
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-201224)
480 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles reçoivent quatre injections pour induire des anticorps, puis un accident vasculaire cérébral provoqué par thrombine ou chlorure de fer, suivi d’une IRM et de tests comportementaux de récupération pendant deux semaines, avant le prélèvement de leur cerveau. Le porteur mentionne des déficits fonctionnels et cognitifs, des douleurs post-opératoires et une perte de poids, sans détailler les tests comportementaux employés. Il qualifie l’expérimentation animale de « stricte nécessité » et affirme qu’aucune méthode sans animal n’apporterait le même niveau d’information, la retombée pour les patients victimes d’AVC restant lointaine.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La présence d’auto-anticorps dirigés contre l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) a été décrite dans différentes pathologies telles que le Lupus Erythémateux Systémique, le Syndrome Primaire des Antiphospholipides, l’Hypertension Pulmonaire Primaire, les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin ou encore les fausses couches à thrombi veineux et/ou utérins. Certaines des études ayant montré la présence de ces auto-anticorps ont également montré qu’ils étaient dirigés contre le domaine catalytique du tPA, sans pour autant démontrer leur impact sur les fonctions du tPA. Dans ce contexte, au sein du laboratoire, un outil de détection des auto-anticorps en cytométrie a été développé. Un modèle murin exprimant des anticorps induits contre le tPA a été développé au sein du laboratoire afin d’étudier cette thématique. Ce dernier a permi de montrer que les anticorps anti-tPA réduisent drastiquement l’activité profibrinolytique du tPA in vitro. Afin d’évaluer l’effet des anticorps induits dirigés contre le tPA dans le contexte de l’AVC (Accident Vasculaire Cérébral), nous avons la nécessité de remettre en place ce modèle d’immunisation active à des souris qui seraient ensuite soumises à des modèles d’AVC tels que le modèle basé sur l’utilisation de la thrombine ou le modèle basé sur l’utilisation de chlorure de fer.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet va permettre d’évaluer l’impact des anticorps dirigés contre l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) dans le cadre de l’AVC ischémique et va permettre d’améliorer à terme la prise en charge des patients victimes d’AVC. De plus, au vu des différentes pathologies au sein desquelles ces anticorps ont été détectés jusqu’à maintenant, ce projet permettra de mieux comprendre l’impact de ces anticorps anti-tPA sur les phénomènes de coagulation et de fibrinolyse.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal fera l’objet de 4 injections intrapéritonéales d’un mélange immunogène pendant 4 semaines pour induire la production d’anticorps. 2 semaines après la fin de ces injections, les animaux se verront induire un Accident Vasculaire Cérébral (AVC) avec un traitement nécessitant la pose de cathéter intraveineux au niveau de la queue. Ces protocoles d’AVC dureront entre 2h et 4h suivant les temporalités des traitements (précoce ou tardif). Un jour après l’induction de l’AVC, les animaux se verront à nouveau anesthésiés afin de passer un examen IRM durant près de 40minutes. En parallèle à l’induction des AVC ainsi qu’aux examens IRMs les animaux suivront des protocoles comportementaux d’évaluation de la récupération fonctionnelle post-AVC. Ces évaluations comportementales dureront jusqu’à 15jours après l’induction de l’ischémie. C’est au terme de ces évaluations comportementales que les animaux seront mis à mort.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’hébergement des animaux s’effectue au moins 7 jours avant le début des procédures pour leur habituation et la gestion de leur stress. Les nuisances et effets indésirables étant susceptibles d’apparaître chez les animaux seraient : une perte de poids anormale, des douleurs post-opératoires, du stress, des déficits fonctionnels et/ou cognitifs.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issu de chaque procédure, les animaux seront mis à mort selon la dérogation ce qui permettra de prélever leurs cerveaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les procédures expérimentales pour réaliser ce projet ont un caractère de stricte nécessité et ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants et susceptibles d’apporter le même niveau d’information. Nous avons sélectionné le modèle présentant le meilleur compromis entre pertinence scientifique et sensibilité de l’espèce. La souris est l’espèce animale la plus étudiée dans le domaine des mécanismes d’action du tPA au niveau du cerveau. La physiopathologie est donc globalement établie, ce qui nous permettra d’interpréter nos résultats de manière fiable. L’ensemble des acquis et des connaissances dont nous disposons rend cette espèce particulièrement intéressante dans le cadre de notre étude.
