
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-150714)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Après la mise-bas, les besoins énergétiques de la vache laitière sont multipliés par 2 ou 3 afin de couvrir les besoins liés au démarrage de la lactation. Lorsqu’ils ne sont pas suffisamment couverts par l’alimentation, l’animal se retrouve en déficit énergétique. Afin de pallier ce manque, une mobilisation des réserves corporelles est entraînée, ce qui conduit finalement à la synthèse de composés sanguins spécifiques. Ces composés sanguins vont venir s’accumuler dans le foie et le sang. Chez la vache laitière, ils peuvent entraîner une diminution de la production de lait. Un déficit énergétique et une mobilisation des réserves corporelles peuvent être induits par le biais d’une restriction alimentaire. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’intensité de la restriction alimentaire nécessaire pour atteindre un déficit énergétique et une libération des composés sanguins spécifiques à ce dernier chez la vache. Ce projet servira à la mise en place d’un modèle pour évaluer des solutions nutritionnelles limitant le déficit énergétique post-partum.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A terme, cette étude permettra de déterminer la restriction alimentaire nécessaire à l’apparition d’un déficit énergétique identifiable à l’aide de marqueurs sanguins. Cela permettra de mieux comprendre les systèmes de régulation mis en place par l’animal afin de compenser le déficit énergétique. Sur le long terme, ce projet servira à mettre en place un modèle de déficit énergétique chez la vache laitière pour évaluer la pertinence de traitements/additifs à ajouter dans la ration afin de limiter la diminution de la production laitière.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un total de 8 vaches seront soumises à une ou plusieurs restrictions alimentaires sur 72h maximum. Afin de suivre l’évolution des biomarqueurs, une prise de sang aura lieu tous les matins, avant la prise alimentaire, sur chaque vache pendant les 72 heures, ainsi qu’une prise de sang avant le démarrage du déficit (soit 4 prises de sang par vache et par phase). Chaque prise de sang aura une durée inférieure à 3 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La durée de la restriction alimentaire sera de 72 heures maximum. Les prélèvements sanguins peuvent induire un stress lors de la manipulation des animaux ainsi qu’une douleur transitoire au moment de l’introduction de l’aiguille. Un hématome et/ou une inflammation locale peut apparaitre à la suite du prélèvement. La restriction alimentaire peut induire un stress et/ou une fatigue temporaire pour l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les vaches seront gardées en vie à l’issue de ce projet et resteront au sein de l’établissement utilisateur. Elles pourront être réutilisées dans le cadre d’un autre projet.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les effets du déficit énergétique sur le métabolisme étant complexes et touchant plusieurs fonctions métaboliques, son évaluation à l’aide de méthode in vitro reste difficile. L’intérêt de ce projet porte également sur les biomarqueurs sanguins en lien avec le déficit énergétique, ce qui n’est pas mesurable autrement que directement sur l’animal. De plus, la réponse physiologique à une restriction alimentaire est propre à chaque animal et ne permet pas d’exclure l’utilisation d’animaux pour ce projet. Il est donc nécessaire de tester le protocole sur l’ensemble des animaux pour s’assurer qu’au moins 75% des vaches (soit 6 animaux sur 8) montrent une réponse physiologique au déficit énergétique.
2. Réduction
Un total de 8 vaches sera présent pour la réalisation de la procédure afin de s’assurer qu’au moins 75% des vaches (soit 6 animaux sur 8) présentent la réponse physiologique souhaitée (augmentation des composés sanguins recherchés pour ce projet) avec une des restrictions testées.
3. Raffinement
Pendant la procédure expérimentale, les vaches seront logées en stabulation sur sciure. La stabulation leur permet de se déplacer librement en dehors des repas et d’être au contact de leurs congénères. Le nombre de tentatives de prise de sang à la queue sera limité à 3 par vache afin de limiter le stress et la douleur occasionnée par la ponction à cet endroit. En cas de vocalises inhabituelles et ininterrompues, les vaches recevront de la paille. Si une vache dépasse le niveau maximal d’un composé sanguin spécifique, elle recevra immédiatement un apport d’énergie rapide, matin et soir pendant 6 jours. En cas de refus supérieur à la moitié du repas distribué sur deux repas consécutifs, l’animal sera sorti de l’expérimentation. Une perte supérieure à 5% de son poids entrainera l’exclusion de l’animal de l’expérimentation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les animaux choisis sont des vaches adultes Prim’Holstein taries pour correspondre au modèle scientifique de référence et pour correspondre à l’espèce cible (vaches laitières). Les phénomènes physiologiques et biomarqueurs sanguins que nous souhaitons étudier sont spécifiques de l’espèce bovine, ce qui implique qu’il n’est pas possible de remplacer cette espèce par une autre. Les animaux sont des vaches adultes taries (âgées de 7,5 à 14,5 ans). Ces vaches sont nourries avec une ration identique pendant plus de 21 jours, elles possèdent donc une flore microbienne ruminale stable (contrairement à celle d’animaux en croissance), optimisant ainsi la fiabilité des résultats.