
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/11/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-219058)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le SARS-CoV2 est le virus responsable de la maladie appelée COVID-19. Le manque de vaccin et d’antiviraux a révélé un besoin urgent d’études in vivo pertinentes afin d’évaluer de nouvelles molécules potentiellement anti-SARS-CoV2. Différents modèles de souris dont un modèle de souris génétiquement modifiées pour être sensibles au virus SARS-CoV2 a été décrit dans la littérature. Ces souris, disponibles dans le commerce sont un outil de choix pour étudier la pathogenèse du SARS-CoV2 et pour évaluer les vaccins et les produits thérapeutiques COVID-19. L’ambition de ce projet est de proposer une plateforme technologique, à destination de futurs clients, académiques ou privés, où des souris sensibles au virus seront utilisées pour tester de nouvelles molécules antivirales pour le traitement de la COVID-19. Pour comprendre les différents mécanismes biologiques et l’influence du système immunitaire de l’hôte sur le virus, il est en effet crucial à ce stade, d’utiliser un organisme vivant dans son ensemble. Différentes techniques in vitro ont déjà été utilisées en amont. Nous avons donc pour objectif de contribuer au développement de thérapies innovantes dans le domaine de l’infectiologie afin de répondre à un problème majeur qu’est l’épidémie de Covid-19.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’utilisation d’un modèle souris pour étudier la pathogenèse du SARS-CoV2 contribue à comprendre les différents mécanismes biologiques et l’influence du système immunitaire de l’hôte sur le virus. Ce modèle préclinique in vivo permet d’évaluer des vaccins et des produits thérapeutiques Covid19
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Ce projet a été écrit afin de réaliser de la prestation de service. Il nous est donc difficile à ce jour de définir le nombre d’intervention et leur durée mais le nombre de prélèvements est limité. Pour chaque injection (sous-cutanée, intrapéritonéale, intraveineuse) mais également pour le gavage la durée maximale est de 1min, cela comprend le temps de la contention et de l’injection. Pour les prises de sang, l’animal est anesthésié dans la boite à induction pendant 2 à 3 min, puis la prise de sang est réalisée. L’animal est ensuite remis dans sa cage et surveillé. L’ensemble dure maximum 5 min. Certains animaux seront soumis à 2 tests de tolérance au glucose au cours de la procédure Pour des procédures dites « classiques », les souris anesthésiées seront infectées par le SARS-CoV2 selon la voie définie (voie intra nasale ou voie intra gastrique), un gavage de molécules tous les jours pendant maximum 10 jours avant prélèvement d’organes
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Chez la souris, l’infection au SARS-CoV2 induit les signes cliniques d’une maladie infectieuse : posture courbée, pelage en piloérection, respiration difficile, prostration ou perte d’activité et perte de réponse à un stimulus.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort. Il n’y a pas de possibilité de replacement, vu le contexte hautement pathogène
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’amplitude de l’épidémie de Covid-19 ainsi que l’absence de traitement de référence rend urgente la découverte de nouvelles solutions thérapeutiques innovantes. Le recours à l’animal de laboratoire s’inscrit dans le cadre de l’étude de l’efficacité in vivo d’un composé sur une infection, qui résulte non seulement de l’effet de ce composé sur le virus mais également de la réponse du système immunitaire de l’hôte sur cet agent pathogène. Il n’existe aucun modèle in vitro mimant de façon précise ces interactions complexes. Afin d’évaluer l’activité thérapeutique de nouvelles substances, des modèles pharmacologiques in vivo mimant les pathologies sont incontournables. Les souris sont largement utilisées par les équipes de Recherche publique et privée dans le domaine des maladies infectieuses pour les études d’immunologie et de lésions pulmonaires. Elles ont un système immunitaire bien caractérisé. Les souris sont généralement sensibles à l’infection par le SARS-CoV2 et constituent le modèle de choix pour l’investigation de cette pathologie.
2. Réduction
Une attention toute particulière est portée sur le nombre d’animaux utilisés dans le projet. Nous travaillons avec une compagnie spécialisée dans les biostatistiques. Cette collaboration nous permet d’utiliser le nombre strictement nécessaire pour chaque expérience et de l’optimiser durant toute la durée du projet. Le nombre calculé de souris nécessaires sera au maximum de 4500 sur 2 ans. Le nombre d’animaux inclus dans chaque étude peut varier de 20 à 100, en fonction du nombre de groupes différents à générer dans chaque étude (nombre de molécules antivirales à tester, doses différentes de la molécule antivirale). Le nombre d’études variera en fonction de la demande des utilisateurs de la plateforme. Cet écart dans le nombre d’animaux par étude justifie la fourchette d’évaluation du nombre de souris requises pour une année.
3. Raffinement
Le bien-être de l’animal sera en permanence au centre de nos préoccupations. Les souris sont hébergées dans des cages à 22 ± 2 °C et 50 ± 10% d’hygrométrie, en portoirs ventilés ou isolateurs, avec une alternance jour/nuit de 12h/12h. La nourriture et l’eau de boisson sont fournies ad libitum. Le change de la litière est réalisé chaque semaine. Pour les souris mâles en condition d’obésité et de diabète un change supplémentaire sera réalisé en fonction de l’état de la litière en particulier dû à la production d’urine. Des sacs dégradables contenant la litière sont ajoutés pour leur permettre de faire un nid, comme enrichissement du milieu. Les animaux ont une semaine d’acclimatation avant que les procédures ne débutent. Les conditions d’expérimentation font l’objet d’un suivi attentif du bien-être animal. Les animaux seront suivis quotidiennement par la structure en charge du bien-être animal. Pour le confort de l’animal, la prévention du stress est intégrée aux procédures expérimentales par l’utilisation d’une anesthésie gazeuse (isoflurane) pendant tous les gestes douloureux, lors des différentes injections des traitements potentiels (injection intraveineuse, injection intra-musculaire…). Tout animal présentant des signes de douleur, souffrance ou stress sera mise à mort. Les critères d’arrêt utilisés sont: – Le suivi quotidien du poids – La combinaison de plusieurs des signes cliniques : posture courbée, piloérection, difficulté respiratoire, prostration ou perte d’activité, perte de réponse à un stimulus. Une grille de scoring permettra le suivi quotidien et une intervention précoce en cas de signes dus à la pathologie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Plusieurs modèles animaux d’infection au Sars-CoV-2 sont actuellement utilisés par la communauté scientifique : les primates non humains, les chats, les furets, les hamsters et les souris. Les souris sont largement utilisées dans les études d’immunologie et de lésions pulmonaires, ont un système immunitaire bien caractérisé et un cycle de reproduction rapide. Leur taille, leur reproduction et leur croissance rapides constituent des avantages non négligeables pour accélérer la complétion des études associées à des tests statistiques pour conclure à l’efficacité des interventions potentielles. Souris de 5 à 10 semaines minimum et jusqu’à 30 semaines.