2. Réduction
Notre projet ne nous permet pas d’utiliser d’autres moyens que l’expérimentation animale. Avant de procéder à une telle étude, nous nous sommes assurés d’utiliser le nombre minimal d’animaux adéquat pour atteindre le résultat souhaité. En fonction de l’expérimentateur (habileté, expérience, prédisposition pour ce type de gestes), le nombre d’animaux pourra être revu à la baisse en fonction de l’aisance des expérimentateurs. Dans chaque phase du projet, le minimum d’animaux a été prévu afin d’arriver à des résultats qui soient en adéquations avec les tests statistiques prévus lors de ce projet en prenant en compte un pourcentage d’animaux nécessaire à l’apprentissage. Le nombre d’animaux pour chaque étude a été défini à partir d’une analyse de puissance et de nos données sur chaque modèle. De plus, l’utilisation de techniques d’imagerie non invasives permet de réduire le nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Les principes éthiques et les standards de raffinement seront utilisés pendant tout le projet. Les animaux sont hébergés dans des cages standards aux normes européennes. Les animaux seront anesthésiés et analgésiés durant chaque procédure. Les expériences seront réalisées en respectant les règles de bonnes pratiques de laboratoire pour le respect des animaux, tout en veillant à ne pas dépasser les points limites fixés au préalable. Le bien-être des animaux est contrôlé 7j/7 par du personnel qualifié. Cette surveillance quotidienne et hebdomadaire permettra de détecter tous signes cliniques de souffrance et d’agir rapidement pour mettre fin à cette détresse. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire montre que les animaux se déplacent et s’alimentent normalement, prennent bien soin de leur pelage, n’émettent aucun son audible à l’oreille humaine et ne présentent aucun syndrome associé à un état maladif. Les animaux seront également placés dans un environnement enrichi au sein de cages aux standards répondant aux normes européennes actuelles (Directive 2010/63/UE) : 5 souris par cage, coton, paillettes, petites maisons. Pour éviter de stresser les animaux, les cages seront isolées de tout bruit extérieur et l’accès à l’eau et à la nourriture sera ad libitum. Les animaux seront pesés deux fois par semaine pour surveiller leur poids et éviter une perte de poids trop élevée qui serait associée à un état de souffrance anormal des animaux. Des échelles d’évaluation de la souffrance animale seront également utilisées, associées à l’utilisation de points limites adaptés, afin d’intervenir pour mettre un terme à une souffrance trop grande chez les animaux en protocole. Tout le matériel et consommables utilisés dans cette procédure expérimentale seront neufs (comme les seringues et aiguilles), soigneusement nettoyés et désinfectés pour les réutiliser (pinces métalliques). Tout sera mis en œuvre pour réduire l’angoisse, la souffrance et la douleur de chaque animal, pouvant être occasionnées pendant le projet. Les principes éthiques et les standards de raffinement seront utilisés jusqu’à la mise à mort de l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris (Mus musculus) est l’espèce animale la plus étudiée dans le domaine du développement et les techniques employées sont bien connues. L’anatomie du système nerveux murin et la physiologie de la souris sont également bien connues et sont proches de celles de l’Homme, ce qui fait des modèles utilisés dans ce projet des approches expérimentales fiables. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire et dans la littérature rend cette espèce particulièrement intéressante pour cette étude. Les expériences envisagées nécessitent l’utiliation du modèle à anticorps induits dirigés contre l’activateur tissulaire du plasminogène ayant été développé chez la souris. Il n’existe pas de modèle fiable utilisant des vertébrés moins sensibles ou des invertébrés, compte tenu de leur anatomie et de leur physiologie très différentes de l’Homme. Les souris utilisées dans cette étude seront commandées à l’âge de 7 semaines pour qu’elles aient 1 semaine d’acclimatation à l’animalerie. Le protocole d’immunisation débutera lorsque les souris auront atteint l’âge de 8 semaines. L’immunisation se fera sur 4 semaine et se terminera donc à l’âge de 11 semaines pour les souris. Les protocoles d’induction d’accidents vasculaires cérébraux seront réalisés 2 semaines après la fin de l’immunisation, soit à l’âge de 13 semaines. En effet, c’est 2 semaines après la fin de l’immunisation active que nous avons montré le pic de production d’anticorps induit anti-tPA dans ce modèle d’immunisation.