
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 15/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-157622)
Deux injections intraveineuses sous anesthésie à cinq jours d’intervalle, une injection intrapéritonéale sur animal vigile, trois prises de sang, 240 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour prélever leurs reins. Le modèle induit une dégradation progressive de la fonction rénale sur quinze jours, pour tester si une protéine, la clusterine, freine l’atteinte rénale dans une vascularite auto-immune. Le porteur présente le traitement visé comme moins invasif et plus spécifique que les immunosuppresseurs actuels, dont il rappelle les effets indésirables chez les patients. Sur les atteintes subies par les souris, il écrit qu' »aucune modification significative du bien-être animal n’a été décrite dans la littérature scientifique », alors que le protocole consiste à dégrader leurs reins.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les vascularites sont un groupe de maladies auto-immunes touchant les petits vaisseaux. La prise en charge thérapeutique de ces pathologies est complexe. Elle repose sur des traitements immunosuppresseurs « lourds » , qui doivent être mis en place le plus rapidement possible pour éviter des séquelles rénales et pulmonaires,notamment ; elles-mêmes pouvant grandement impacter les chances de survie. En effet, le pronostic est relativement mauvais, puisque jusqu’à 30% des patients présenteront une insuffisance rénale chronique terminale, nécessitant une dialyse à vie, ou seront décédés à 5 ans du diagnostic. D’autre part, les traitements immunosuppresseurs, bien qu’efficaces, peuvent provoquer des effets indésirables sur le système cardio-vasculaire et considérablement accroître les infections et le développement de cancers chez le patient. Il est donc nécessaire de développer de nouveaux protocoles pour enrichir l’arsenal thérapeutique disponible et permettre une meilleure prise en charge des patients en diminuant les effets indésirables à long terme. L’objectif de ce travail est d’évaluer le potentiel de nouvelles thérapeuties ciblant des mécanismes cellulaires récemment décrits comme étant impliqués dans la physiopathologie des vascularites
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les vascularites sont des pathologies difficiles à prendre en charge. Cette étude permettra d’enrichir la compréhension de la maladie et d’améliorer l’arsenal thérapeutique grâce à un traitement moins invasif, plus spécifique et pouvant être débuté plus rapidement pour diminuer les séquelles. L’objectif est d’améliorer la condition de vie des patients, de diminuer le risque des effets secondaires et donc d’augmenter la survie des patients
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour chaque animal du projet, l’induction de la pathologie sera réalisée par une injection intraveineuse (< 1 minute) sous anesthésie générale (< 5 minutes) , suivie, cinq jours plus tard, d'une deuxième injection intraveineuse sous anesthésie générale, et d'une injection intrapéritonéale sur l'animal vigile. Une prise de sang sera réalisée sur chaque animal pour des analyses biochimiques, une semaine avant le début de la procédure, puis deux fois au cours des deux semaines suivantes, pendant l'induction de la pathologie. Afin de minimiser le stress lié à ces prélèvements (< 1 minute), les animaux seront anesthésiés (< 5 minutes). Des échantillons d'urine seront également collectés sur animaux vigiles au même moment, en les laissant uriner à leur convenance.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle induira une altération progressive de la fonction rénale sur les 15 jours d’induction de la pathologie. Aucune modification significative du bien-être animal n’a été décrite dans la littérature scientifique. Cependant, les souris seront au minimum trois fois par semaine par le personnel en charge des procédures, et le bien-être animal sera évalué selon une grille décrite dans chacune des procédures.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort car les reins seront prélevés pour des analyses histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les études in vitro ont permis de démontrer dans des systèmes cellulaires simples, l’efficacité de la molécule testée dans ce projet. Cependant, ces modèles ne permettent pas de restituer la complexité des interactions cellulaires au sein d’un organe et d’un organisme complet pour étudier l’efficacité thérapeutique de notre molécule dans un contexte aussi complexe que celui de la vascularite.
2. Réduction
Le nombre total d’animaux utilisés pour l’étude a été défini en fonction du nombre de groupes et du nombre d’animaux par groupe nécessaire pour l’obtention de résultats statistiquement interprétables et fiables. Ce nombre constitue toutefois une estimation haute et pourra être ajusté à la baisse en fonction des résultats obtenus.
3. Raffinement
Afin de respecter la notion de raffinement, le bien-être de nos animaux sera pris en compte de leur naissance à leur mort, afin d’éliminer ou de réduire au maximum toute angoisse, souffrance ou douleur selon des critères couramment utilisés en expérimentation animale et une grille de score décrite pour chaque procédure. Les animaux, 5 par cage de type 2L, seront hébergés dans une animalerie aux paramètres environnementaux contrôlés (portoirs ventilés). Un enrichissement de leur milieu par des tunnels, abris et objets à ronger, permettra de rétablir le répertoire comportemental des souris. L’entretien des animaux, et les gestes techniques effectués seront pris en charge par du personnel habilité et compétent. De plus, les sites d’injection et les prélèvements de sang seront alternés, permettant une cicatrisation des tissus Les plasmas, et organes prélevés post-mortem constituerons une tissuthèque pour des marquages tissulaires et des dosages biochimiques ultérieurs.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rongeurs sont les espèces les plus couramment utilisées en recherche préclinique. Ceci est dû à la facilité d’introduire une modification génétique chez ces espèces, à la grande taille des portées, au temps de génération court et à la relative facilité d’hébergement et de soins. Les modèles de vascularites induits sont décrits dans la littérature chez le rat ou la souris. Un modèle murin a été privilégié car notre équipe a une expertise de travail chez cette espèce et le modèle de vascularite est déjà connu par l’un des chercheurs en charge des procédures, qui l’a déjà expérimenté chez notre équipe partenaire. Les souris utilisées seront âgées de 8 à 10 semaines afin d’avoir atteint un stade de développement adulte et d’avoir un poids adéquat (~20-25 g) pour être mises en expérimentation. Nous laissons une marge d’âge allant jusqu’à 10 semaines (pas plus) pour maintenir une homogénéité des poids. L’induction de la pathologie ainsi que le traitement des souris se dérouleront sur 4 semaines. L’induction de la pathologie a été démontrée chez des souris de cet âge.