Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les objectifs du projet sont de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques qui pourraient expliquer pourquoi les personnes diabétiques ont des AVC hémorragiques plus sévères (atteintes neurologiques plus importantes et mortalité plus importante). Notre hypothèse est que le sang glyqué (« sucré/diabétique ») et notamment les globules rouges « diabétiques » pourraient être responsables d’un œdème, d’une réaction inflammatoire et d’un stress oxydant exacerbés entrainant par conséquent des séquelles cérébrales plus importantes. Dans ce contexte, nous voulons injecter du sang « sain » et du sang « diabétique » dans le cerveau de rat afin d’étudier différents aspects physiopathologiques: œdème, inflammation, stress oxydant, réactivité et mort de différents types cellulaires

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La meilleure compréhension de l’impact de l’épanchement de sang « diabétique » dans le cerveau (hémorragie) et de ses conséquences pourrait permettre d’identifier la raison de l’aggravation des séquelles neurologiques et de la mortalité chez les personnes diabétiques. Cela pourrait donc à termes permettre de proposer des cibles thérapeutiques pour améliorer le pronostic des personnes diabétiques à la suite d’un AVC hémorragique et ainsi limiter leurs séquelles et la surmortalité

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour la Procédure 1 (induction Diabète de type 1) : une injection unique d’une drogue ou de tampon salin en intra-péritonéal et mesure de la glycémie à J+2 puis J+7 pour vérification de la glycémie. Le sang sera récupéré à 14 jours post-induction du diabète. Pour la Procédure 2 (Mimer un AVC hémorragique) : Chirurgie cérébrale sous anesthésie chimique (30 min) pour mimer un AVC hémorragique.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances prévues pour les animaux de la procédure 1 impliquant la mise en place d’un diabète sont une polyurie et polydypsie caractéristiques du diabète. On peut envisager une perte de poids mais qui devraient rester limitée vue la durée de maintien de la pathologie (14 jours). Pour les animaux subissant l’injection de sang au niveau du striatum cérébral (Procédure 2), des troubles locomoteurs initiaux ainsi qu’une perte de poids initial sont prévus (difficulté à s’alimenter). Les animaux récupèrent assez vite et donc cette perte de poids est temporaire. L’infection est un risque faible. Egalement, une faiblesse et/ou douleur liée aux différents prélèvements et actes chirurgicaux peuvents survenir. Des douleurs post-opératoires représentent également une nuisance.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de chaque procédure l’ensemble des animaux sera euthanasié pour analyse.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La complexité des processus physiologiques se déroulant lors d’une hémorragie cérébrale ne sont pas modélisables par des techniques in vitro. Ils impliquent un oedème, la migration et la prolifération des cellules cérébrales, ainsi que l’interaction entre plusieurs types cellulaire. De plus, plusieurs processus physiologiques se mettent en place lors d’un dommage cérébral comme un AVC hémorragique (hypoxie, inflammation, stress oxydatif, sécrétion de facteurs trophiques et neurotrophiques ainsi qu’endothéliaux). A l’heure actuelle, nous ne pouvons réaliser des procédures in vitro permettant d’intégrer l’ensemble de ces acteurs cellulaires et de signalisation. C’est pourquoi le modèle in vivo est pertinent et ne peut être remplacé.

2. Réduction

3R / Réduction :

Une partie des expérimentations sera réalisée de façon séquentielle sur 2 groupes (2 x 5 animaux par groupe). Cela permettra de ne pas utiliser l’ensemble des animaux si nous observons que les résultats obtenus sont suffisamment étayés. D’après notre expérience et connaissance des analyses effectuées via des expérimentations similaires, le nombre de 10 animaux par groupe permet de pallier à l’hétérogénéité de réponses des animaux, et les tests statistiques réalisés seront suffisamment puissants.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront placés dans des conditions optimales selon les réglementations en vigueur. L’atmosphère sera contrôlée en température et humidité. Ils auront à disposition nourriture et boisson. Une anesthésie générale est prévue avant toute manipulation invasive. Dans un souci de réduction de la douleur, toutes les mesures seront prises pendant les expérimentations (anesthésie, analgésie). Un enrichissement adapté à ce type d’expérimentations sera mis en place. Des points limites adaptés et des critères d’arrêt sont prévus.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les rats sont des mammifères dont la neuroanatomie est proche de celle de l’humain. Ce sont des animaux permettant de mimer la pathologie de l’AVC hémorragique et de mieux la comprendre. Des rats de 12 semaines seront utilisés car ils correspondent à des stades de développement bien caractérisés quant aux processus neurologiques mis en place lors de l’AVC hémorragique.