dépend des projets de recherche dans lesquels ils sont utilisés. Nous l’avons calculé en prenant comme base des travaux de recherche réalisés au sein de notre laboratoire sur les dernières années et en essayant de programmer au mieux nos futurs projets.
3. Raffinement
Les souris immunodéficientes sont élevées et accouplées en confinement, sous atmosphère filtrée, donc exempt de pathogènes, soit en isolateur, soit en cages de portoir ventilé. Les changes des cages sont réalisés sous poste de sécurité microbiologique afin de réduire au maximum les risques de contact avec des agents infectieux. L’eau de boisson est une eau filtrée en bouteille du commerce et l’alimentation est stérilisée par irradiation. Toutes les manipulations des animaux sont réalisées avec des gants et des pinces aseptisées à l’alcool.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utilisons des souris qui sont des mammifères de petite taille à l’âge adulte, faciles à élever et à reproduire en captivité. Leurs génétique et comportement sont bien connus ce qui permet de mesurer facilement le bien-être, la souffrance et l’angoisse des animaux en captivité et d’y remédier le cas échéant ; ce qui en fait un bon modèle pour atteindre les objectifs scientifiques adossés aux élevages. Dans ce protocole nous avons besoin de souris adultes, en âge de reproduction, qui sont une espèce bien intégrée. Les souches de souris que nous élevons n’ont pas (ou peu) de défense immunitaire ce qui permet à des greffons cellulaires d’origine étrangère (nous travaillons avec des cellules humaines normales et cancéreuses et on parle de xénogreffe) de s’implanter et de se développer.