Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Capturés par pêche électrique dans des cours d’eau, lors d’inventaires menés hors de ce projet, 390 juvéniles de lamproie sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis relâchés sur leur lieu de capture. Chacun subit une nage forcée dans un champ électrique, un séjour de dix à quarante minutes hors de son habitat, une anesthésie de quelques minutes et la découpe d’un morceau de nageoire aux ciseaux. Ce prélèvement doit permettre de distinguer génétiquement la lamproie fluviatile de la lamproie de Planer, que les critères visuels ne séparent pas au stade juvénile, pour cartographier la répartition de la première. Le porteur indique avoir écarté la recherche d’ADN dans l’eau, les derniers essais sur ces espèces n’ayant pas été concluants.

NTS-FR-158307v1
Types de recherche
· Conservation des espèces ·
Mots-clés
Lamproie, Rivière, Lampetra, Analyses génétiques
Autres poissons : 390

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Sur le territoire étudié, les trois espèces de lamproies sont présentes : la lamproie de Planer, la lamproie marine et la lamproie fluviatile, les deux dernières étant des migratrices entre l’océan et la rivère. L’objectif du projet est d’identifier à l’espèce les juvéniles capturés au cours d’inventaires afin de cartographier la répartition de la lamproie fluviatile. Actuellement, il existe très peu de connaissance sur la répartition et la densité de cette espèce. Classée vulnérable sur la liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine, la gestion et la protection de cette espèce nécessitent d’acquérir ces données. Les inventaires annuels par pêche électrique mettent également en exergue la présence synchrone de juvéniles du genre Lampetra qui peuvent être soit des juvéniles de lamproie fluviatile, soit des juvéniles de lamproie de Planer. Lors de ces inventaires, le genre Petromyzon, correspondant aux lamproies marines, peut être distingué du genre Lampetra à l’aide de critères visuels. Ces critères ne permettent cependant pas de distinguer entre eux les juvéniles de lamproie fluviatile des juvéniles de lamproie de Planer. L’objectif est de distinguer les espèces afin de connaître la présence et la répartition de la lamproie fluviatile grâce à l’analyse génétique d’échantillons de nageoires prélevés lors des inventaires.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Actuellement, très peu de données existent sur la répartition de cette espèce. Les données des échantillonnages par pêche des années précédentes montrent des individus identifiés seulement au genre (Lampetra/Petromyzon). La connaissance de la répartition de la lamproie fluviatile est essentielle pour répondre aux besoins de connaissance et de gestion/protection de cette espèce. Les données acquises répondraient ainsi aux objectifs du plan de gestion des poissons migrateurs et permettraient d’améliorer la gestion de cette espèce : mesures de protection des secteurs où elle est présente, prise en compte de sa présence lors de travaux (aménagements routiers au niveau des cours d’eau par exemple). Les résultats obtenus (cartographie de la répartition) seront portés à la connaissance de l’ensemble des acteurs susceptibles d’intervenir dans le domaine : administrations, maîtres d’ouvrages, bureaux d’études, etc. A terme, la réalisation d’une base de données est prévue afin de compiler l’ensemble des observations.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les juvéniles de lamproies seront capturés par pêche électrique, à l’opportunité, dans le cadre d’inventaire extérieur à ce projet. Ils seront donc soumis à un champ électrique durant quelques secondes avant d’être retiré de l’eau à l’aide d’une épuisette et placé dans un seau de transfert. En fonction des protocoles d’inventaires et des secteurs, les temps de capture peuvent varier entre 10 et 30 minutes. Pour réaliser les prélèvements de nageoires, relatif à ce projet, les juvéniles de lamproies du genre Lampetra seront soumis à une anesthésie entrainant une perte de réactivité et de sensations (tissus anesthésiés), une perte d’équilibre et de tonus et de réflexe. Cette anesthésie durera quelques minutes de façon à obtenir le stade voulu. Les ammocètes seront sorties de l’eau pour être mesurées puis placées dans le creux de la main d’un opérateur pour réaliser la découpe d’un morceau de nageoire à l’aide d’un ciseau. Cette manipulation ne durera que quelques secondes. Les animaux seront ensuite réveillés dans un sceau d’eau oxygéné par un bulleur puis remis dans leur milieu naturel. Le temps total de la procédure est estimé à 10 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances attendues sont les suivantes : la nage forcée de quelques secondes lors de la pêche électrique est d’intensité modérée, la pêche des animaux avec une épuisette constitue un stress de courte durée, le retrait des animaux de leurs habitats durant 10 à 40 minutes est considéré comme d’intensité légère. L’anesthésie de quelques minutes des ammocètes est considérée comme d’intensité légère et le prélèvement d’un morceau de nageoire, réalisé en quelques secondes, constitue une nuisance d’intensité modérée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les juvéniles de lamproies qui feront l’objet de prélèvements d’échantillons de nageoires seront capturés dans le milieu naturel et relâchés dans leur milieu d’origine après prélèvements des échantillons.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le projet visant l’étude de la répartition de la lamproie fluviatile, il est nécessaire d’appliquer la procédure aux juvéniles de lamproies vivant in situ. Par ailleurs, l’analyse génétique (marqueurs mitochondrial et nucléaire) de tissus de nageoire est la seule méthode existante actuellement pour différencier les deux espèces, les critères visuels ne le permettant pas. La méthode de l’ADN environnemental (recherche de l’ADN d’une espèce dans les prélèvements d’eau) n’est pas applicable non plus puisque les derniers essais effectués sur ces espèces n’ont pas été concluants.

