
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-208961)
63 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune reçoit une injection intraveineuse sous anesthésie gazeuse, puis un prélèvement de sang terminal, les muscles étant prélevés après la mise à mort. L’objet immédiat est de vérifier qu’une méthode de marquage et d’isolement des lysosomes fonctionne dans un muscle sain, les retombées pour les personnes atteintes de dystrophie musculaire étant renvoyées au long terme. Sur le remplacement, le porteur reconnaît que les cultures cellulaires constituent « une première étape utile », puis juge l’utilisation de souris « indispensable » pour valider la faisabilité sur un muscle entier.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à mettre au point une méthode permettant de marquer puis d’isoler les lysosomes du muscle chez la souris. Les lysosomes sont de petites structures présentes dans les cellules, qui participent au recyclage des déchets et au bon fonctionnement cellulaire. Des études récentes suggèrent qu’ils pourraient être altérés dans certaines maladies musculaires graves. Le projet consiste d’abord à vérifier que cette méthode fonctionne correctement dans le muscle sain, puis, uniquement si cette première étape est concluante, à vérifier qu’elle reste applicable dans des muscles atteints de dystrophie. À moyen terme, cette méthode pourrait aider à mieux comprendre les anomalies présentes dans les muscles malades et à identifier de nouvelles pistes pour améliorer la prise en charge des patients atteints de dystrophies musculaires.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de valider un outil expérimental qui pourra ensuite être utilisé pour mieux comprendre pourquoi et comment les lysosomes des cellules musculaires sont altérés dans la dystrophie musculaire de Duchenne et dans certaines dystrophies musculaires des ceintures. En analysant plus finement ces lysosomes, il pourrait devenir possible d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et d’améliorer, à plus long terme, les stratégies de traitement destinées aux patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux reçoivent une injection intraveineuse de vecteur ou de véhicule sous anesthésie gazeuse, d’une durée de quelques minutes. En fin de procédure, un prélèvement sanguin terminal est réalisé sous anesthésie générale, puis les muscles sont prélevés après euthanasie afin de permettre les analyses prévues.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets attendus sur les animaux sont limités et transitoires. Ils correspondent principalement à l’inconfort lié à la manipulation et aux injections réalisées sous anesthésie, ainsi qu’à une possible sécheresse oculaire au cours de l’anesthésie, prévenue par l’application d’un gel protecteur. Aucun effet durable n’est attendu dans les conditions d’utilisation prévues dans ce projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin des procédures afin de réaliser le prélèvement des muscles et des organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet étudie le rôle des lysosomes, les « poubelles » des cellules musculaires, dans les dystrophies musculaires. Les méthodes alternatives basées sur des cultures cellulaires constituent une première étape utile. Cependant, l’objectif de ce projet est de mettre au point une méthode permettant d’isoler spécifiquement les lysosomes à partir d’un muscle entier. Cela nécessite de travailler sur du tissu musculaire dans des conditions proches du réel, car l’architecture du muscle, la diversité des cellules présentes et les contraintes de l’expérience peuvent modifier le rendement et la spécificité de la purification. L’utilisation de souris est indispensable pour valider la faisabilité de notre méthode et vérifier qu’elle n’altère pas le fonctionnement des lysosomes dans le muscle.
2. Réduction
Le projet utilise le nombre minimum de souris permettant de vérifier que la méthode marche de façon fiable. Nous prélèverons plusieurs muscles chez la même souris pour éviter d’utiliser d’autres animaux.
3. Raffinement
Les souris étant des animaux sociaux, elles sont hébergées par groupes. Une phase d’adaptation de 7 jours est mise en place avant l’entrée en protocole. Les animaux sont élevés dans un environnement enrichi et sont observés quotidiennement. Les souris sont anesthésiées lorsque les procédures expérimentales sont potentiellement douloureuses ou stressantes. Nous appliquons les points limites établis préalablement grâce à l’utilisation d’une grille d’évaluation de la souffrance pour lesquels des mesures sont mises en œuvre. Des mesures pour augmenter le confort des animaux sont également appliquées, telles que l’utilisation d’une plaque thermostatée pour maintenir une température corporelle stable lors de la phase de réveil et l’application de gel oculaire pour éviter le dessèchement des tissus lors des anesthésies.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utilisons des souris car il existe des modèles bien connus des maladies étudiées chez cette espèce. Les souris sont utilisées à des âges où les muscles sont suffisamment développés pour permettre les prélèvements et réaliser les expériences nécessaires pour mettre au point notre technique.