
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-164053)
88 souris vont être utilisées, dont 80 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l’issue pour un prélèvement sanguin terminal et le prélèvement d’organes. Elles reçoivent sous anesthésie une injection de nouvelles capsules lipidiques destinées à transporter des acides nucléiques, et le porteur indique qu’une toxicité d’intensité sévère peut apparaître dans les minutes qui suivent, puis d’intensité modérée pendant les vingt-quatre premières heures, avec des effets sur le comportement, l’alimentation, la mobilité et l’apparence. L’intérêt annoncé tient à la fabrication de ces composés à partir de déchets de l’industrie, donc à leur faible coût et à leur disponibilité à grande échelle. Le porteur décrit une phase in vitro de sélection des composés, affirme ensuite que ces essais ne permettent pas d’appréhender la complexité physiologique d’un être vivant, et rattache l’effectif de 88 souris aux conditions de réalisation des tests réglementaires de toxicité.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La recherche et le développement de nouvelles capsules pour la délivrance de médicaments est devenu un axe de recherche majeur depuis l’apparition récente des vaccins à ARN messager contre la COVID19. L’utilisation de molécules de type lipide s’est mise en place afin de proposer de nouvelles approches. Le rôle de ces molécules est de servir de transporteurs dans le domaine de la cancérologie ou la vaccination. Si les molécules formées permettent d’encapsuler des petites protéines et les acides nucléiques (ADN, ARN), leur efficacité reste insuffisante pour plusieurs applications médicales. Le projet consiste à développer une nouvelle génération de transporteurs ayant une meilleure stabilité, rigidité et également la possibilité de cibler spécifiquement certains organes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’intérêt de ce projet est de pouvoir évaluer une potentielle toxicité de nouvelles molécules permettant le transport des acides nucléiques. Si ces nouvelles molécules ne présentent pas de toxicité, elles auraient un intérêt pour le développement de vaccins à ARN messager ou bien pour le transport de petites protéines. De plus, ces nouveaux composés synthétisés sont issus de déchets de l’industrie ce qui pourrait permettre une disponibilité à grande échelle avec un coût très faible.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront anesthésiés/analgésiés deux fois pour réaliser l’injection des molécules durant une dizaine de minutes et lors du prélèvement de sang terminal avant la mise à mort.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Un stress léger de quelques secondes pourra être induit lors du déplacement de l’animal de sa cage pour le mettre dans la cage sous la lumière chauffante puis dans la boite d’induction de l’anesthésie. Une douleur légère pourra être induite lors de l’injection pour l’administration du composé testé ainsi que pour l’administration de l’anesthésie/analgésie, cette douleur sera d’une durée maximale de 30 secondes. Une toxicité pourrait être induite suite à l’injection du composé avec une possibilité d’intensité sévère sur une période de plusieurs minutes. Si une toxicité apparait cela peut affecter l’animal de plusieurs manières que ce soit au niveau du comportement, de l’alimentation, la mobilité dans la cage et son apparence. Cette toxicité est d’une intensité modérée sur les premières 24h de la procédure.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À l’issue de la procédure, tous les animaux seront mis à mort afin de pouvoir faire un prélèvement sanguin d’un volume important. Ce prélèvement de sang permettra de réaliser des analyses de sang. De plus, certains organes seront prélevés afin d’évaluer la toxicité au niveau de ces derniers.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des études in vitro, sur des cellules en culture, seront menés en amont du projet. L’objectif de ces études est de déterminer le meilleur rapport entre l’agent de transfection et l’ARN et d’évaluer ensuite la toxicité et l’efficacité de transfection. Cette première série de tests va permettre de réduire le nombre de composés à tester. Le choix est fait selon le composé ayant obtenu le plus fort signal avec la plus faible toxicité. Cependant, ces études in vitro ne permettent d’appréhender toute la complexité physiologique d’un être vivant, c’est pourquoi il est nécessaire de réaliser ces études chez l’animal également.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est réduit au minimum pour réaliser cette étude. Cela correspond à 88 animaux répartis en 11 lots de 8 souris. Ce nombre d’animaux est le minimum pour réaliser des tests statistiques. Chaque lot correspond à un type de composé ou au contrôle. Bien qu’il s’agit d’un projet justifié d’un point de vue scientifique, le nombre d’animaux a été déterminé sur la base d’une directive européenne qui définit les conditions de réalisation des tests de toxicités réglementaires.
3. Raffinement
Lors de la phase d’acclimatation, l’expérimentateur restera auprès des animaux afin que ces derniers puissent s’habituer à l’odeur et à leur pesée pour diminuer le stress lors de la procédure. L’injection des composés se fera sous anesthésie à 37°C. Les animaux seront surveillés tout le long de la procédure mais une vigilance accrue sera réalisée durant la première heure post-injection en suivant les critères définis dans notre grille de score. Si un ou des points limites apparaissent des mesures retenues comme la mise en place d’analgésie seront appliquées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les animaux utilisés dans cette étude sont des souris. Il s’agit d’une espèce utilisée antérieurement au sein du laboratoire pour ce type de procédure. Les animaux seront utilisés à des stades entre 6 et 12 semaines. Cela correspond au stade jeune adulte pour ces animaux. Il s’agit de la tranche préconisée dans la directive 417 de l’OCDE.