2. Réduction

3R / Réduction :

L’objectif est d’établir une carte de répartition de la lamproie fluviatile. Pour cela, les stations de captures choisies prennent en compte l’aire de répartition théorique de la Lamproie fluviatile ainsi que les données antérieures de captures. Les prélèvements seront limités aux individus d’une taille minimale de 110 mm, ce qui a pour effet également de réduire le nombre d’individus possibles à prélever. Enfin, un maximum de 6 individus par lieu de capture a été fixé afin de répartir les prélèvements sur l’ensemble des stations où seront capturés des juvéniles de Lampetra tout en réduisant le nombre de prélèvements. Le nombre maximum de prélèvements est fixé à 390. Selon les données de capture des années antérieures, le nombre de juvéniles du genre Lampetra était en moyenne de 4 sur un des réseaux de stations de captures et de 3.2 sur le second. Ceci représente 66 % du nombre maximal que nous nous fixons cette année ; par conséquent, il est possible que nous n’en prélevions pas davantage. La probabilité de capturer les juvéniles de lamproie fluviatile tout au long des cours d’eau étudiés est forte, ce qui permet de réduire les prélèvements par point de capture sans obérer l’objectif du projet. En effet, toutes les stations à échantillonner ont fait l’objet d’au moins 1 capture de lamproie au cours des échantillonnages d’anguille lors de chaque année d’étude du reseau anguille (2013, 2016, 2019), et sur la moitié d’entres elles, réparties sur l’axe Loire, entre 4 et 59 lamproies ont été capturées, ce qui suffit à confirmer l’espèce. L’objectif du projet est de dresser la carte de répartition de l’espèce et non d’obtenir des données quantitatives.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Lors de la capture, les individus sont immédiatement retirés du champ d’action après immobilisation à l’aide d’épuisettes puis transférés dans un seau. Les réglages de l’appareil de pêche sont maîtrisés par les opérateurs (formation pêche à l’électricité, habilitation électrique). Les lamproies sont ensuite anesthésiées à un stade entrainant une perte de réactivité et de sensations (tissus anesthésiés), une perte d’équilibre et de tonus et de réflexe. Il correspond au stade utilisé pour la chirurgie. Pour réaliser le prélèvement de tissus, la lamproie est placée dans le creux de la main désinfectée et humidifiée de l’opérateur. Les juvéniles anesthésiés sont facilement manipulables sans risque de blessure d’autant que le prélèvement est très rapide. La main est refermée délicatement autour de l’individu pour d’une part couvrir l’œil (si la lamproie est en cours de métamorphose) et ainsi limiter le stress, et d’autre part maintenir l’individu. Pour éviter un risque d’infection des lamproies (et toute contamination génétique des prélèvements), le matériel (ciseaux de dissection et pince) est désinfecté avant chaque prélèvement. Chaque individu prélevé est ensuite déposé dans un bac de réveil avec de l’eau de rivière jusqu’à ce qu’il retrouve ses capacités de nage et tonus musculaire. Les individus sont relâchés sur leur lieu de capture.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’objectif est de connaître la répartition de la Lamproie fluviatile en distinguant les juvéniles de Lamproie fluviatile des juvéniles de Lamproie de Planer. Il est donc indispensable de réaliser l’étude sur les juvéniles de lamproies. Les animaux concernés sont des juvéniles de lamproies vivant à ce stade en cours d’eau. Leur âge est situé entre 3 et 5 ans.