Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Pour évaluer un porte-électrodes d’implant cochléaire capable de se tordre pendant son insertion, 12 gerbilles de Mongolie vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue pour une étude histologique. Chacune subit cinq interventions sous anesthésie générale, de quinze à quarante minutes, dont l’implantation dans la cochlée. Une oreille reçoit l’implant, l’autre est délibérément rendue inutilisable pour servir de témoin chez le même individu, ce que le porteur présente comme un moyen d’éliminer la variabilité entre animaux. Le RNT évoque la destruction de l’oreille sans y voir d’autre atteinte que celle de la chirurgie elle-même, dont les douleurs seront contrôlées par des antalgiques.

NTS-FR-148071v1
Types de recherche
· Organes sensoriels · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Implant cochléaire, Oreille moyenne, Potentiels évoqués auditifs, Vibrométrie laser, Histologie
Gerbilles de Mongolie : 12

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La surdité constitue un enjeu majeur de santé publique. Selon l’OMS, 5 % de la population mondiale souffrira d’une atteinte auditive sévère à profonde d’ici 2050. Pour traiter les surdités de perception, principalement liées à une atteinte de l’oreille interne, des prothèses auditives peuvent être proposées. Cependant, lorsque ces prothèses s’avèrent inefficaces pour réhabiliter l’audition, l’implantation cochléaire représente le dernier recours thérapeutique. L’implant cochléaire se compose d’une partie externe, qui capte et transmet les sons, et d’une partie interne, implantée chirurgicalement. Pour stimuler les cellules du nerf auditif, un porte-électrodes est inséré dans la cochlée lors de l’intervention. Les porte-électrodes actuels sont constitués d’un faisceau d’électrodes enveloppé dans du silicone. Lors de leur insertion, une lésion des structures intracochléaires peut entraîner une diminution des performances auditives de l’implant, ainsi qu’une réaction inflammatoire associée à une fibrose. Étant donné que les porte-électrodes sont insérés sans visualisation directe de leur progression dans la cochlée, le chirurgien les pousse depuis l’extérieur. Ce processus peut provoquer un traumatisme intracochléaire ou une translocation du porte-électrodes vers une autre rampe, un phénomène observé dans certains cas. Étant donné que le traumatisme intracochléaire est un problème récurrent avec toutes les marques d’implants actuels, et compte tenu de ses conséquences sur les résultats auditifs, notre projet a consisté à concevoir un porte-électrodes actif. Ce dispositif innovant est capable de se courber pendant l’insertion, réduisant ainsi, voire évitant, le traumatisme intracochléaire. Ce prototype est composé de polymères flexibles qui lui permettent de s’adapter à la forme de la cochlée lors de l’insertion, tout en assurant une stimulation conforme aux principes des implants traditionnels une fois en place. L’objectif principal de notre projet est d’évaluer la biocompatibilité de ce nouveau porte-électrodes en le comparant aux porte-électrodes standards.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La translocation du porte-électrodes est un phénomène traumatique observé assez souvent lors de l’insertion des porte-électrodes actuellement disponibles sur le marché. Avec les dispositifs classiques, le porte-électrodes est inséré de manière passive : le chirurgien le pousse depuis l’extérieur, soit à l’aide d’une pince, soit via un système robotisé. Ce processus entraîne un glissement et un frottement, ce qui peut causer des lésions. L’insertion progressive et le retrait peuvent générer des traumatismes. Notre prototype de porte-électrodes actif permet une insertion innovante : il se tord et s’adapte dynamiquement à la forme de la cochlée pendant l’insertion, réduisant ainsi les frottements contre la paroi latérale et, par conséquent, le traumatisme intracochléaire. Des tests d’insertion réalisés sur des cochlées 3D ont déjà démontré la faisabilité et l’efficacité de cette approche. Bien que les matériaux utilisés pour ce nouveau porte-électrodes soient déjà validés pour d’autres applications médicales, leur biocompatibilité à long terme dans le contexte spécifique de l’implantation cochléaire n’a pas encore été évaluée. Étant donné que le porte-électrodes doit rester en place tout au long de la vie du patient, ce projet vise à : • Évaluer la biocompatibilité des matériaux en analysant la préservation de l’audition post-implantation. • Caractériser la réponse inflammatoire et la fibrose induites par le dispositif, en comparaison avec les porte-électrodes standards. .

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les animaux subiront cinq interventions sous anesthésie générale (26 minutes, 40 minutes, 15 minutes, 15 minutes, 25 minutes)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La chirurgie de l’implant cochléaire est un geste maîtrisé qui permet d’accéder à l’oreille moyenne pour insérer l’implant. Après la chirurgie, les douleurs engendrées par la chirurgie seront contrôlées par des antalgiques. Ainsi, les animaux seront surveillés pendant la période post-implantation à la recherche des signes de détresse et infection. Concernant la destruction de l’oreille, il n’y a pas de nuisance particulière sauf celle associée à la chirurgie elle-même.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure pour récupérer des prélèvements pour une étude histologique.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

A ce jour, aucune méthode alternative in vitro ou ex vivo est envisageable pour ce projet. L’évaluation de la biocompatibilité des implants, l’effet sur l’audition résiduelle et la réaction inflammatoire si elle se produit nécessitent un modèle animal afin d’insérer l’implant dans l’oreille, le maintenir en place dans des conditions réelles et le suivre dans un intervalle de temps.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les groupes d’animaux ont été constitués de manière à pouvoir détecter des différences significatives d’au moins 20 % entre eux, avec une fiabilité élevée. Pour optimiser les tests auditifs, chaque participant sera équipé d’un implant dans l’oreille qui conserve une fonction auditive résiduelle. L’oreille opposée sera préalablement rendue inutilisable pour l’expérience. Ce design permet un contrôle intra-individuel strict en éliminant les variations inter-oreilles, assurant une interprétation robuste des résultats

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les gerbilles seront hébergées en groupe dans un environnement enrichi pour favoriser un comportement naturel. La semaine précédant le début des expérimentations, les gerbilles seront manipulées plusieurs fois afin de les habituer au contact de l’expérimentateur et ainsi minimiser le stress le jour de la procédure expérimentale. Les interventions chirurgicales et les tests auditifs seront réalisés sous anesthésie générale. Le bien être animal sera évalué selon une grille, pour identifier une éventuelle souffrance, détresse ou inconfort. Des mesures de gestion de la douleur seront mises en place en fonction du score avec un protocole antalgique adapté.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La gerbille est le modèle d’étude le plus approprié, car c’est une espèce de rongeur avec une cochlée relativement grande par rapport sa taille et que les fréquences entendues par la gerbille sont plus proches que celle de l’humain par rapport aux autres rongeurs (rat, souris et cobaye). En plus, l’accès à l’oreille moyenne pour exposer la cochlée est facilité chez la gerbille. Le projet impliquera exclusivement des animaux adultes. Les études menées jusqu’à présent dans le laboratoire ont utilisé des animaux de cet âge. Les données obtenues dans l’étude présente pourront être comparées à celles déjà obtenues avec des protocoles voisins.